‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 107 sur 134 · LBS GRA.NOS PROJETS ÛB JOSEPH II · texte numérisé non relu

LBS GRA.NOS PROJETS ÛB JOSEPH II

La <lernièro ontreprivSe extérieure de Joseph H, la guerre contre la Porte, commencée en t7H8 de concerl avec (Catherine II pour chassor les Ollumans tle rF'jirnpe, ne fut pas plus beureusc. Les deux cours impériales, qui ae doutaient pas d*un plein et prompt succès, s'claienl à TaTance partagé leurs futures conquêtes; mais les Turcs opposèrent une résistance inattendue, et Tarmée autrichienne, commandée par Tempereur en personne, fit une première campagne presque désastreuse (1788); si Tannée suivante elle remporta quelques succès et s*empara de Belgrade (4789), Joseph II ne put en tirer aucun profit : la jalousie prussienne surveillait tous ses mouvements sur le bas comme sur le haut Danube, et Talliance conckie entre le cabinet de Berlin et la Porte le 31 janvier 1790, quelques semaines avant la mort de rem[)ereur, arrêta nol tout progrès ultérieur, fit même reperdre les quelques avantai^^es obtenus.

Les grandes réformes administratives de Joseph II, inspirées h la fois par sa passion pour les idées philosophiques, anticléricales, du temps et par son désir de faire de PAutriche un Etat unitaire, centralisé, semblable aux autres grandes puissances européennes, lui avaient donné des déboires peutêtre plus amers encore. Elles soulevèrent en effet dans la majeure partie de ses Etals des prolestalions, principalement clérirales et nobiliaires, mais en partie aussi nationales, qui dans qucl(jues-uns d'entre eux se traduisirent par des résistances ouvertes. Au moment où Tempereur mourut, le cœur brisé (20 février 1790), un profond mécontentement régnait à peu près partout : les Hongrois, qu'il avait blessés de gaieté de cœur, en refusant de se faire couronner, en ne convoquant pas de diètes, en prescrivant Pusage de la langue allemande dans tous les actes officiels, se préparaient à Pinsurreclion; dans les Pays-Bas autrichiens, dépouillés de leurs privilèges séculaires au profit d'un gouvernenienl autoritaire, la révolte était un fait accompli : l'indépendance belf^e avait été proclamée à Hrnxolies le 13 décembre 1789, l'acte fédéral de la république des Étals-Unis Oelgiques signé le 11 janvier 1190. T. I. 30

LÂ MO.NAaCUiË AUTlUClilËNNfi.

Joseph II ne laissait pas d*enfants; sa succession était

dévolue à son frère puîné Léopolcf II, qui, depuis 17Go, année de la mort de leur père, faisait le bonheur de la Toscane, et qui maintenant, abandonnant sa belle prinrij>aiilé italienne à son deuxii'Uie fils Ferdinand III pour ligurer sur une scène plus grande, allait tâcher de rendre à la monarcliie autrichienne le repos et la stabilité, que les expérimentations trop brusques de son prédécesseur avaient singulièrement ébranlés. Le retour fc la politique plus prudente de Marie-Thérèse lui rendit la chose assez facile : il désarma les Hongrois par de larges concessions, et rentra en possession des Pays-Bas autrichiens, en leur garantissant toutes leurs libertés (tin 171)0). En même temps il sortait, sans prolit il est vrai, mais sans [)erte aussi, de la malencontreuse guerre contre les Turcs (jue lui avait léguée Joseph II; la j»aix de Sistova sur le Danube (4 août 17t)t) rétablit les limites des deux empires exactement dans 1 état où elles se trouvaient au début des hostilités.

L'Autriche retrouvait ainsi à la fois la paix intérieure et la paix extérieure. La première ne fut pas troublée de longtemps; quant à la seconde, elle survécut à peine de quelques semaines à Léopold II, qui, comme son frère, mourut dans la force de l'Age, dès le l""niars 171)2. Entraînée dans le tourbillon de la Uévolulion franc;aise, la monarchie des Habsbourg allait avoir à soutenir une longue série de guerres, pendant toute la première moitié du règne de son iils aîné et successeur, Tempereur François II.

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