‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 105 sur 134 · LE PREMIER PARTAGE DE LA POLOGNE · texte numérisé non relu

LE PREMIER PARTAGE DE LA POLOGNE

apposée par elle le> 4 mars 1*772 sous Tacte d'accession au traité secret qu'avaient conclu, le 17 février précédent, Frédéric II et Catherine II : « Placet, puisque tant de grands et de savants personnages le veulent; mais longtemps après ma mort on verra ce qui résultera de cette violation de tout ce que, jusqu'à présent, on a tenu pour juste et pour sacré, m Mais cela ne rempèeha pas, une fois la résolution j)rise, de lâcher (le tirer le plus grand profit possible du hri^andag^e public exercé sur la malheureuse Pologne par ses [missauls voisins : <( Elle pleurait toujours et prenait toujours », a dit d'elle Frédéric II dans son cynique langage.

La part que lui assigna le traité de partage de Saint-Pétersbourg du 5 août 1772, et sur laquelle, au moment de prendre possession, elle s'attribua des droits anciens dans la déclara» tion du il septembre 1772, en attendant que la convention dérisoire imposée à la diète fédérée de Varsovie le 18 septembre i77.'t la lui concédAt légalement, se composait de difTérents groupes de territoires. C'étaient d'abord les treize villes royales saxonnes du comital <le Zi[>s en Hongrie, que Sigismond de Luxembourg avait engagées en 1112 à Wladislas Jagellon, et sur lesquelles Joseph II avait mis la roain dès 1770 au milieu des complications causées par la confédération de Bar. C'était ensuite presque toute la Russie rouge, c'est-à-dire le pays du haut Dniester, du haut San et du Bug supérieur, avec Galitch ou Halicz, Léopol ou Lemberg, Brody et Belz, que les rois madgyars du moyen âge avaient disj)uté aux princes ruricides de Galitch et de Vladimir de Vol II \ nie, niais qu'au xiv" siècle les rois de Hongrie Louis ' le (liand et Sigismond de Luxembourg avaient abandonné aux rois <le Pologne Casimir III le Gran<l et Wladislas Jagellon. C'étaient en troisième lieu quelques parcelles de la Podolie et de la Volbynic, avec Tarnopol. C'étaient enfin la partie méridionale de la Petite-Pologne proprement dite, sur la rive droite de la Vistule supérieure, avec Wieliczka et Bochnia, et les duchés voisins d'Âuschwitz ou Oswiecim et de Zator, sur la haute Vistule, anciennes possessions d*une

LA MONARCHIE AUTRICHIENNE

branche des Piasls silésiens de Teschen, qui les avail vendus à la Pologne dans le cours du siècle. Les villes de la Zips furent réincorporées à la couronne de Hongrie; le reste réuni en un nouveau royaume, qu'on appela deGalicie et de Lodomérief en souvenir des vieux noms de Galitch et de VLulimir. Le tout donnait à la monarcliie autrichienne, avec un acrroisscm. ni do 2 liOO UOO ou môme de 3 000 000 de sujets, la ponte soiiloiitiiunale des Karpathos, à ajouter à la ponte méridionale (pi'elle comprenait déjà; mais par contre TAutrichc s était chargée de sa part de responsabilité dans Todieuse spoliation de la Pologne, et jusqu'à une époque récente elle en a porté la peine par les embarras que lui causait la Galicie.

Le premier partage de la Pologne n'a été, on le sait, qu*une espèce d^épisode de la grande guerre turoo-russe de 1768; celle-ci aussi se termina par une augmentation de territoire pour l'Autriche. Le cabinet de Vienne, bien loin de répondre aux ouvert uros de (latlirrine II de s'allier à elle pour o[)ércr en commun Ir démoiuhrt'motit de l'Empire Ottoman, avait son<;é d abord à s'opposer, fût-ce par les armes, aux progrès trop rapides des Russes sur les frontières orientales de la Hongrie; désarmé par la conclusion du traité de partage de la Pologne, il demanda du moins, après la paix de Koutcbouc-Kainardgi (1774), sa part dans la dépouille des vaincus, en réclamant le petit pays aux sources du Sereth et du Pruth, qu*on appelle la Bukovine et qui a pour capitale Gzernovitz, sous ])rétexte que c'était nn ancien domaine transylvain, jadis (1482) usurpé pur la Moldavie, (latlierine II fit droit à la requèle «le son alliée, et en face de l'accord des deux cours im[)< 1 ialcs, la Turquie se résigna : la IJukoviue, cédée ù. l'Aulriclie par traité du 7 mai 1775, lui fut délinilivoment incorporée en 1786. Ce n'était et n'est encore qu'une province peu considérable comme étendue et comme population; mais sa position topographîque lui assigne une grande importance militaire, tant pour relier la Transylvanie à la Galicie que pour peser sur la Moldavie et la Yalachie : on a eu lieu de

Page 1