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LA SUCCESSION ESPAGNOLE

forent signés à Londres dès le 8 oclobre i 711 , elle 11 avril I7i3 la question de la succession espagnole était réglée par le traité d*Utrecht, entre la France et TEspagne d'une part, les puissances maritimes, la Prusse, la Savoie et le Portugal

de l'aulro. La cour impériale, qui n'avait cessé ilo protester pendant lo cours des négociations contre la défection de SCS alliés, s'obstina d'abord à continuer la i;uerre; mais privée de tout concours, sauf celui dos petits i)rinces allemands, elle ne larda pas à se convaincre de l'inutilité de ses ctTorLs, et les traités de paix de Uastadtet deBaden, signés le G mars et le 7 septembre 1714 pour Tempereur et pour Tcmpire» firent entrer définitivement dans le droit public européen les stipulations territoriales convenues à Utrecht.

Elles étaient loin d'être au désavantage de rAutriche. Si Charles VI était exclu de TEspagnc et des Indes, il obtenait par contre la majeure partie des possessions secondaires de l'Espagne, non à titre de secundo-géniture, mais comme partie intégrante de ses Etats. C'étaient, en Italie, Tile de Sardaigne, le royaume de Naples avec les ports ou présides toscans qui en dépendaient, cl le Milanais presque entier; dans les Pays-Bas, tout ce qui restait des anciennes dix-sept provinces après la révolution des provinces du nord et les conquêtes néerlandaises et françaises du xvu* siècle. Quelques rectifications de frontières consenties, en Gueldre et en Flandre, au profil de la Prusse et de la Hollande, n*avaient guère d'importance; la diminution du Milanais sur sa lisière occidentale par la cession à la Savoie d'Alexandrit;, de Valenza, de la Loinelline et du Val-Sésia. était amplement compensée par radjouction du Mantouan qui resta délinitive, et par celle de Mirandole, que rAutriche vendit peu après aux ducs de Modène.

La grande situation que le traité d' Utrecht faisait ainsi à rempereur en Italie fut encore améliorée dans les années suivantes, par suite des complications européennes suscitées par Alberoni, en vue de restaurer la domination espagnole dans la péninsule italique ; pour punir le duc de Savoie de la

LA MONARCHIE AUTRIGHIBNNB.

part qu'il avait prise aux intrigues de l'ambitieux ministre, la quadruple alliance, composée de la France, de TAaglelerre, de TAutriche et de la Hollande (2 août 1718), le déclara déchu de la possession de la Sicile que lui avait assignée la paix de 1713, et adju^^ea cette lie à Charles VI en échange delà Sardaigne : grâce à cetle mutation de territoires, accomplir après la chute (rAlheruni (^1720), les Deux-Siciles se trouvèront réunies cuire les mains de l'empereur. Quelques années plus lard, l'afrairc <le la succession d'Espa^^ne arriva à sa conclusion linale, [lar la reconnaissance respective de leur état de possession, officiellement proclamée par Charles YI et par Philippe V, dans les préliminaires de leur alliance de Vienne (1725).

Presque au même moment où la Belgique, le llilanais et les I>eux-Sicîles entraient dans l'agglomération des États

aulrichicns, et portaient momentanément la domination impériale jusqu'en face des côles de l'Anglelerre et de l'Afrique, les frontières de la monarchie habsbourgeoise faisaient aussi de notables progrès sur le bas Danube. Le traité de Karlovitz, qui avait enlevé à la Porte la majeure partie des pays hongrois, Tavait laissée, nous l'avons vu plus haut, en possession du banat de Temesvar et de la forteresse de Belgrade (1699) ; une nouvelle guerre, commencée en 1716 par le cabinet de Vienne pour venir en aide aux Vénitiens attaqués par les Turcs, eut pour résultat, non seulement le recouvrement de ces territoires anciennement hongrois, mais aussi l'extension du royaume de saint Étienne sur une partie de la Serbie et de la Valachie. Le prince Eugène, deux fois victorieux, à Peterwardein (t7t(j) et sous les murs de Belgrade (17t7), s'empara de Temesvar comme prix de la première bataille, obligea Belgrade à se rendre deux jours après la seconde, et, continuant le cours de ses exploits sur les deux rives du Danube, il décida la Porte à la paix de Passarovitz (21 juillet 1718), la plus avantageuse que l'Autriche ait jamais conclue avec les Ottomans. Toutes les

ACQUISITIONS ET PËRTfiS DB GUAULBS VI. 449

conquêtes faites par les armes impériaU s furent cédées par le sultan; Teniesvar, Belirrjule, Seinendria, Orsova, avec le Banat entier, la Serbie .se|ilenlri()nale jusqu'au confluent des deux branches de la Grande-Morawa, et la Yalachie occidentale en de(:!i de TAlouta, furent réincorporés ou pour la première fois adjoints à la Hongrie.

Les deux actes diplomatiques de Tannée 1718, la quadruple alliance conclue avec les puissances occidentales et la paix de PassaroTitz imposée à la Turquie marquent Tépoque de l'extension territoriale la pins considérable que la monarchie aulricliienne ait atteinte, depuis ses origines jusqu'à nos jours : aux provinces héréditaires allemandes, à la Bohème non encore diminuée «le la Silésie, à la Hongrie i)his élendue qu'elle ne l'est aujourd'hui, Charles VI ajoutait, en elîet, les couronnes de Naples et de Sicile, le Milanais et les Pays-Bas méridionaux. Mai<^ la force réelle de Tempire était loin de répondre à ces brillantes apparences; les nombreux États autrichiens n'avaient nulle cohésion entre eux; la Hongrie était dépeuplée par les guerres séculaires contre les Turcs; les pays italiens provenant de la succession espagnole étaient exposés, presque sans défense, à rambition de l'Espagne et de la Savoie; si la Belgique était mieux protégée contre la France par la sollicitude jalouse des puissances maritimes, ce n'était qu'au prix de l'aveu humiliant d'un vasselage d'une espèce nouvelle : le traite des barrières^ conclu en 1715 en suite des stipulations d'Ulrecht, et en vertu duquel les Hollandais avaient droit de garnison dans un certain nomhre de places fortes des Pays-Bas autrichiens, était en réalité un brevet de faiblesse délivré à Tempereur par la diplomatie européenne. Loin de chercher à augmenter les ressources de son gouvernement par une administration intelligente, qui donnât enfin à l'Autriche ce que la France avait depuis longtemps, des finances et une armée, Charles VI, qui n'avait rien de l'esprit d'initiative de son frère aîné, était retombé dans la vieille routine, si fatale autrefois à leur père ; au dedans, des favoris et des ministres, ennemis de toute T. f. 29

LA MÛI^ARCHIË AUTAICUIËNNE.

réforme, se préoccupaient le moins possible des affaires, cl gouvernaieiil avec la même lenteur désespérante qu'au temps de Léopold r*" : au dehors, la politique à courlcvuedu cabinet de Vienne ne se préoccupait que d'obtenir des puissances européennes des garanties illusoires pour la jn-af/fiiatique sanction, destinée à assurer la succession aulrichienne, à défaut d'héritiers mâles, à la fille ainée deTeaipereur.

Ces prétendues gparanties, on ne les obtint qu*au prix de grands sacrifices politiques et territoriaux, et les dernières années du règne de Charles VI furent marquées par de nombreuses et considérables cessions de territoires, non seulement au profit de la rn;iison de Bourbon, dont les deux branches, frant^iise et espaprnole, s'étaient réconciliées, mais même à l'égard de la Porte otiomane, que les victoires du prince Eugène avaient habitué à trop mépriser.

Dans la guerre de succession de Pologne (1733), la cour impériale Ht prévaloir son candidat, Télecteur de Saxe Auguste m, contre le protégé français, Stanislas Léozinski; mais les Autrichiens furent chassés de PItalie entière, sauf la seule forteresse de Mantoue, par la coalition de la France, de PEspagne et de la Sardaigne, et les préliminaires de Vienne (3 octobre 173o), rendus définitifs par la paix de Vienne du 18 novembre 1738, ne rendirent à l'empereur que la moindre partie des provinces perdues; il lui fallut renoncer en faveur des Bourbons (ri'^spagne aux royaumes de Naples et de Sicile, avec les ports toscans, annexe du premier, et abandonner au roi de Sardaîgne un autre lambeau du Milanais, à savoir le pays de Novare et de Tortone; pour tout dédommagement, il reçut Parme et Plaisance, Pancien domaine des Famèse, d*où Pinlant don Carlos passait au trône des Deux-Siciles, plus l'expectative de Guaslalla, k Pextinction prochaine de la ligne cadette des Gonzague.

La guerre de Turquie, follement engagée en 1737, pour compenser les pertes italiennes par des conquêtes sur le Danube, à faire de compte à demi avec la Kussie, fut plus

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