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LA PAIX DE LUNÉVILLE

De leur côté les inlérèts particuliers de la dyaastie régnante étaient en apparence fort bien sauvegardés, le traité assurant

un (lédoininagcment plein et entier en Allcnia2*ne à rarchithic Ferdinand III, frère de l'empereur, pour le grand-duché de Toscane qu'il abandonnait aux Bourbons de Parme. Enfin la cour de Vienne, malgré le refus du Premier Consul de renouveler les promesses qu*il avait faites dans les articles secrets de 1 797, continuait à nourrir Tespoir d'agrandir notablement les États autrichiens, en profitant des mutations de territoires que devait entraîner à sa suite le système de dédommagements, rendu nécessaire par la cession à la France de la rive gauche du Rhin.

Mais les négociations poursuivies avec acharnement à Paris et h. Ralisboiino n'eurent pas le résultat désiré, de donner à l Autriclie la ligiu? de l'Inn, à plus forle raison celle de risar, pour roblcnlion de laquelle elle avait offert la cession de la Souabe autrichienne; tous les eflbrts de la diplomatie autrichienne n'aboutirent finalement qu'à la convention de Paris du 26 décembre 1802, ratifiée par le reccz principal de la députation d'empire de Ratisbonne du 25 février 1803, et qui ne rédisait même pas les promesses formelles faites à Lunéville. La cession de POrtenau, consentie par l'Autriche pour compléter l'indemnité territoriale du duc de Modène- Brisgau, était sans importance, tant à cause du peu d'étendue du territoire abandonné, que parce (ju'il restait assuré à une branche cadette de la maison de Habsbourg; mais l'échange imposé à l'archiduc Ferdinand llï de son vaste et riche grand-duché de Toscane contre le nouvel électoral do Salzbourg, formé au moyen de l'archevêché de Salzbourg, de la prévôté de Berchtolsgaden et de la majeure partie des évèchés de Passau et d*Eichstaedt (le premier sans, le second avec sa ville épiscopale), s'il améliorait la frontière militaire autrichienne, imposait à la dynastie une perte de près d'un million de sujets. Quant à la sécularisation des principautés ecclésiastiques du saint-empire, bien loin de compenser celte double diminution, elle s'opéra tout au détriment de TAulriche.

4T8 LA MONARCHIE AUTRICHIENNE

Les deux évèchés de Trente et de Hrixen, aux 180 000 âmes desquels se réduisit sa part, ne lui apportaient aucun accroissèment réel de puissance; depuis des siècles, les doux églises, quoique leurs titulaires siégeassent à la diète de rempire germanique, dépendaient du Tyrol, dont elles reconnaissaient Tavouerie, c'est-à-dire la suzeraineté. Far contre Tarchiduc Antoine, moins heureux que son frère Farchiduc Charles, auquel était maintenue la grande-maitri^e de l'Ordre teuloniquo, dut résigner les deux dignités d'archevè(jU('-élcclour de ('><)logr)e et d'évèquo de Munster jxtur lesquelU's il venait d'être jjoslulé par les deux chajntrcs, désireux de prolonger leur existence autonome sous la sauvegarde impériale; et surtout l'influence aulrichiennc dans rempire se trouva presque réduite à néant par la disparition de tous les princes-évèques, qui étaient restés les meilleurs sinon les seuls clients et auxiliaires de Tempereur, tant en diète que dans la pratique journalière des affaires germaniques.

Le bouleversement complet de l'ancien saint -empire par le recez de 180!i et les signes ju'écurseurs de sa cliule procliaine eim^ai^èrent la cour de Vienne, dans le courant de lannée 1804, à prendre à Tavancc ses précautions pour maintenir en tout état de cause le titre impérial à la maison de Habsbourg, et trois mois seulement après la proclamation de Napoléon comme empereur des Français (18 mai 1804), François II ajoutait, le 11 août 1804, à son titre traditionnel d'empereur élu d'Allemagne, la nouvelle qualification d*empereur héréditaire d* Autriche. Pour la première fois, tous les États, allemands ou non-allemands, qui formaient la multiple airrégalion de territoires réunis sous son sceptre, se trouvèrent ainsi compris sous une «lénomination commune, tout en conservant d'ailleurs leur individualité distincte.

On n'avait pas toutefois sincèrement renoncé dans le cabinet autrichien à faire valoir les vieux droits et les vieilles prétentions, tant en Allemagne qu'en Italie; les agissements

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