LIGNE WALRAMIENNE DE NASSAU
à la coalition contre Napoléon I" (Francfort, 23 novembre 1813), avec garantie de leur souveraineté et de leurs États; ils durent s'engager seulement à rétrocéder aux rsassan-Orange, contre une indemnité aussi complète que possible, ceux des territoires oraniens qui avaient été réunis aux leurs. Les négociations entamées à ce sujet entre les doux lignes furent bientôt rendues inutiles par l'abandon que la ligne otlonienne fit de son patrimoine rliénan en écbange du Luxembourg, et elles durent être reprises avec la Prusse, substituée à ses droits. Un premier traité d'écbange, signé à Vienne le 31 mai 1815, laissa ou attribua les pays de Diez, Hadamar, Dillenbourg, Beilslein et la partie méridionale de la principauté de Siegen au duché de Nassau, qui renonça, par contre, à Linz, Altwied, Neuwied, Vallendar, Ebrenbreitstein et Altenkirclien ; puis, un nouvel arrangement, conclu en octobre 1816, l'arrondit mieux encore, en lui cédant la partie du bas-comté de Kalzenellenbogen sise sur la rive droite du Rhin (avec Saint-Goarshausen et Langenschwalbach), que la Prusse venait d'acquérir de Hesse-Cassel, en échange de la partie susdite de Siegen et du bailliage, nassovien d'origine, d'Atzbach.
A ce moment, la réunion de toutes les terres walramiennes entre les mêmes mains était un fait accompli, le prince Guillaume de Nassau- Weilbourg ayant succédé le 24 mars 1816, comme duc de Nassau, au dernier représentant du rameau de Nassau-Usingen. Lui et son lils, le duc Adolphe, ont régné pendant cinquante ans, sous l'égide de la Confédération germanique, sur leur beau duché, célèbre dans toute l'Europe par les vins du Rheingau et par les villes d'eaux d'Ems, deLangenschwalbach et surtout de Wiesbaden, la capitale du pays. Il n'était pas bien considérable, mais riche et bien peuplé, car il comptait, au recensement de 1864, 468 000 habitants sur 4 710 kilomètres carrés, et il formait, par sa prospérité comme par sa configuration géographique, la contre-partie exacte du grand-duché de Bade : de même que celui-ci s'intercale dans le grand coude du Rhin
à Bàle, il remplissait la courbure moins prononcée que le fleuve dessine à Bingen, et s'il lui était fort inférieur en étendue et en population, s'il s'allongeait beaucoup moins le long du Rbin, il l'égalait comme beauté pittoresque et comme culture soignée, principalement dans sa partie méridionale, comprise entre la Lahn et le Mein.
La guerre austro-prussienne de 1866 a mis fin à l'existence autonome du duché de ?sassau et l'a englobé dans la monarchie des HohenzoUern, dont une des nouvelles provinces a été baptisée du vieux nom historique de Nassau, accolé à l'apjjellatif plus antique encore de liesse; mais le duc dépossédé a eu la chance de retrouver, au bout d'un quart de siècle, un nouveau trône et de nouveaux sujets dans le Luxembourg hollandais, en sa qualité d'héritier du sang de son cousin le roi des Pays-Bas Guillaume IIL Le cousinage était éloigné, car il remontait au xui*^ siècle; mais les deux lignes nassoviennes avaient en 1783 conclu un traité de succession pour leurs possessions respectives, le Congrès de Vienne avait formellement stipulé les droits éventuels de la ligne aînée sur le grand-duché luxembourgeois assigné à la ligne cadette en compensation de ses terres rhénanes, et (considération de première importance au point de vue pratique) le puissant voisin d'Allemagne n'élevait aucune objection. Pendant des années le duc Adolphe, en dépit de son abdication entre les mains du roi de Prusse par l'accord de septembre 1867 qui lui restituait ses biens personnels, s'était refusé à une réconciliation avec son spoliateur; l'imminence de l'ouverture de la succession néerlandaise le décida à un rapprochement, dont le mariage de sa fille avec le prince héritier de Bade, petit-fils de l'empereur Guillaume 1", fut le gage (188o). L'obstacle d'une opposition prussienne ainsi écarté, la transmission de la souveraineté se fît sans difficulté; en avril 1889 déjà, pendant une des crises de la longue maladie de Guillaume III, l'ancien duc de Nassau vint à Luxembourg assumer j)our quelques semaines la régence; il la reprit en octobre 181)0,