LE DUALISME AUSTRO-HONGROIS
à une (iiminution de plus de 2.*) 000 kilomètres carrés et d'environ deux millions et demi d'Ames. Du côté de l'Allema^rne, les perles territoriales étaient nulles, mais la déchéance politique d'autant plus complète; la présidence de la diète germanique, dernière transformation de la couronne impériale d*Occident, n'était plus à son tour, comme celle-ci, qu'un souvenir historique.
Du moins cette crise, fatale à la puissance extérieure de la monarchie hahsbonrfreoise, facifita-t-elle l'œuvre laborieuse
de sa réorganisation intérieure et de sa transformation constitutionnelle. M. de Beust, l'homme d'État saxon autjuel l'empereur François-Joseph 1'"' confia la direction des affaires le 26 octohre comprit la nécessité impérieuse d'une
réconciliation franche et complète avec la Hongrie, et agit en conséquence : le rétablissement pur et simple de la constitution hongroise et la nomination d'un ministère hongrois (février i867), suivis du couronnement de l'empereur comme roi de Hongrie à Buda-Pesth (8 juin 1867), entraînèrent comme conséquence naturelle le compromis du 21 décembre 1867, qui établissait un nouveau système de gouvernement constitutionnel, reposant sur le principe du diinltsime. D'un côté la Ilonf^rie, avec la Transylvanie, la ('roali«* et l'Esclavonio, de l'autre le reste des Étals aulricliions, vulgainMnenl désigne par le terme pou exact de Cislcilhaiiic, eurent leurs organes respectifs dans la diète hongroise et dans le conseil de l'empire, devant lesquels sont responsables deux ministères complètement étrangers Tun à l'autre. lï fut convenu en second lieu que les délégations des deux assemblées, chargées, concurremment avec le ministère des affaires communes, de l'expédition des affaires intéressant Tensemble de la monarchie (relations étrangères, trésorerie centrale et armée), siégeraient alternativement à Vienne et à Buda-Pesth. Enfin un nouveau nom, employé «lès lors pour désigner la totalité des Etals hahshonrireois, traduisit le nouvel ordre de choses en style de chancellerie; si François-
LA MONARCHIE AUTRICHIENNE
Joseph I", empereur d'Autriche, roi aposloliijue de Hongrie, roi «h- Bolièine, de Diilinalie, (Iroalie, d'Ksclavonie, de Galicie, de Lodornérie et (rillyrie, roi (h» Jérusalem, arcliiduc d'Autriche, grand-duc de Toscane et de Cracovie, duc de Lorraine, de Salzbourg, de Slyric, de Carintbie» de Carniole, de Hukovine, grand-prioce de Transylvanie, margrave de Moravie» duc de Haute et Basse-Silésie, de Modèoe, de Parmo, de Plaisance et de Guastalla, d*Au8chwitz et de Zator, de Teschen» de Frioul, de Ragpuse et de Zara, comte-princier de Habsbourg, de Tyrol, de Kybourg, de Goriee et de Gradisca, prince de rrenle et de Brixen, marirrave de Haute et Basse-Lusace et d'Jstrie, comte de Hohenemhs. de Fehikirch, i]r Breirenz, de SoiHienI)er<:, etc., seigneur de Trieste, de Cattaro et de la Marclie windc, etc., continue à porter une série interminable de titres, qui, en partie, correspondent à des territoires perdus depuis longtemps, l*ensemble de la monarchie, qu^on désignait depuis 4804 par la dénomination d empire héréditaire d^Autriche, a pris à partir de 1868, dans toutes les relations officielles, le nom de monarchie Austro- Hongroise.
Le système du dualisme a désarmé la Hongrie, dont Toppositiou implacahli' avait virii^t ans durant été le principal obstacle à une vraie pacification <h"s Etals autrichiens; il n'a pas mis fin aux agitations constilulionnelles et nationalistes de l'empire. Dans la moitié orientale de la monarchie, la pré* pondéranco politique incontestable de la race madgyare a établi et maintenu une direction unique : la diète particulière de Transylvanie a disparu par suite de Tincorporation pure et simple de la principauté au royaume hongrois (1869); celle de Groatie-Esdavonio a consenti par les accords de 4868 et de 4873, qui lui ont fait de larges concessions sur le terrain administratif, à se faire représenter à la chambre des députés et à la table des magnats de Hongrie. Mais les millions de Slaves, de llouiuains, d'Allemands de la Hongrie proprement dite et de la Transylvanie se plaignent amèrement de l'exclusivisme madgyar, et les aspirations sépara-