‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 88 sur 168 · MAISON DE HESSE · texte numérisé non relu

MAISON DE HESSE

•dut abandonner à la famille rivale de Saxe; sa race, dont la ligne aînée, hessoise, s'éteignit dès 939, ne réussit même pas à se maintenir en possession, ni de la dignité ducale en Franconie, ni de ses grands biens patrimoniaux en liesse; et de nombreuses maisons comtales d'origine franconienne et saxonne, établies sur les ruines de sa puissance, arrivèrent peu à peu à une indépendance presque complète, en profitant de l'absence d'une autorité ducale sérieuse. Parmi ces dynasties féodales, celle des landgraves de ïhuringe s'éleva au premier rang et réunit à ses possessions àl'estdela Werra une partie considérable du vieux pays hessois. Ce n'est qu'à l'extinction de la maison tlmringienne en Henri Raspon, le roi des prét?^es (1247), que commence l'histoire particulière de la Hesse, la succession de ses domaines occidentaux ou hessois étant alors échue en partage à la famille princière, dont l'histoire et le nom se sont depuis cette époque jusqu'à nos jours identifiés avec ceux du pays lui-même.

Le fondateur de la dynastie de Hesse est Henri, surnommé l'Enfant de Drabant, qui par son père, le duc de Lothier et de Brabant Henri le Magnanime, se rattachait, dit-on, à la souche carlovingienne. Né d'un second lit, il n'eut rien à prétendre dans l'héritage paternel, où succéda un frère consanguin, de la descendance duquel il passa plus tard aux ducs de Bourgogne; mais sa mère Sophie de Thuringe, la fille du landgrave Louis IV le Saint et de sainte Elisabeth de Hongrie, revendiqua la succession de Henri Raspon pour le jeune prince, qui n'avait que trois ans au moment de la mort de son grand-oncle (1247). Il s'ensuivit une guerre longue et acharnée avec le margrave de Misnie, Henri l'Illustre, neveu des deux derniers landgraves de Thuringe par sa mère Judith; puis finalement un partage, qui attribua les fiefs au prince misnien et les alleux à son jeune compétiteur. Par cet accommodement de 1264, l'Enfant de Brabant eut le vrai Hessengau et des domaines nombreux sur les bords de la haute Lahn et de la basse Werra, avec Cassel, Gudensberg, Marbourg, Eschwege; il y ajouta bientôt la seigneurie de

Giessen. Sa résidence fut immédiatement fixée à Cassel, qui est resté la capitale hessoise; quant au titre landgravial, qu'il devait personnellement à ses prétentions sur la Thuringe. il fut accordé à certaines de ses terres par le roi Adolphe de Nassau (1292), en attendant qu'il passât à l'ensemble des possessions de sa maison, réunies en 1373 en un seul fîef d'empire par l'empereur Charles IV.

Il n'y a pas grand'chose à dire de ses premiers successeurs qui, malgré leurs partages de famille, firent quelques acquisitions secondaires, au milieu de leurs guerres continuelles avec leurs voisins de Mayence, de Paderborn, de Nassau, de Ziegenhain et de Thuringe. Le premier règne important depuis le sien est celui de Louis I" le Pacifique, qui refusa l'empire en 1439 : c'est lui qui devint suzerain du comté de Waldeck (1438) et acquit en 1453 les comtés de Ziegenhain et de Nidda. Parmi ses fils, dont le cadet, Hermann, archevêque de Cologne, arrêta devant Neuss la fortune de Charles le Téméraire, les deux aînés fondèrent les deux lignes de Basse-Hesse à Cassel et de Haute-Hesse à Marbourg; cependant encore une fois l'héritage entier fut réuni en 1515 par Philippe le Magnanime, avec la riche succession de Katzenellenbogen en sus.

La puissante dynastie des comtes de Katzenellenbogen, dont le nom a été expliqué par le pédantisme des savants de la Renaissance comme pays catte du Melibocus {Cattimelibocia), alors qu'il ne rappelle probablement que le château du chat {Katze), bâti à un coude [Ellenbogen) du Rhin moyen, dominait depuis le xn" siècle dans l'Oberrheingau, entre l'Odenwald et le Rhin, et avait, en descendant le cours du fleuve jusqu'au confluent de la Lahn, ajouté de nombreuses seigneuries à son domaine primitif; le comte Philippe, avec lequel elle s'éteignit en 1479, régnait à Darmstadt, Zwingenbcrg, Rheinfels, Saint-Goar, Braubach, Langenschwalbach, en partie aussi à Ems, Diez et Hadamar. Or sa fille et héritière Anne porta sa succession entière à son mari Henri le Riche de Hesse-Marbourg, et à la mort

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