‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 96 sur 168 · LIGNE WALRAMIENNE DE NASSAU · texte numérisé non relu

LIGNE WALRAMIENNE DE NASSAU

nord-est du Tauiiiis; d'un autre coté, deux mariages lui valurent à la fin du xiv° et au commencement du xvi^ siècle les comtés de Saarbruck et de Saa^^yerden, situés l'un et l'autre dans la Lorraine allemande, sur les bords de la Sarre. Aussi ses domaines, bien des fois partagés, réunis de nouveau, divisés entre une multitude de rameaux, ne formaient-ils à h\ veille de la Révolution française qu'un total de 2 000 kilomètres carrés et de 105 000 babitants : c'étaient les comtés de Weilbourg' (avec Weilbourg- et Selters), d'Usingen, de Saarbruck et de Saarwerden, les seigneuries et bailliages d'Idstein, de Wiesbaden (avec Wiesbaden et Biebricb), d'Ottweiler, de Kirchheim-Bolanden au pied du mont Tonnerre et de Labr dans TOrlenau, plus quelques cbâteaux et villages possédés en commun avec Nassau-Diez, Hesse et Trêves; quelque dispersés qu'ils fussent, ils appartenaient sans exception au cercle du Haut-Rbin. Au point de vue dynastique, ils étaient partag-és entre les trois branches de Nassaii-Saarbruck-Usingcn- Biebricb, de Nassau-Saarbruck- Usingen-Saarbruck et de Nassau-Weilbourg-, lesquelles avaient toutes les trois pour ancêtre commun Louis, comte de Nassau à Weilbourg-, qui en lOOo avait momentanément réuni tout l'héritag-e walramien.

La conquête française de la rive gauche du Rhin et les remaniements territoriaux sur la rive droite du fleuve, qu'elle occasionna, furent favorables à la ligne aînée de la maison de Nassau, réduite depuis 1797 à deux rameaux, par l'extinction de celui de Saarbruck-Usingen-Saarbruck. Le recez de 1803 lui attribua, comme intlemnité pour sa renonciation à Saarwerden, Saarbruck, Ottweiler, Kirchheim-Bolanden et Labr, un certain nombre de territoires sécularisés, à savoir les bailliages mayençais de Iloechst, Hochheim, Castel, Rudesheim et Oberlahnstein, les petites villes de Deutz et de Koenigswinter provenant de l'archevêché de Cologne, quelques débris de l'archevêché de Trêves et plusieurs abbayes d'importance secondaire, en y ajoutant de plus la possession ci-devant palatine de Caub, la seigneurie

d'Eppstein et une partie du Katzenellenbogen inférieur (avec Braubach et des droits sur Ems) qui avait jusque-là appartenu à Hesse-Darmstadt, enfin le comté de Sayn-Altenkirchen, que le dernier margrave d'Anspach et de Baireuth s'était réservé lors de la cession de ses États à la Prusse : or le dédommagement dépassait de beaucoup la perte, tant comme étendue que comme population, et il constituait, en outre, un bénéfice net en ce sens, que des possessions lointaines étaient remplacées par des territoires contigus ou voisins.

Au mois de mars 1806, la ligne walramienne céda à Napoléon I"" Castel, la tête de pont de Mayence, qui fut incorporé à l'Empire français le 21 janvier 1808; par contre, ses deux branches encore subsistantes, Xassau-Usingen et Nassau-Weilbourg, furent admises dans la Confédération du Rhin dès sa création (12 juillet 1806), et en échange de quelques cessions insignifiantes à Berg, à savoir Deutz et Kœnigswinter, l'empereur des Français les gratifia de nombreux Etats médiatisés : c'était le comté de Diez de leurs cousins de la ligne ottonicnne, le comté de Holzappel et Schaumburg-sur-la-Lahn qui appartenait au rameau de Hoym des Anhalt-Bernbourg, une partie des possessions de la maison de Solms, et la presque totalité de celles de la maison de \\ ied. Avec son assentiment aussi, par l'acte même de la confédération, le chef de la maison, Frédéric- Auguste de Nassau-Usingen, prit le titre de duc, et son cousin de Weilbourg celui de prince, tandis que jusque-là la ligne walramienne n'avait jamais pu réussir à entrer dans le collège des princes, malgré différents diplômes impériaux, dont le plus ancien remonte au règne de Charles TV (136o); enfin, un accord de famille entre les deux princes, dont le premier n'avait pas d'héritiers directs, réunit (juillet, août 1806) toutes leurs possessions, anciennes et récentes, en un seul duché, un et indivisible, qu'on estimait à 3 700 kilomètres carrés et à 300 000 âmes.

Comme la plupart des membres de la Confédération du Rhin, le duc et le prince de Nassau furent admis à accéder

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