‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 100 sur 134 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA MOMARCmG AUTRIGK^NE AU DIZ-HUIXIÉIEB ftn^-f-T,f!

La monarchie autrichienne des (emps modernes se trouvait

définilivemcnt constituée au comnienctîmcnl du xvni" siècle, par l'iiiiiou désoruiais indissoluble des pays autrichiens, bohémiens cl hon«2Tois, sinon dans une seule et môme organisation politique, du moins sous un seul et même sceptre, universellement respecté* Les cent quatre-vingts années qui se sont écoulées depuis la pacification de Szathmar, ont fàit subir à ses frontières des variations multiples, lui ont donné et repris de nombreuses et vastes provinces, les unes limitrophes, les autres plus ou moins lointaines; elles n'ont pas, en fin de compte, modifié d'une façon sensible Fensemble de sa situation territoriale. Aujourd'hui comme il y a deux siècles tantôt, l'empire des llabsbour^r est la grande puissance intermédiaire entre l'occident et l'orient de l'Europe, qui s'étend des deux cotés du Danube moyen et se partage entre les trois nationalités allemande, slave et madgyare. Les dépendances éloignées, que le droit de succession y a momentan «'nient annexées dans le bassin de la Méditerranée et sur les bords de la mer du Nord, en ont été de nouveau distraites depuis longtemps; la domination plus longtemps exercée en Lombardie a fini de nos jours; la perte de la Silésie et l'acquisition de la Galide se sont à peu près compensées; si

LA MONARCHIE AUTRICHIENNE

bien que l'Autriche contemporaine n*a §^ère une étendue et une assiette différentes de ce qu^elles étaient au lendemain de la paix de Karlovitz, et que le changement le plus considérable qui Tait affectée, c'est son exclusion récente de

rAllemagne proprement dite, où pendant si longtemps ses souverains avaient porté le titre impérial. Mais, sans nous arrêter plus lon^'^teiiips à ces cuiisitiéialioiis |tréliminairos, passons aux faits, et reprenons l'insloire (lélaillée des inodiiicalions territoriales de la monarchie autrichienne, à partir des premières années du xviii* siècle jusqu'au seuil duquel nous l'avons menée dans le chapitre précédent.

Tout d'abord l'exlinclion de la ligne ainée, espagnole, des flabsbourg, dans la personne du roi Charles U, le dernier descendant mâle de l'empereur Gharles^}uint, décédé le 4^ novembre 4700, fit passer à la branche cadette, autrichienne, à défaut de l'hérilap^e entier qu'elle ambitionna en vain, plusieurs royaumes, duchés et principautés, dont la possession, en majeure partie épliémi ie, augmenta le nombre et l'étendue de ses Étals plutôt qu'elle n'agrandit réclleuieol sa puissance.

Cette succession espagnole, qui fut la grande affaire européenne de Ja fin du xvii* et du commencement du xvm* siècle, avait été, bien avant son ouverture, l'objet des négociations les plus ardues et des intrigues les plus compliquées. Dès l'année 4668, alors que le jeune roi des Espagnes n*avait que sept ans, ses deux beaux-frères Louis XIV et Léopold I**", en prévision de sa fin prochaine, avaient néf^ocié direclemenl entre eux un traité de partai^e, qui attribuait à l'Autriche riiéritage entier, sauf la Navarre, les Pays-Bas et les Deux- Siciles. Mais Charles II vécut encore trente-deux ans, et put se marier à deux reprises dans l'espoir d'avoir de la postérité directe ; dans l'intervalle, les deux maisons rivales de France et d'Autriche, presque toujours en état d'hostilité, tantôt sourde, tantôt déclarée, eurent toute facilité pour mettre de côté une convention si prématurée, en se réservant l'une et l'autre de faire valoir au moment favorable, à son profit

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