LE TROISIÈME PARTAGE DE LA POLOGNE
prement dite (avec Gracovie, Sandomir, Lublin), les derniers débris de la Russie rouge (avec Chelm) et les parcelles de la Masovie, de la Podlachie et de la Podlésie comprises entre la Vistole et le Bug inférieur, sauf toutefois le rayon aulour de Praga, attribué à la Prusse avec la ville elle-même. Grâce à colle acqiiisilion iruiie Galirie nouvelle, occidenlale ou seplenUionale, qui coulinuait au nord-ouesl la Galicie du promicr jtarla-^^e, ancienne, orientale ou méridionale, r<'ini>ire autrichien s'était au^'nieiilé de près de 47 000 kilomètres carrés el d'environ 1 100000 habitants, des deux cotés do la Yistule moyenne; mais, même sans compter l'opprobre d'avoir participé à Tassassinat complet d*une noble nation, il y avait, en se plaçant exclusivement au point de vue politique et militaire, de graves inconvénients à ce nouveau méfait de la diplomatie autrichienne. La pointe triangulaire que rAutriche poussait dès lors vers le nord, entre le Bug à Test, la Pilica el la Vislule à rouesl, était élrani^lée entre les parties de la Pologne que s'étaient attribuées la Hussic et la Prusse; lût ou lard, Tune ou l'autre de ces puissances, jeunes et ambitieuses toutes les deux, devait forcément èlre tentée de s'arrondir à ses dépens, en continuant à son profit exclusif l'œuvre de spoliation consommée en commun par les trois cours copartageantes.
Le '^lanà dan^^i r du moment n'était pas de ce côté cependant; il était tout entier du cAté de la France, qui dans la paix comme dans la i:uerre conlinuail ses formidables envahissenierils. Les ph-nipotentiaires de l'Aulriche au congrès de Rasladl ne tardèrent pas à ap[)reudre qu'au mé[)ris des articles secrets de Campo-Formio le Directoire entendait garder la rive gauche du Rhin sans se préoccuper du dédommagement promis à Tempereur; en même temps lltalie, la Suisse étaient révolutionnées par les armées françaises. L*alliance, cette fois sérieuse, de la Russie permettait d*espérer une revanche des revers passés; le cabinet de Vienne se prépara à une seconde guerre contre la République française, en signant
LA MONARCHIE AUTRICHIENNE
avec l'Angleterre et la Russie (automne 1798) les traités de la deuxième coalition» moins formidable en apparence, plus redoutable en réalité que ne Tayait été la première. Le Directoire, sans attendre une déclaration de guerre, commença les
hostilités le 4" mars 4199; leurs débuis furent Irislement marqués par le massacre des ambassadeurs français au congrès de Hasladt, commis le 28 avril 4799 par des hussards autricbiens. Le sort des armes fut d'aijord favorable aux armées coalisées; Souvarof expulsa les Français de rilalie, et aussitôt la cour impériale, sans que ses alliés osassent ouvertement lui résister, revendiqua, du droit de la guerre, toute la partie septentrionale de la péninsule, sans vouloir tenir compte des droits héréditaires des anciens princes. Mais c'était trop tôt disposer d*une conquête mal sûre; Bonaparte, revenu d'Egypte el devenu premier consul, gagna le 44 juin 4800 la bataille de Marengo, qui renvoya au delà du Mincio les Autricbiens, réduits à leurs propres forces par la retraite des Russes; et la marcbe victorieuse de Moreau sur Vienne, après sa victoire de llohenlinden (3 décembre 1800), rabattit assez les espérances ambitieuses du cabinet impérial, pour qu'il consentit à accepter la paix de Lunéville du 9 février iSOi, qui dans ses termes était presque identique avec celle de Gampo-Formio, mais qui par le fait fut beaucoup plus désavantageuse pour TAutriche.
En vertu des stipulations de Lunéville, la monarchie autrichienne conservait en elTet, à fort peu de chose près, ses frontières nouvelles, lelles (ju'elles avaient été fixées par les articles ofliciels du traité de Campo-l'orniio : si François II meltail à la disposition de la France, pour elle-même ou pour son alliée la République helvétique, le comté de Falkenstein dans le mont Tonnerre, la seigneurie de Tarasp dans l'Ëngadine, et les vieilles possessions habsbourgeoises situées sur la rive gauche du Rhin entre Zurzach et Bàle, à savoir le Frickthal, Laufenbourg et Rheinfelden, il obtenait par contre une meilleure délimitation pour le Vénitien, dont la frontière occidentale était avancée jusqu'au thalweg de TAdige.