‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 115 sur 134 · RECONSTHICTION DE L'EMPIRE AUTRICHIEN A VIENNE · texte numérisé non relu

RECONSTHICTION DE L'EMPIRE AUTRICHIEN A VIENNE

sauf les Iles Ioniennes; les vaiJées de Chiavenna, de la VaU teline et de Bonnio, anciens pays sujets des Grisons, incorporés à ritalie depuis i797; quelques lambeaux de territoire, ci-devant possessions du Saint-Siège ou des dues de Parme, situés sur la rive gauche du Pô, et, en dernier lieu, le duinaine de l'aiilique république de Haguse, que Napoléon P'' avait occupé en 180(i et réuni en 1809, avec ses ;")() 000 habitants, aux provinces iilyriennes.

Au total, au lieu des '2't millions d'habitants qu'elle comptait en 1792 sur G40 000 kilomètres carrés, la monarchie autrichienne présentait en 1815 une population de 28 millions d'âmes, répartie sur 668 000 kilomètres carrés. L^anciennc dispersion et dissémination des territoires habsbourgeois avait disparu ; il n'en restait qu'un unique et insignifîant exemple h l'extrémité méridionale de l'empire, où une double solution de conlinuilé interrompait (et interrompt encore) le littoral dalinale, parce (jue, à l'exemple de Napoléon P"", rAulrichc a res[)cclé les droits souverains de la Porte sur les deux langues de terre de Klek et de la Suttorina, que les Kagusains cédèrent autrefois au sultan, au nord et au sud de leur territoire, pour éviter tout contact direct avec leur dangereuse voisine, la république de Venise. Enfin toutes les provinces réunies sous le sceptre de François P' l'appelaient dorénavant du même titre supérieur d'empereur héréditaire d'Autriche, et une simplification relative avait eu lieu dans leur longue nomenclature par la création, au moyen des pays italiens, d'un royaume lombard-vénitien ou royaume de la couronne de fer, et par la réunion de la Carinthic, de la Caroiole et de l'Istrie en un royaume dlilyrie.

Quelques mots encore sur les décisions du congrès de Vienne relativement aux secundo-génitures habsbourgeoises en Italie, et à la position de l'Autriche en Allemagne.

Les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla n'étaient que viagèrement attribués à l'archiduchesse Marie- Louise, ci-devant impératrice des Français, et réservés pour

LA MONARCHIE AUTRICHIENNE

Favenir à leurs anciens souverains bourboniens, provisoirement établis à Lucques ; mais rAutrichey par le traité de . Paris du 10 juin 1817, obtenait droit de garnison à Plaisance et sauvegardait son droit d'expectative sur les trois

duchés en cas d'extinction de la lig-ne des infants, selon la ti'iiour (le la paix d'Aix-la-('.li;ij)elle de 1748. Les heriLaires des M«''dicis el des Kslc au cuulraire élaiont reslitués sans restriction à deux arcliiducs : Ferdinand III, le fils puîné de remperoiir Léopold II, tour à tour électeur de Salzbouig et grand-duc de Wurzbourg par la volonté du Premier Consul et de Tempereur des Français, redevenait grandduc de Toscane, avec les présides toscans en plus, sans compter Texpectative de Lucques, qui revint en effet en 1847 à son fils Léopold II, par l'abdication des Bourbons de Panne, avant même que la mort de Marie-Louise les eût mis en possession de leur principauté patrimoniale; el François IV, le fds do rarchiduc Ferdinand et de Marie- Ik'utrice d'Esté, reprenait les duchés do Modone, Rei:irio et Mirandole, auxquels vinrent s'ajouter plus tard Massa el Carrare à la mort de sa mère (1B29), et Guastaila par suite d*unc rectification de frontières avec les pays voisins (1847).

Quant à Tempire d'Allemagne, nous avons dit ailleurs que Tempereur François l" s*étail refusé, sans la moindre hésitation, à en demander le rétablissement; mais nous avons vu aussi que TAutricbe s*était attribué la présidence de la diète germanique de Francfort; ajoutons qu*en entrant dans la U(njve[le oonfédéralion avec toutes ses provinces ancienneinenl d'empire, elle les mettait toutes sous la g-aranlie militaire do ses confédérés allemands, malgré leur nationalité en partie slave el italienne. Ces provinces, d'après l'acte fédéral du 8 juin 1815, commenté par le protocole autrichien du 6 avril 1818, étaient TAftlriclie, le Salzbourg, la Styrie, la Garinthie, la Carniole, Gorice et Gradisca, ristrîe anciennement autrichienne avec Trieste, le Tyrol et le Vorarlberg, la Bohème, la Moravie, la Silésie autrichienne et les duchés d'Auschwiti et de Zator en Galicie.

CHAPilUE V

UL MONARCHI£ AUTRICHIENNE DEPUIS 1815

La monarchie aiilrichieiiiH', roconstituée au congrès do Vienne, formait pour la première fois un tout compact sur la raiie, depuis le lac de Constance et les bords du Pô jusqu'aux collines du Dniester et du Rug, et depuis les frontières de la Turquie jusqu'aux sommets des monts des Mines. Le Tyrol et le royaume lombard-vénitien s'intercalaient, il est vrai, assez loin ao sud-ouest entre la Petite- Allemagne et les fitats italiens, et la Dalmatie se prolongeait au sud comme une étroite bande de terre entre la mer Adriatique et l'Empire Ottoman; mais l'ancien morcellement avait disparu, toutes les provinces se tenaient et se défendaient mutuellement, et, sauf le peu d'étendue des côtes, le lotissement topograpliique du nouvel empire autrichien était presque irréprochable. Il n'en était pas de mémo, tant s'en faut, au point de vue des populations qui habitaient les vastes Ëtals, conservés, repris ou nouvellement acquis par la dynastie des Habsbourg; k cet égard, l'absence de cohésion, mal invétéré de la monarchie autrichienne, persistait autant que jamais. Les peuples réunis sous le sceptre impérial différaient à Tinfini par les origines, par la langue, par les mœurs, par les institutions; on peut dire qu*en dehors de la religion catholique, que professait et que professe la

LA MONARCHIE AUTRICHIENNE

très grande majorilé d'entre eux, ils n^ayaienl en commun que la personne et le service de Tempereur. L'empire, dont un tiers appartenait à la confédération germanique, tandis que les deux autres tiers lui restaient étrangers, se cornpossK d*ttiie multitude de royaumes, de duchés, de principautés, fJe marj^ravials et de comtés, plutôt juxtaposés que réunis; ( < rlains do ces pays de la couronne avaient conservé dos piivilè^'^es parliculiers, des formes représentatives qui reinonlaiont au moyen Ajre, et, si les états provinciaux du Tyrol par exemple n'étaient qu'un embarras, la diète de riongrie créait un Étal dans l'État, et un État qui exigeait d'autant plus de ménagements que la couronne de Saint- Etienne, en dehors de la Hongrie proprement dite, comprenait aussi la Transylvanie, TEsdavonie et la Croatie. Un péril beaucoup plus grand encore que cette constitution politique intérieure si diverse résultait de l'antagonisme des LM'andes races qui se parlag^eaient lu monarchie; les Allemands, les Madgyars, I(;s Italiens, les Roumains, les Slaves, qui oux-mèmes se subdivisaient en lcliè(|ues et Slovaques, Polonais et KuLhèncs, Windes, Croates et Serbes, avaient tous des mœurs, une langue, un degré de civilisation dilTérents, et ne se rencontraient qu'en un seul point, la prétention à une administration nationale.

Gouverner une conglomératîon de pays et de peuples si peu homogènes était en soi-même une œuvre fort difficile; elle rétait doublement au milieu des complications de la politique européenne, alors qu il s'agissait à la fois de tenir en respect l'esprit nouveau de la Révolution franraise, de contenir rAllomairno et ritalie, de proléger l'Empire Ottoman, seul voisin (jui ne fût pas un danger permanent, et de faire face tour à tour à la Prusse, à la Russie et à la France. Le prince de Metternich, ministre tout-puissant de François et de son fils Ferdinand I*', qui lut succéda en 1835, y réussit longtemps, en se faisant au dedans et au dehors le défenseur obstiné du statu quo; au dedans, il n'admit même pas Tidée d'une réforme dans le sens libéral

Page 1