LES HABSBOURG AD XVII' SIÈCLE
des plus nobles familles madgyares, dont les aïeux paternels avaient à plusieurs reprises régné en Transylvanie, et qui, par sa mère Hélène Zrinyi, était le beau-fils d'Émeric Tekely. On avait essayé de le capter, en livrant son éducation aux jésuites; néanmoins, craignant de ne pas y avoir suffisainmoni réussi, on le retenait à Vienne dans une captivité honorable. Il s'en échappa, gag^na la Polop^ne, et de là rentra en lloriî^rio, en appelant le peuple aux armes (1703). L insurreclion se propagea d'autanl plus rapidement (pie prcsijue toutes les troupes impériales avaient été retirées du pays pour prendre part à la guerre de succession d'Espagne; au moment de la mort de Léopold I", en 1705, il ne restait entre les mains des Autrichiens que quelques places fortes isolées, et les coureurs hongrois insultaient les faubourgs de Vienne. Mais Joseph 1*% qui était à la fois plus énergique et plus habile que son père, sut empêcher la perte toUde de la Uongrie; tout en combattant victorieusement les Confédérés, auxquels l'envoyé de Louis XIV, iJesallcurs, ne donnait guère que de belles paroles, et que les Turcs refusaient catégoriquement de soutenir, il regagnait par ses offres conciliantes les patriotes modérés, qu'avait indisposés la déchéance des Habsbourg, prononcée par la diète d'Onod sur le Sajo (1707) : Rakocsy, se voyant peu à peu abandonné par la majeure partie de ses partisans, dut se retirer en Pologne, puis à Versailles, en attendant qu*il finit son aventureuse carrière, comme jadis sa mère et son beau-père, à Tabri de ^ l'hospitalilé ottomane.
L'œuvre nationale, à laquelle il s'était dévoué, sortît au contraire triomphante de celte dernière épreuve; au moment même de la mort prématurée de Josepli P', les né^-ociations ouvertes àSzathmar sur laSzamos, entre Nicolas Palffy pour l'empereur et Alexandre Karolyi pour les mécontents, al)outisaaient à un traité de pacification (avril 1711) qui, ratifié par rimpératrice-mère en sa qualité de régente au nom de Charles VI, confirmé et généralisé par les diètes subséquentes, est devenu la base du nouveau droit public de la
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Hongrie. Si les dissidents, grecs-non-unis, calvinistes et luthériens, n'oblenaient pas la liberté pleine et entière du culte, réservée aux catholiques et aux grecs-unis, on leur assurait du moins la tolérance religieuse; mais surtout Tadministration redevenait complètement nationale, etTautorité suprême de la diète était solennellement reconnue : ce n'était pas comme un royaume conquis, c*était comme une couronne particulière et distincte, que la Hongrie et ses dépendances élait nt, j)ar une simple union personnelle, adjointes à la niunarrliio habsbourgeoise. La noblesse se niaiîitcnail ainsi presque aussi puissaiik' que l'aristocratie voisine de la Pologne; car la même position privilégiée dont elle imposait la reconnaissance à la royauté, elle la conser* vait aussi vis-à-vis des autres classes de la société; elle seule formait en réalité le peuple souverain, le vrai poptUus hongrois. A la diète de Hongrie, les villes libres royales et les représentants des royaumes incorporés d*Esclavonie, de Croatie et de Dalmatie, ne figuraient qu'à un rang bien inférieur à côté des prélats, des magnats et des nobles madgyars; à celle de la Transylvanie <iui, nialirré son union intime avec la couioLinc de saint Etienne, gardait sa constitution à part, la Iroisieui»' nationalité privilégiée, celle des Saxons, était primée par les deux autres, celles des Madgyars et des Szek* lers; à Tune et à Tautrc, les populations sujettes, slaves et roumaines, tant de la Hongrie proprement dite que de la Transylvanie, sont restées jusqu'à ces derniers temps sans aucune représentation politique. Une pareille constitution, ^ issue en droite ligne du moyen âge, nous parait aujourd'hui fort arriérée; elle valait mieux cependant que le despotisme qui avait prévalu partout ailleurs dans les Etats des Habsbourg. Le pays et la dynastie s'en sont également bien trouvés pendant une longue j)ériode de iL-mps : le [U'emier y trouva eniin la i)aix après des agitations séculaires; la seconde dut à sa fidélité aux engagements pris d*avoir, dans la Hongrie autonome, aux jours des grands dangers, non plus un embarras, mais le plus ferme des soutiens.