BRANCHE DE HESSE-DARMSTADT
position. Le grand-duc avait obtenu par son acte d'accession à la coalition (Francfort, 23 novembre 1813) la garantie de sa souveraineté et de ses possessions, mais sous la condition de consentir aux échanges nécessités par les circonstances, et ces échanges, arrêtés en principe au Cong-rès de Vienne, furent définitivement stipulés dans deux traités signés avec l'Autriche et la Prusse (Vienne, 10 juin 1815, et Francfort, 30 juin 1816), et dans doux accords de famille conclus avec les lignes do Cassel et de Hombourg-. En exécution de ces conventions, dont les dispositions prirent place dans le recez général de Francfort du 20 juillet 1819, le grand-duché de Darmstadt céda le duché de Westphalie et le comté de Wlttg'enstein à la Prusse, Miltenberg- et Amorbach à la Bavière, et restitua les landgraves de Hesse-Homboure" dans leurs droits souverains; d'autre part, il s'agrandit de la majeure partie de la principauté disenburg sur le bas Mein (avec Offenbach), de quelques villages de provenance casseloise ou fuldoise, et principalement de tout le pays entre le Rhin et la Nahe (avec Worms, Oppenheim, Mayence, Bingen, Alzey), qui, d'abord érigé en principauté de AVorms, ne tarda pas à prendre le nom de Hesse Rhénane qui lui est demeuré. Cette nouvelle province, située en face de celle de Starkenburg sur l'autre rive du Rhin, provenait directement du département français du Mont-Tonnerre; plus anciennement elle avait été partagée entre de nombreux États, dont les principaux étaient les évèchés de Worms et de Mayence, la maison palatine, les Leiningen, les Wild-et-Rhingraves, et la ville libre de Worms. Le voisinage de la France motiva d'ailleurs la désignation de Mayence comme forteresse fédérale et son occupation par une garnison austro-prussienne, à côté de laquelle le grandduc, tout en y gardant la pleine souveraineté, ne devait tenir qu'un seul bataillon liessois.
Par suite de ce nouveau lotissement de ses Etats, qui à des pays plus vastes avait substitué des provinces plus riches et à population plus dense, le grand-duc de Hesse-et-sur-le- Rhin, comme fut dès lors son titre officiel, ne régna plus que
sur 8 400 kilomètres carrés; ses territoires continuaient à former deux lots, entre lesquels s'interposaient l'électorat de Hesse et la république de Francfort; mais les deux parties du pays étaient dorénavant presque de même grandeur, la province de Ilaute-Hesse au nord du Mein ayant à elle seule une superficie presque égale à celle des deux provinces méridionales de Starkenburg- et de liesse Rhénane réunies; quant aux dix-huit parcelles isolées qui les entouraient de plus ou moins près, depuis les confins de la principauté de Waldeck jusqu'à ceux du Wurtemberg-, celle de Wimpfen-sur-le-iXeckar était la plus importante.
Si la ligne de Hesse-Darmstadt n'eut pas lieu de se plaindre dans sa branche aînée des décisions du Congrès de Vienne, son rameau secondaire de Hesse-Hombourg fut mieux traité encore : seul en effet de tous les princes médiatisés, le landgrave Frédéric-Louis fut rétabli en toute souveraineté dans sa petite principauté sur la pente du Taunus, et gratifié en outre d'une indemnité de 10 000 âmes à prendre sur le département de la Sarre. La Prusse, chargée de le satisfaire, la lui livra par la cession du canton de Meiscnhcim dans le Hundsruck, ancienne possession palatine comprise entre la Nahe et la Glan, au sud-ouest de Kreuznach. Un peu plus tard, en 1817, une résolution de la diète l'admit aussi dans la Confédération germanique, sous son titre de landgrave, non moins archaïque et non moins unique dans son genre que celui de son cousin l'électeur de Hesse.
Les deux États de la ligne cadette de la maison de Hesse, le grand-duché de Darmstadt et le landgraviat de Hombourg, qui d'après le recensement de 1864 comptaient, l'un 8 930 kilomètres carrés avec 853 000 habitants, l'autre 27 000 âmes sur 280 kilomètres carrés, furent réunis au printemps de l'année 18G6 par lextinction du rameau landaravial dans la personne du vieux prince Ferdinand (24 mars 4866). Mais cette union, qui d'ailleurs ne devait être que personnelle, ne fut pas de longue durée, et les anciens territoires grandducaux eux-mêmes furent quelques mois plus tard, sinon