‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 92 sur 168 · BRANCHE DE HESSE-DARMSTADT · texte numérisé non relu

BRANCHE DE HESSE-DARMSTADT

empire réputés à peu près souverains, malgré les droits que la maison de Darmstadt prétendait avoir conservés sur leur territoire. Quant à l'héritage de Hanau-Liclitenberg, il advint en 1736 au landgrave de Darmstadt Louis V, qui avait épousé Charlotte-Christine, la fille du dernier comte de Ilanau, Jean-Renard : tandis que le comté de Hanau proprement dit ou de llanau-Munzenberg passait aux Hesse-Cassel en vertu de vieux traités, la grande et riche seigneurie de Lichtenberg en Alsace resta aux héritiers du sang; elle comprenait le pays de Lichtenberg et de Buchsweiler ou Bouxwiller au royaume de Franco, et dans l'empire celui de Pirmasens, plus deux bailliages sur la rive droite du Rhin.

En 1789 le landgraviat de Hessc-Darmstadt, en y comprenant le petit territoire du rameau de Ilesse-Hombourg, était évalué à 3 600 kilomètres carrés et à 300 000 âmes, inégalement répartis entre le cercle du Haut-Rhin et l'Alsace française. Au premier appartenaient le haut-comté et une partie du bas-comté de Katzenellenbogen (avec Darmstadt, Zwingenberg, Braubach et la copossession d'Ems), la seigneurie d'Eppstein, une partie de la principauté de Haute-Hesse {avec Giessen, Nidda, llombourg), et quelques bailliages du comté de Hanau-Lichtenberg (avec Pirmasens et NMldstett en Ortenau). Le reste de ce comté (avec Lichtenberg, Buchsweiler, PfafTenhofen, Ingweiler, Wœrth, Hatten, Brumath) avait depuis Louis XIV passé sous la suzeraineté française.

La période révolutionnaire et napoléonienne agrandit notablement comme étendue et comme population les Etats de la ligne de Darmstadt, en même temps qu'elle en transformait considérablement l'assiette territoriale. Par le recez du 23 février 1803, quelque peu modifié par une convention postérieure avec Bade, le landgrave Louis Yll, en échange du Hanau-Lichtenberg, de quelques parties de Katzenellenbogen (Braubach, Ems), et d'Eppstein, qu'il abandonnait à la France, à Bade et à Nassau, reçut le duché colonais de Westphalie (avec Arnsberg), des bailliages mayençais et palatins, une

partie de l'évêché de Worms, l'abbaye de Scligenstadt et le& villes libres de Friedberg et de Wimpfen : c'étaient 4 800 kilomètres carrés et 150 000 âmes qu'on lui attribuait pour une perte de 1400 kilomètres carrés et de 66 000 sujets. L'acte de la Confédération du Rhin qui fît de lui le grand-duc Louis P'' (12 juillet 1806) ne lui fut pas moins profitable : il l'autorisa à prendre possession du burgraviat de Friedberg-, le ganerbinat le plus important de l'Allemagne, et médiatisa à son profit bon nombre de petits voisins; les possessions de la ligne de Hesse-Hombourg-, une partie de celles des maisons de Solms et de Lœwenstein-Wertheim, mais surtout les nombreux domaines des barons de Riedesel , le comté de Wittg-enstein aux sources de la Lahn et celui d'Erbach dans rOdenwald, dont la dynastie prétend descendre d'Eginhard, ajoutèrent au nouveau grand-duché une superficie de 2 300 kilomètres carrés. Enfin en 1810 Napoléon lui adjugea un dernier accroissement de oOO kilomètres carrés et de 30 000 âmes, dont la moitié fut donnée directement par l'empereur des Français en épaves des principautés de Fulde et de Ilanau situées sur le Mein et en Wetléravie (traité de Paris du 11 mai 1810), tandis que le reste était fourni par le grandduché de Bade, principalement sur le Mein, à Miltenberg', Amorbach, etc. (traité de Paris du 8 septembre 1810).

Le grand-duché de Hesse-Darmstadt comprenait par suite, à la fin de l'époque napoléonienne, 11 800 kilomètres carrés et 570 000 habitants, en deux lots d'inégale grandeur : le plus considérable, au nord, se composait des deux provinces à peine reliées entre elles de Westphalie (avec Arnsberg) et de Haute-IIesse (avec Giessen); le moins étendu, au sud, contenait la capitale Darmstadt et constituait une troisième province, baptisée Slarkenburg, du nom d'un vieux château mayençais situé près de Heppenheim.

La reconstruction territoriale de l'Allemagne après la chute de Napoléon I" ne diminua pas les États de la ligne de Hesse-Darmstadt, du moins comme population, mais elle en changea de nouveau sensiblement la configuration et la com-

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