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PERTE DE LA LOMBARDIB

La guerre d'Orient de Tannée i8?î4 d»'voila pour la première fois combien la position de rAulriche était au fond difficile et embarrassée. Elle parvint, il est vrai, à la traverser sao8 encombre en s'alliant à la France et à F Angleterre, sans prendre les armes contre la Russie; mais sa conduite ambiguë, ses négociations équivoques» ses arrière-pensées supposées à Tégard de la Valachie et de la Moldavie qu'elle avait momentanément occupées, mécontentèrent également les deux parties, et, au congrès de Paris qui mit On à la gruerre, le Piémont fut, malgré sa protestation, autorisé à soulever contre elle la question de la nationalité italienne (8 avril 1856). Quelques années plus tard, les sympathies de l'empereur Napoléon III pour la cause de l'Italie se manifestèrent au grand jour le 1" janvier 4859, et le ministre dirigeant de la Sardaigne, comte Camille de Cavour, dont Tbabile politique, à la fois libérale et nationale, avait depuis longtemps pour objectif principal de rendre intolérables les rapports entre le gouvernement autrichien et ses sujets du royaume lombard-vénitien, sut si bien exaspérer le cabinet de Vienne, que le 32 avril 4859 il adressait h celui de Turin un ultimatum menaçant, suivi au bout de quelques jours do l'invasion du Piémont. Aussitôt l'année française accourut, et gagna les batailles de Magenta et de Solfi rino (i et 24 juin 1859); l'Autricbe ne dut qu'aux armements de la Prusse et de la Confédération germanique de ne pas perdre du coup la totalité de ses possession italiennes.

Le désir de Tempereur des Français d'éviter une guerre européenne, la crainte des hommes d^État autrichiens de voir la direction militaire de TAlIemagne passer à la Prusse, facilitèrent la prompte conclusion des préliminaires de Yillafranca ^ (40-44 juillell 859), qui abandonnèrent à la France, c'est-à-dire à la Sardaigne, le pays lombard sauf iMaulou»» et Pescbiera, et stipul^^ent par contre que les deux arcliiduc s souverains k Florence et h Modëne, qui avaient fui leurs Etats pendant la guerre, y seraient réintégrés, sous la seule condition qu'ils entreraient, ainsi que l'empereur d'Autriche lui-même en sa

LA MONARGHIB AUTRICHIBNNB.

qualité (le souverain du Vénitien, dans une future confédération italienae. Mais en dépit des efTorts de la diplomatie française, et quoique la paix de Zuricli eût reproduit textuellement les conventions de Villafranca (i 6 octobre 1859), cette confédération italienne n'entra pas d&ns le domaine des faits; les populations de la Toscane et du Modénais, qui s'étaient annexées au Piémont dès le mois d'août 4859, refusèrent de revenir sur leur vote, et furent définitivement incorporées a la inonarcliie sarde (mars iStiO;. Par suite, les archiducs ne furent j>as restaurés, et rAulriclie j^arda i omnie parties inléirraiilos de la monarchie la Vénétie entière et le formidable quadrilatère des forteresses du Mincio et de IWdige; mais la conquête des Deux-Siciles faite par Garibaldi au profit de Yictor-£mm.inuel II, et la constitution d'un royaume d'Italie comprenant la péninsule presque entière qui en fut la conséquence (mars 1861), ne tardèrent pas à empirer encore sa position au delà des monts. En présence de cette autre Prusse, attachée à ses flancs, il ne s'agissait plus dorénavant pour elle de disputer l'hégémonie de la péninsule italique; il s'agissait de savoir si elle réussirait à conserver les dernières possessions (iiTelle y déleiiait encore, au si celles-ci passeraient à leur tour au royaume national qui les revendiquait ouvertement.

Au lendemain du désastre militaire de 1859, qui coûtait à l'empire d'Autriche 20 000 kilomètres carrés et deux millions et demi de sujets, et enlevait de plus à la dynastie des Habsbourg les deux duchés de Toscane et de Modène, la cour de Vienne revint enfin des illusions qu'elle s'était faites sur la solidité du système unitaire et absolutiste qu'on appliquait dejniisdix ans à la monarchie, et elle essaya d'entrer dans de nouvelles voies, de façon à faire mentir pour l'avenir le mot du prince Gorlchakof, que « l'Autriche était un gouvernement et non un État »; mais elle le (il sans plan bien arrêté et en hésitant sans cesse entre les anciennes institutions parlicularistes, successivement rappelées à la vie, et

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