LE PREMIER PARTAGE DE LA POLOGNE
s*en convaincre pleinement aux débuis de la guerre de 1853 entre la Russie et la Turquie.
Une Iroisii'me acquisition des derinèrcs années <lo Marie- Thérèse, celle (la (juarlier bavarois de l'inn, lui fui pour ainsi dire imposée par son fd'^ Joseph II, dont les visées allaient même beaucoup plus loin. La Bavière, qui s'interposait (et s'interpose encore) entre la Bohème et le Tyrol de façon à ne permettre que par un détour énorme les communications militaires entre ces deux pays habsbourgeois, était de vieille date Tobjet de la convoitise des hommes d*£tat autrichiens. Dans les deux guerres de succession d'Espagne et d* Autriche, on l'avait momentanément occupée ; mais les deux fois il avait fallu l'évacuer à la paix. Joseph II se Haltait de l'espoir d(î réaliser au moins parliidlenient un arrondissement si important pour les Etals hérédilaires, en profitant de l exlinclion de la W'^nc cadette ou bavaroise <Ies Witteisbach, qui, prévue longtemps à l'avance, vint à s'effectuer le 30 décembre 1777 par la mort de l'électeur Maximtlien-Joseph. En articulant, tant en son propre nom comme empereur qu'au nom de sa mère en sa qualité de souveraine de TAutriche et de la Bohème, une multitude de revendications plus ou moins bien fondées, et en se déclarant décidé k les soutenir par les armes, il avait su si bien effrayer Théritier légitime, l'électeur palatin Charles-Théodore, que celuici, quelques jours à peine apri s l.i mort de son prédécesseur, consentait à une convention léonine, signée à Vienne le M, ratifiée à Munich le 14 janvier 1778, par laquelle il abandonnait à l'Autriche près de la moitié de la Bavière. Mais Frédéric II, qui ne se souciait pas d(> laisser d'autres imiter la conduite qu'il avait tenue en Silésie, intervint les armes à la main sous prétexte de défendre les droits des princes de Deux-Ponts, agnats de la ligne palatine, qui n'avaient pas été consultés par le chef de leur maison; et comme Marie- Thérèse, peu désireuse de finir son rëgne, comme elle l'avait commencé, an milieu d'une grande guerre, acce[)ta promptemeut la médiation française el russe, la paix de Tesclieu du
LA MUNAIICHIE AUTKICUIENNE.
13 mu 1179 réduisit des cinq sixièmes le profit de VAutriche. Elle ne garda qne l'avancée la plus orientale de la Bavière, c'esl-à-dire le district qui, entre Tévôché de Passau
au nord et rarclievêclié de Salzbourp^ au sud, allait depuis le bas lun et la Salza inf«jrieiire jus(ju'ii la froulière occidentale, six fois séculaire, de rAulrichc au-dessus de rErins, En écliangc do la cession de ce quartier de Tlnn, dont Braunau sur Tlnn était la ville principale, Tempercur et sa mère renoncèrent à toutes leurs prétentions sur Diéritage bavarois.
Mentionnons enfin, pour en finir avec l'histoire territoriale do la monarchie autrichienne et de la maison de Habsboui^ pendant le rëgne de Marie-Thérèse, deux faits de moindre importance. L*un est Tacquisition du comté de Hohenembs dans le Rhcinthal, après Textinction dans les mâles de la dynastie comtale (17G0); l'autre le mariage d'un des fils cadets de riinpéralrice, l'archiduc Ferdinand, avec Marie- B»''atrice d Ksle, la iillc et héritière présomptive d'Hercule III- Henaud d'Esté, duc de Modènc, Reggio et Mirandoie, et de Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et de Carrare (1711). Le premier arrondissait les possessions autrichiennes du Vorarlberg; le second préparait à la dynastie impériale une nouvelle secundo-géniture en Italie, & côté de celle de Toscane.
Autant Marie-Thérèse, tout en ménaiieanl ses intérêts et en favorisanl int'-me le i)rogrés dans une certaiiii' lirnite. avait tenu à ne pas rompre avec les vieilhîs traditions de prudence delà politique autrichienne, autant sou lils aine et successeur Joseph II, tout imbu des idées pbilosoplii((ues et économiques du xvm° siècle, se jeta inconsidérément dans les aventures, pour réformer do fond en comble la monarchie, et ragrandir en même temps sur toutes ses frontières. Empereur d'Allemagne et corégent de sa mère depuis la mort de François P' (1765), il avait pendant quinze ans regretté de ne pouvoir donner aux affaires une marche plus décidée; aussi dès le lendemain de son avènemeut réel (29 novem-
LKS GllANDS PROJETS DE JOSEPH II.
bre 1780) entrcprit-il avec une h&te fiévreuse la réalisation du double projet depuis longtemps caressé par lui, de constituer en Autriche une monarchie unitaire par voie de despotisme éclairé, et de donner à son empire un rang en Europe qui fût à la liaiileur de son étendue et de sa population. Josrjili H (Hail incontoslahlemont rompli des inicnlions les plus patriotiques et les pins généreuses; mais non moins opiniâtre qu'imprévoyant, voulant aller trop vite en besogne, poursuivant à la fois les buts les plus divers, ne tenant aucun compte des obstacles de tout genre qu*ii avait à vaincre, il ne fut guère heureux dans ses entreprises aussi multiples que précipitées, et son règne de dix ans (1780- 4790) fut marqué par bien plus de déceptions que de succès.
Indigné de l'espèce de servitude qui, depuis les traités de Weslphalie et d'Utrecht, pesait sur les Pays-Bas autrichiens au profil de la réjinhlifjue des Sept Provinces l'nies, il (li'liuta lies l'année ITSl jiar nu coup d'éclat, destiné à le débarrasser des garnisons hoUamlaises qui, en vertu du traité des barrières de 1715, occupaient un certain nombre de ses villes; il fit démanteler les forteresses qui ne Tétaient pas déjà depuis la guerre de succession d'Autriche, et renvoya chez elles les garnisons dorénavant inutiles. Les Hollandais, alors engagés dans une guerre dispendieuse avec l'Angleterre, se conlen* tèrent de protester. Bientôt il alla plus loin, demanda aux Etats-Généraux un nouveau règlement de frontières (n83), ou, eu compensation, la lihertc' d«' l^Kscaut, (pie la paix de Munster avait fermé aux provinces belges (1784). (a'IIc foisci les Holianilais rc'sislèrent, et tirèrent sur les navires qui prétendaient passer sous le canon de leurs forts (octobre 1784). Une guerre européenne pouvait s*ensuivre; pour l'empêcber, la France intervint, fit accepter sa médiation et négocia la paix de Fontainebleau (8 novembre 1785), sur les bases de celle de Westphalie. Joseph II resta débarrassé des barrières, reprit en Flandre les frontières antérieures au traité d'Utrecht, quelque peu améliorées même, et obtint de plus une indemnité considérable, dont la France paya une partie; mais il
LA MONARCHIE AUTRICHIENNE
dut renoncer à la libre navigation de TEscaut, qu*il avait eue principalement en vue.
Dans ses querelles avec les Pays-Bas, l'empereur eut du moins satisfaction parlielle; il échoua complètement dans une
nouvelle lenlalive qu'il fit en 17S*) pour acquérir la Bavière. L'élorlcnr de Bavii-re-Palatirial, (Iharles-Tliéodore, celui-là menu* qui sept ans auparavant avait consenti à se laisser dépouiller d'une moitié des Etals bavarois pour acheter la libre possession du reste, accepta, il est vrai, avec reconnaissance un projet (rérlian«:e qui, en retour de la Bavière, du ilaut-Palatinat, de I^'eubourg, Sulzbach et Leuchtenberg, lui assignait, outre trois millions de florins argent comptant, un royaume d*Au8tra8ie ou de Bourgogne, qui devait être formé de la totalité des Pays-Bas autrichiens, à Pexceplion du Luxembourg et de Namur; la Russie était gagnée à Tavance par des complaisances relallvcinent à la question turque; on comptait obtenir rassenliment de la France par la cession du Luxembouri» et de Namur : mais cette fois encorr l'inliM'vention de Frédéric II lit échouer la trame habilement ourdie par le cabinet de Vienne, et réduisit à néant une combinaison, à tout égard favorable à la puissance autrichienne; car du même coup elle débarrassait la monarchie de provinces éloignées, mal sûres dans la guerre, de peu de rapport dans la paix, et elle lui annexait directement la Bavière, indirectement la Souabe, c'est-à-dire F Allemagne méridionale entière.
L'empereur retira son projet devant la protestation des <Iucs de l)<Mix-Ponls, de nouveau mis en avant par la politique prussienne; mais il n'en fut pas quitte à si bon compte. Profilant <le l'émoi causé dans tout remj)irc [tar les [dans d'agrandissement de .Joseph II, le vieux roi de Prusse réunit dans le Furstenbund ou alliance des princes, d'abord les trois électeurs évangéliques (23 juillet i785), puis treize autres des principaux souverains allemands, dont l'électeur de Mayence, sous le prétexte de maintenir la constitution du corps germanique, mais en réalité pour opposer une barrière infranchissable à tous les empiétements futurs de PAutricho.