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LA MONAUCIIIE AUTUICillENNE.
locale du Tyrol, quoique trois fois victorieuse des Bavarob et des Français, la troisième fois encore au mois d*août 1809, elle fut incapable d*exercer une influence sérieuse sur la
marche générale de la guerre, et fut fînalement éloulTéo dans le sang des paysans, après la conclusion de la paix do Vionno. La grande lulle se concentra sur le Danube; vainijueur à Eckninlil au sud de llalisbonne, le 22 avril 1809, Napoléon l" entra une seconde fois dans la capitale de l'Aulricbe, le 13 mai; les sanglants combats d'Aspem et d Essling, livrés sur la nve gauche du fleuve à la hauteur de TUe Lofaau (21-22 mai), laissèrent pour six semaines les choses en suspens; mais alors la terrible bataille de Wagram, perdue par Tarchiduc Charles le 6 juillet 4809 à quelques kilomètres au nord du Danube, au milieu de ce même Marchfeld à l'exlrémilc orientale duquel Rodolphe 1" avait fondé cinq siècles auparavant, par sa victoire sur Otlocar II, la gratideur territoriale de la maison de Habsbourg, abattit de nouveau TAuiriclic aux [deds <lu grand capitaine. L'armistice de Znaïm (12 juillet 180D) livrait aux troupes françaises toute la moitié occidentale delà monarchie, en même temps que les Polonais et les Russes occupaient la Galicie entière; après des négociations longues et laborieuses k AUenburg en Hongrie, les plénipotentiaires autrichiens finirent par se soumettre aux conditions de paix dictées par l'empereur des Français, qui furent enregistrées dans le traité de Vienne du H octobre 1809.
Ce traité, qu'on appelle aussi la paix de Schoenbrunn, du nom de la résidenci; impériale où iNapoléon I"" y apposa sa signature le lendemain lij octobre, imj)osait à l'Autriche une nouvelle perle de 110 000 kilomètres carrés et de 3 500 000 Ames.
Au sud-ouest, elle abandonnait toutes ses provinces maritimes, la partie du comté de Gorice qui n'avait pas été précédemment cédée, le comté récemment acquis de Monfalcone, le gouvernement de Triesle, la Garniole entière, la partie supérieure de la Garinthte ou le cercle de Villach, cnlin tout le pays situé à droite de la Save, depuis sa sortie
LES STIPULATIONS DE SCilOtiNBUUNN.
de la Carniole josqu^à la frontière turque, en d'autres mots la majeure partie de la Croatie, Piume et Flstrie autrichienne : l'ensemble de ces territoires, augmenté de !*Istrie et de la
Dalmalîe ci-devant vénitiennes, ainsi que du territoire de l'ancienne ré|)iil)li(|uc de Ragusc, fuL annexé à renipire fran(;ais pour y fnrinor les sept provinces illyrienncs de Carinlhie (chef-lieu Villach), de Carniole (chef-lieu Laibach), d'Istrie (chef-lieu Trieste), de Croatie civile (chef-lieu Karlstadt), de Croatie militaire (chef-lieu Karlsladi), de Dalmatie (chef^lieu Zara) et de Raguse (chef-lieu Raguse).
A Touest, TAutriche cédait à la Bavière le duché de Salzbourg et Berchtoisgaden qu'elle possédait depuis le traité de Presbourg, le quartier de i'Inn qu'elle avait usurpé sur sa voisine dans les dernières années du rëgne de Marie-Thérèse, et une partie du quartier <lu Ilausruck, qui de temps immémorial faisait partie de l'Autriche au-dessus do l'Enns; do plus, elle ac(}uiesçait, au nom de l'archiduc Antoine, grand-maitre leulonique héréditaire depuis la paix de 1805, à la suppression de Tordre dans les Etats de la Confédération du Rhin,, décrétée par Napoléon à Ratisbonne dès le 24 avril 1809.
Au nord et au nord-est, quelques enclaves bohémiennes en Lusace passaient à la Saxe; la Galicie nouvelle, occidentale ou septentrionale, qat h^ue peu augmentée même aux dépens de la Galicie ancienne, orientale ou méridionale, était abandonnée ;iu duché de Varsovie: enfin un dernier article portail que la Russie devait ùtre dédommagée de ses frais d'ariuement par la cession do 400 000 àmos, à détcrminor à l'amiahle dans la Galicie ancienne, sans que co|H'ii(lant son lot pût comprendre la ville de commerce importante de Rrody, et le traité de Léopol ou Lemherg du 19 mars 1810 lui livra en conséquence le cercle de Tamopol et les districts avoisinants, dans la partie la plus orientale de la Pologne autrichienne, au nord du Dniester.
Par suite de toutes ces cessions, la monarchie autrichienne ne comptait plus, à la date de l'année 1810, que vingt et un milliuub d liaiiilants, répartis sur 512 0(M) kilomètres carrés.
LA MONARCHIE AUTiUCliiËNNE.
Elle avait successivement renoncé, non seulement à la Belfi i jue et au Ifilanais, au Vénitien et à la moitié de la Galicie,
provinces loinlaines ou nouyellement acquises, mais encore à une mullilinle de vieilles possessions héréditaires sur ses frontières occidentales et méri<lionales; coupée entii'remenl de la mer, où elle avait perdu à la fois les ports vénitiens à peine acquis et ses stations séculaires de Trieste ci de Fiume, elle était plus que jamais confinée dans Tintérieur du continent européen. Sans doute, malgré la banqueroute déclarée sans vergogne en 181 i, son sort était bien préférable encore à celui de la Prusse : le noyau même de Tempire était intact; les trois paijs de la couronne par excellence, TAutriche, la Bohème et la Hongrie, avaient à peine été entamés; derrière sa nouvelle ligne de frontières, formée au sud par le cours de la Save, h roiicsl par une ligne presque droite (jiii courait d'Eger à Kiagenfurt, il restait une masse comjtacle de territoires; mais en face du gigantesque empire français, qui par lui-même ou par ses vassaux 1 elreignait de trois cûtés, la monarchie des Habsbourg n'en paraissait pas moins condamnée désormais au rôle subordonné d'un satellite de la politique napoléonienne ; Talliance de famille contractée avec la nouvelle dynastie par le mariage de Napoléon 1*^ avec Farchiduchesse Marie-Louise (11 mars-l" avril 1810) semblait d'ailleurs Tenchainer à jamais à la France. La campagne de Russie et l'insurrection de rAlleinagne du nord contre la domination française, qui en fut la suite, en décidèrent autrement; lentement, insensiblement, le cabinet de Vienne, où depuis 1809 le comte de Metlernich avait pris la direction des affaires étrangères, se détacha de Talliance française; par une série d atermoiements, il passa de la coopération militaire à la neutralité armée, de la neutralité armée à une hostilité déclarée; et, les circonstances aidant, il 6nit par reconstituer un empire autrichien plus puissant qu*il ne Favait été avant ses désastres.
La lactique de Napoléon 1''' avait consisté de tout temps
UECU.NbTttUCTION DE L'EMPIUE ALTHICUIEN A VIENNE. 483
à récompenser ses alliés en leur allrîbuant une partie de la dépouille des vaincus; c*est ainsi qu'après la campagne de 4809 il avait rémunéré par un léger accroissement de territoire le zi'hî déployé par le pro[)rc frère de l'empereur François l*"", l'ancien graiid-diic de Toscane devenu grand-dur de Wurzbour<i^, à faire niarciier ses troupes sous les aigles françaises contre le chef de sa maison; le traité d alliance signé à Paris le 14 mars 1812 entre la France et TAulriche, en vue de la guerre de Russie, s'inspira des mêmes principes. Contre la promesse d*un corps auxiliaire de 30 000 hommes, Tempereur des Français laissait espérer à son beau -père la restitution des provinces illyriennes en échange de la partie de la Galîcie qui pourrait être réunie à un futur royaume de Pologne, et il s'engaEreait de plus à lui fournir des indemnités et des agrandissenienls do territoire « qui non seulement compenseraient les sacrilices et charges de sa coopération dans la guerre, mais qui seraient un monument de l'union intime et durable des deux souverains ». Malgré ces perspectives flatteuses, les hommes d'État de Vienne ne s*engagèrent qu'avec hésitation dans la grande aventure; Us avaient stipulé prudemment que Tarmée autrichienne ne pourrait être divisée, qu'elle formerait toujours un corps distinct et séparé; ils lui avaient donné comme général un autre Fabius Cunctator, le prince de Schwarzcnberg. Celuici se conlonta, pendant la campagne de 1812, de démonstrations niililaires en Vollivnie, assez analoq-ues à celles que l'armée russe avait faites en (jalicie eu ISU'.); il se liàta, à la nouvelle do la catastrophe de la grande armée, de se replier sur Varsovie; et le 23 décembre 1812 il se faisait autoriser par le roi de Naples, représentant de l'empereur des Français, à conclure avec les Russes un armistice, dès lors définitif, quoique tacite et non écrit. L'hiver et le printemps de 1813 se passèrent en armements : TAu triche, sans répudier encore Palliance française, prêtait une oreille de plus en plus complaisante aux ouvertures de la Russie, de la Prusse et de l'Angleterre, de se poser en puissance média-
LA MU.NAUClllE AUTIUCHIENNE.
trice. Après les batailles de Lutzen et de Bautzeo, suivies de rarmislice de Poischwitz (5 juin 4813), elle fil un pas de plus : M. de Melternich, qui ne 8*était pas laissé intimider
par les violences de langage de Napoléon dans sa fameuse audioncf» (\n 2K juin, obtint «leux jt)iirs jtliis lard, par hi conveiilioii (le DrescN' ilu MO juin 181'{, qin' reinport'ur des Français acct'itlAl officirlloincnt à son tour, comme Tavaiont déjà fait les puissances engagées dans la sixième coalition, la médiation autrichienne pour la paix, soit générale, soit continentale, et rouveiture d'un congrès à Prague. L inlcnlion du cabinet autrichien de profiter des embarras de X^apoléon, pour récupérer au moins en partie les pertes des dernières années, était dès lors évidente ; mais il poursuivait son but avec une prudence cauteleuse; tout en dénonçant Talliance française au moment où s'ouvrirent les confércMices de I*ra;.'^ue, il protestait solennellement que ce n'était que pour y fleurer avec plus d'impartialité. Et ces tergiversations n'étaient jias un simple jeu : on savait à Vienne tout ce qu'on risquait à s'engager dans une cinquième guerre contre la France; on n'aurait pas mieux demandé que d'obtenir des concessions acceptables sans avoir à tirer Tépée; jusqu'au dernier jour on refusa de prendre des engagements formels avec les coalisés. Mais les lenteurs calculées de ^'apoléon, qui ne voulait pas croire à une défection complète de TAutriche, empêchèrent toute négociation sérieuse de s'ouvrir à Pruguc avant l'expiration de raniiislice ; le 10 août 181.?, au coup lie minuit, les ministres de Russie et de Prusse, sûrs dès lors de l'accession de l'Autriche à la coalition, déclarèrent le congrès dissous; le lendemain, 11 aoùl, M. de Metlernich annonçait aux plénipotentiaires français que ses fonctions de médiateur étaient terminées; vingt heures plus lard (12 août) il leur notifiait que rAutriche joignait ses forces k celles des alliés. Le reste, on ne le sait que trop : Napoléon l** gagna une dernière grande bataille à Dresde (26-27 août 4813); mais les défaites de ses lieutenants, en Bohème, en Silésie, en Brandebourg, lui arraclièreul le prix de sa victoire; la
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bataille des peuples de Leipzig (16, 18, 19 octobre 1813) entraîna l'expulsion des Français de F Allemagne; dans les derniers jours de novembre, le premier empereur héréditaire d* Autriche refaisait, à vingt et un ans de distance, une
seconde entrée dans la ville impériale de Francfort, où il avait jadis été chercher la couronne du saint-empire; puis, quelques mois plus tard, chose tout autrement inouïe, il entrait, avec ses alliés, dans la capitale de la France épuisée par ses victoires 1
L'Autriche avait moins fait qu'aucune des autres grandes puissances européennes pour amener la chute de Napoléon P'; mais elle avait jeté dans la balance Tappoint décisif. Aussi, de même que pendant la guerre c'était le feld-maréchal autrichien prince de Schwarzenbcrg qui avait porté le litre et exercé les fonctions de généralissime des forces coalisées, ce fui au ministre des affaires étrant;ères autrichien, dorénavant prince de Mellernich, que revint Thonneur de diriger les déli Itérations du congrès, réuni <lans la capitale même de rAulriche, pour procéder à la réorganisation territoriale du continent, conformément aux bases posées dans le traité de Paris du 30 mai 1814, par lequel TËurope victorieuse avait réduit la France à ses anciennes limites : la cour de Vienne en profita pour stipuler au mieux de ses intérêts particuliers. Dès le début de la guerre, il avait été convenu entre les puissances coalisées que la monarchie autrichienne serait reconstruite de façon à se rapprocher le plus possihle de l'étal où elle se trouvait en 1805; il s'agissait maintenanl d'ohlenir ce résultat dans les conditir)ns les plus favorables, tout en tenant compte des positions prises et des faits accomplis pendant la guerre.
Du côté de la Pologne, il n'y eut point de difficultés. L'Autriche était consentante à la transformation du duché de Varsovie en un royaume polonais au profit du tsar Alexandre P'; elle ne reprit par conséquent que les districts de la Galicie orientale ou ancienne cédés au duché de Varsovie et à la Russie par le traité de Vienne et la convention de Lemberg
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des années 1809 et 1810» en renonçant à la Galicie occidentale on nouvelle^ qu'elle n*avaît possédée que depuis 1795 jiis(]u*en 4809. Le tout fut réglé par un traité signé à Vienne
le 3 mai 1815 par les plénipotentiaires russe et autrichien, et le conijrès irciit qu'à enregistrer les arrangements pris entre les deux puissances.
Le lot (le TAutriche en Italie put éiraleiuent être réglé d'une manière iléliuiLive par Tacte Hnai de Vienne du 9 juin 1815. Les troupes impériales, aprës avoir chassé les Français des provinces illyriennes, l'ayaient envahie dès la fin de 1813; le yice-roi Eugène Beauhamais leur avait opposé une courageuse résistance, prolongée, malgré la défection de Murât, plus longtemps que celle de Napoléon luiHanème; ce n'était que le 16 avril 1814 qu'il avait signé, en avant de Mautuue, rarmislice par lequel il s'engageait à renvoyer au delà (les Alpes les troupes françaises sous ses ordres. A ce monii'nt, il se llallait encore de l'espoir de conserver {)our lui-même la couronne d'Italie, en restant à la tète des troupes italiennes; mais il n'avait pas tardé à éprouver la versatilité populaire : Milan soulevée aux cris de « Vive la patrie! mort aux Français 1 » avait mis en fuite son sénat et massacré un de ses ministres (20 avril 1814). Quelques jom après, les Autrichiens entraient dans la capitale de la Lomhardie, et une députation envoyée en toute hâte à Paris pour demander un royaume italien sous un archiduc recevait de François P' la réponse catégorique, « qu'il était né Italien, qu'il avait conquis la Lombardie par les armes, et (ju'il cnvei rait ses ordres à Milan »; ces ordres s'étaient Ijientùl traduits par une prise de possession solennelle (23 mai 1814). Le congrès abandonna sans nulle hésitation à l'Autriche toute l'Italie du nord-est, entre le Tessin, le Pô et l'Adriatique, laquelle, sauf le Tyrol méridional uni de nouveau à la partie septentrionale du pays, fut constituée en un royaume lombard-vénitien par lettres-patentes impériales du 7 avril 1815; la décision à cet égard était antérieure de plusieurs mois à l'épisode des Cent- Jours et à l'intermède moins sérieux de la campagne de Murât