MAISON DE HESSE
sans héritiers directs de leur lils Guillaume le Jeune (loOO), le cousin germain de celui-ci, Guillaume le Moyen de Ilesse- Cassel, s'empara, en vertu de transactions de famille conclues en 1487 et en 1493, à la fois de ses seigneuries hessoises et du comté de Katzenellenbogen, malgré Fopposition de la sœur et du beau-frère du défunt, Elisabeth de Hesse- Marbourg- et Jean de Nassau-Dillenbourg-, dont les réclamations, longtemps complètement impuissantes, n'aboutirent, et très partiellement encore, qu'après un procès d'un demisiècle entre les deux maisons de Hesse et de Nassau. Grâce à cette acquisition capitale, les pays liessois s'étendirent dès lors presque sans interruption depuis le confluent du Weser et de la Diemel jusqu'à la Bergstrasse qui longe l'Odenwald; Guillaume le Moyen y ajouta en outre, dans la guerre de succession de Bavière-Landshut, llombourg- en Wettéravie [Homhurg-vor-der-Hoehe), enlevé aux comtes de Hanau, vassaux de l'électeur palatin (1304); et comme son fils unique, Philippe le Magnanime, qui lui succéda à l'âge de cinq ans (1309), ne tarda pas à devenir seul landgrave de Hesse par la mort de son oncle Guillaume le Vieux (1513), le jeune prince se trouva au moment de sa majorité, précoce comme son intelligence (1318), de beaucoup plus puissant qu'aucun de ses prédécesseurs.
Le règne de Philippe le Magnanime brille d'un éclat exceptionnel, non seulement dans l'histoire de la Hesse, mais dans celle du xvi'' siècle en général; néanmoins il n'a pas agrandi le pays hessois : il a même été obligé, aux jours de son infortune, de consentir à des cessions territoriales, et le partage de sa succession entre ses lils a été la raison principale qui a arrêté pour toujours l'essor de sa maison. Rallié depuis 1326 à la cause de la Réforme, en l'honneur de laquelle il fonda l'année suivante l'université de Marbourg (1327), Philippe fut, bien plus que ses alliés, les électeurs ernestins de Saxe, le vrai chef politique et militaire de la ligue de Smalcalde, à laquelle ses larges vues dans les affaires de l'Eglise comme dans celles de l'État auraient probablement assuré un meil- T. n. 21
leur sort, si elles n'avaient été sans cesse entravées par Tétroitesse d'esprit des réformateurs et des princes luthériens; pendant près de vingt ans cependant, il tint en échec toute la puissance de Charles-Quint, chassa du Wurtemberg son frère Ferdinand, du Brunswick son partisan Henri le Jeune; mais, après la bataille de Muhlberg, il fut réduit à se mettre lui-même entre les mains de l'empereur, et lorsque, après cinq ans d'une dure captivité (lo47-15o2), la prise d'armes de son gendre Maurice de Saxe lui rendit sa liberté et ses États, le malheur l'avait brisé et il ne songea plus qu'à vivre et à mourir en paix. Il s'accommoda donc définitivement, à Francfort, le 30 juin lo57, avec la maison de Nassau pour l'héritage de Marbourg et de Katzenellenbogen, et sans exécuter complètement, ni les décisions judiciaires des premières années du règne de Charles-Quint auxquelles il n'avait jamais été donné suite, ni les sentences impériales de lois et de lool en vertu desquelles les Nassau avaient momentanément pris possession effective d'un certain nombre de bailliages, il leur abandonna sa part de Diez et de Hadamar, plus une somme en argent assez forte, et renonça à toute suzeraineté sur des terres nassoviennes quelconques. La perte au total était insignifiante et ne diminuait guère la situation territoriale de la maison de Hesse; il n'en fut malheureusement pas de même du partage des pays hessois, opéré à sa mort en 1367 entre ses quatre fils, dont l'aîné régna à Cassel sur la Basse-Hesse et Ziegenhain, le second à Marbourg sur la Haute-Hesse et Nidda, le troisième à Rheinfels sur le Bas-Katzenellenbogen, et le dernier à Darmstadt sur le Katzenellenbogen supérieur. Le deuxième et le troisième n'ont pas fait souche; mais Guillaume le Sage de Cassel et George le Pieux de Darmstadt fondèrent deux lignes rivales, dont les Etats n'ont plus été réunis depuis.
La branche aînée ou de Hesse-Cassel, dont nous allons nous occuper d'abord, resta fidèle à la confession calviniste que Philippe le Magnanime avait embrassée plus ou moins