LE SYSTÈME DB GOUVERNBHBNT DB M. DE METTERNIGH
moderne, et Ton a gardé le souvenir de la naîTe réponse de François à une dépntation hongroise : TotuB mundus sîultisat et quserii constUtUionet imaginarias; au dehors, il ne songea qu'à maintenir Tordre de choses créé par les
traités de 181"), sauf à en profiter pour étendre l'inflaence autrichienne en Italie et en AUemag-ne. GrAce à ce système poursuivi avec une rare conséquence, l'Autriche se maintint en équilihre pendant trente-liois ans, malgré les ferments de dissolution qui la travaillaient, et malgré les secousses qui à plusieurs reprises vinrent ébranler le monde européen. Le gouvernement central, greffé sur un faisceau d'administrations provinciales particulières, sut maintenir les nationalités les unes par les autres et réprimer leurs aspirations d'indépendance, tantôt par la ruse et tantôt par la force; en Bohème et en Hongrie, il paralysa avec l'aide des intérêts op[t()sés le tché(/i(isine des grands seigneurs et le madgi/nrisme des déiuocrales ; en Lombardic et en Galicie, il terrorisa les classes élevées de la société par les exécutions et les jacqueries. En même temps, pour mieux empêcher les mouvements révolutionnaires de pénétrer chez elle, rAutriche pesait lourdement sur les pays voisins; en Allemagne, elle sévit au moyen de la diète de Francfort, son docile instrument, contre les sociétés secrètes, contre la presse, contre les chambres électives, voire contre les gouvernements confédérés réputés trop libéraux ; en Italie, elle fut toujours . prête à intervenir entre les princes et les peuples, occupa en 1821 le Piémont et Naples, en 1831 et 1832 les légations pontificales, Parme et Modène, et fit signer successivement à toutes les dynasties habsbourgeoises et bourboniennes de la péninsule des traités par lesquels elles s'engageaient formellement à ne pas suivre une politique contraire aux principes du gouvernement impérial; en Pologne enfin, après les troubles de la Galicie, elle se fit autoriser par les deux autres puissances copartageantes à mettre fin à Texistence autonome du dernier vestige de la glorieuse république d'autrefois, et s'incorpora, le 6 novembre 1846, la ville de Gra-