BRANCHE DE HESSE-GASSEL
région montueuse hessoise, entre la Werra d'une part, la Diemel et la haule Lalm de l'autre. De là il se continuait, d'abord au sud, puis au sud-ouest, par une bande de territoire plus ou moins étroite qui, par-dessus le massif de la Riioen, gagnait le bassin du bas Mein, en contournant jusque au delà de Francfort la Haute-Hesse grand-ducale. Enfin il comprenait en outre un certain nombre de parcelles isolées, parmi lesquelles deux du moins avaient une certaine importance : c'était Smalcalde dans la Forêt de Thuringe, et le Schauenbourg hessois sur le Weser.
L'exil n'avait en rien diminué la raideur de caractère de Guillaume I'^''; il reprit au point où il les avait laissées les vieilles querelles avec ses états, restaurés en même temps que lui. Ses deux successeurs firent comme lui, et Hesse- Gassel continua à être le pays le plus mal gouverné de l'Allemagne au xix'^ comme au x\uf siècle. Nous n'avons pas à entrer dans le détail des querelles constitutionnelles entre les électeurs et leurs sujets; disons seulement que la ténacité du peuple hessois, de ce peuple auquel sa lenteur circonspecte, mais aussi son énergie au travail et sa bravoure militaire ont valu le sobriquet à^aveugles [blinde Hessen), fut à la hauteur de l'obstination de ses souverains. Il parut se décourager cependant après les événements de la période révolutionnaire de 1848 à 1850, lorsqu'il eut été abandonné par la Prusse, qui un instant avait fait mine de vouloir le soutenir contre l'autocratie princière dans l'intérêt de son propre ascetidant en Allemagne, et l'on vit alors une émigration formidable, que motivaient à la fois la pauvreté relative du pays et sa triste situation politique, le dépeupler sensiblement : dans la seule année 1852, 20 000 personnes quittèrent l'électorat, dont la population recensée en 1849 à 760 000 âmes, n'en présentait plus que 730 000 en 1858, et n'était même en 1864 remontée qu'à 745 000. Mais une juste punition allait enfin s'appesantir sur la dynastie de llesse-Gassel: en 1866 la Prusse profita de sa victoire sur l'Autriche pour s'annexer ses Etats; l'électeur
Frédéric-Guillaume I''^ emmené prisonnier à Stetlin dès le début des lioslililés, dut renoncer à ses droits par la convention du 17-18 septembre 1866, et malgré la protestation qu'il se hâta de publier après sa mise en liberté, le patrimoine de la ligne aînée de la maison de Hesse devint et resta la partie constitutive principale de la nouvelle province prussienne de Hesse-Nassau. L'ancien électeur est mort en janvier 187o, sans avoir renoncé à ses droits; mais, dès le mois de septembre 1873, son arrière-cousin et héritier présomptif, le landgrave Frédéric, avait abdiqué toute prétention ultérieure entre les mains du roi Guillaume I'^^
La ligne cadette ou de Hesse-Darmstadt, issue du quatrième fils de Philippe le Magnanime, a au contraire réussi à sauvegarder jusqu'aujourd'hui sa souveraineté. Beaucoup plus faible au début que la branche aînée, elle choisit une ligne de conduite, politique et religieuse, différente : elle fut assez strictement luthérienne pour ne pas hésiter à créer une université particulière à Giessen en opposition avec celle de Marbourg (1607), et elle s'en tint prudemment à l'alliance et au patronage de la maison impériale. Elle y gagna momentanément la succession de Hesse-Marbourg et une partie de celle de Hesse-Rhcinfels, que lui attribua un arrêt de la cour aulique, contemporain des victoires de Ferdinand II (1623); mais l'alliance suédoise rendit aux Hesse- Cassel les pays litigieux, et elle n'en récupéra qu'une portion minime lors du règlement définitif de 1648. En dehors de cette longue contestation avec ses aînés, son histoire territoriale jusqu'à la Révolution française se réduit en réalité à deux faits, l'établissement du rameau souverain de Ilesse- Hombourg et l'acquisition du comté de Hanau-Lichtenberg. En 1622 le landgrave Louis I", fils aîné du fondateur de la maison de Hesse-Darmstadt George le Pieux, céda à son frère cadet Frédéric la seigneurie de Hombourg, la fameuse ville d'eaux au nord de Francfort-sur-le-Mein, et les landgraves issus de ce prince furent jusqu'à la fin du saint-