‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 111 sur 134 · LES STIPULATIONS DB PRBSBOURG · texte numérisé non relu

LES STIPULATIONS DB PRBSBOURG

<le Napoléon I" dans le second de ces pays, où il créait à soa profit le royaume dltalie et incorporait à Tempire français la république ligurienne (printemps 1805), firent immédiatement accueillir avec faveur les ouvertures de l'Angleterre et de la Russie en vue d*une troisième coalition : une guerre heureuse pouvait à la fois assurer la possession du Vénitien, et faire récupérer le Milanais, la Toscane et le Modénais. Mais celle troisième guerre française, qui ne dura que quelques mois, fut bien plus malheureuse encore que les deux précédentes; l'armée aulrichieuue, qui, sans attendre les Russes, avait franchi l luii (0 septembre 1805), fut entourée à Lim et obligée de mettre bas les armes (20 octobre); le 43 novembre, Vienne ouvrait ses portes au vainqueur; le 2 décembre, la bataille des Irois empereurs^ livrée à Austerlitz, accablait rÂutriche; le 26 décembre 1805 elle se résignait au désastreux traité de Presbourg.

Par la pais de Presbourg et les conventions subséquentes, l'Autriche était tout d'abord entièrement expulsée de TKalie. Le traité lui-même faisait passer au royaume d'Italie toute la part aulrichieuue de la dépouille de Venise, ville, lagunes, Terre-ferme, Islrie et Dalmatie vénitiennes, BducIics de Caltaro; l'acte explicatif de Fontainebleau (10 octobre 1807) enleva de plus à la monarchie ses dernières positions à fouest de risonzo, en lui faisant échanger les parties des comtés de Gorice et de Gradisca situées sur la rive droite du fleuve contre le comté de Monfolcone en Istrie.

D*autre part la maison de Habsbourg était complètement exclue de l'Allemagne occidentale, au profit des alliés napoléoniens, Bavière, Wurtemberg et Bade. L'empereur leur cédait pour son compte la Souabc aulricbienne, le Vorarlberg avec Hhaezuns, le beau comté-princier de Tyrol avec les évèciu's iucor{K)rés de Trente et de Brixeu, en renouraut du même coup à tous droits quelconques de suzeraineté ou de souveraineté sur les trois États, ce qui impliquait non seulement l'abandon des droits impériaux, mais aussi celui du droit de succession éventuelle dans le Wurtembeig, dernier

LA IIONARGHIB AUTRICHIENNE.

vestige de la conquête autrichienne de ce pays au commencement du xvi" siècle; son oncle, Tarchiduc Ferdinand, qui avait succédé en 4803 dans le Brisgau et dans TOrtenau à son beau-përe, Tancien duc de Modène, Hercule III-Renand d'Esté, était de son côté dépouillé de ces vieilles terres habsbourgeoises; son frère enfin, Tancien grand-duc de Toscane Ferdinand III, abandonnait la totalité de l'électoral de Salzbourir, conslitué pour lui eu 1803. De ce cAlé cependant quelques conipensîUions étaient accordées à la maison de Habsbourg : si la ligne de Modène-lirisgau, à laquelle ue fut pas tenue la promesse de rétablir ailleurs, qui lui avait été faite d'abord, disparut pour le moment de la liste des familles régnantes, Ferdinand lil de Toscane-Salzbourg devenait électeur, puis, par son acte d*accession à la Confédération du Rhin (25 septembre 1806), grand-duc dans Tancién évèché de Wurzbourg, rétrocédé par la Bavière; de plus, la partie la plus importante de son précédent éleclorat, Salzboui^ et Hercblolsgaden, c'est-à-dire la vallée supérieure et moveune de la Salza, était, avec le titre de duelié, iucor[iorée à la nionarrliie autricbienne ; eiilin on avait stipulé pour un prince aulricbien, qui fut Farcbiduc Antoine, la grandemai trise héréditaire de TOrdre teutonique, avec la souveraineté sur Mergentheim et les autres possessions territoriales de l'ordre.

En somme, la monarchie autrichienne perdait au traité de Presbourg environ 65 000 kilomètres carrés et un peu plus de 3000000 d*habitants; son chef abdiquait en outre implicitement la couronne impériale d'Allemagne, en reconnaissant

le titre royal aux souverains de Bavière et de Wurtemberg, et eu abandonnant à son sort la noblesse immédiate d'empire. La formation de la ('onfédéralion du Rbin sous le protectorat de Napoléon 1" ne tarda pas à motiver l'abdication ofHciellc aussi de la dignité d'empereur romain : le 6 août 180G, François IT, le vingt et unième prince de la dynastie fondée par Rodolphe de Habsbourg qui, en qualité d*empereur ou de roi, eût été à la tôte du saint-empire

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