VALLÉES ET COURS D'EAU ALPESTRES
ehamps de blé, des potagers et des vei^rs ; les vallées secondaires, plus étroites, plus abruptes, moins habitées, propres sartoQl à la vie pastorale, en dépendent, non seulement parce qu'elles y déversent leurs eaux, mais aussi parce qu'elles y font leurs échanges et leurs achats. Plusieurs des républiques alpestres no sont pas autre chose qu'un pareil groupe de vallées : le canton du Valais correspond à la vallée principale da haut Rhône et aux nombreuses vallées latérales qui, des deuxcùlés, pénètrent comme autant de sillons dans les massifo du mont Rose et du Finsteraarhorn; la vallée de la Reuss supérieure est devenue le canton d*Urî, et celle de la Linth le canton de Claris. Quelquefois cependant les limites sociales et politiques ont empiété d*un système de vallées sur Tautre : le pays des Grisons, qui réunit l'ensemble des vallées du bassin supérieur du Uliin, comprend aussi par l Engadine et par le Val-Misocco des portions des hassins de l'Inn et du Tessin; et, exemple plus curieux, parce qu'il vient à l'appui de ce qui a été dit plus haut du peuplement de certaines vallées par-dessus les champs de neige et les glaciers, l'Œlztbal tyrolien est resté pendant des siècles uni administrativement au Vintscbgau, c'est-à-dire à la vallée supérieure de TAdige, quoique ses eaux appartiennent au bassin de Flnn.
C'est à travers les larges fentes ou les étroits couloirs dé toutes ces vallées que descendent, avec une cliutc plus ou moins rapide et une force [)lus ou moins dévastât rire, que règle rinclinaison de chacjue rigole, les milliers de lilets d'eau dont Tenseinble constitue la masse énorme des eaux alpestres. A Texception de quelques petits fleuves côtiers, qui naissent aux deux extrémités méridionales du demi-cercle alpestre, dans les Alpes Maritimes et Liguriennes et dans les Alpes Tyroliennes et Illyriennes, et qui gagnent promptement soit le golfe de Gènes, soit le golfe de Venise, tous ces innombrables cours d*eau, ruisseaux, rivières ou fleuves, se réunissent en quatre grands bassins, dont chai un est Iributaire d'une mer ditTérente, le Rhin de la mer du ISord, le Uhone de la Méditerranée, le Po de l'Adriatique, le Danube de la mer T. I. 4
»0 GÉOGRAPUIfi PHYSIQUE DE L'EUROPE CENTRALE.
Noire. Toiilo bonne carie pcrmul de délimiter les doinaines respectifs des lleuvcs alpestres cl de leurs aftluenls, et d'attribuer à chacun d'eux les vallées qui ralimentent; la détermination de leurs vraies sources est moins aisée. Dans loul système fluvial, à mesure qu*on approche de la périphérie du bassin, le réseau des eaux devient plus complexe, le nombre des veines qui le composent plus considérable, la supériorité de la branche maîtresse sur certaines branches secondaires moins évidente; mais dans les Alpes la difficulté du choix est accrue encore par la nature diverse des oriirines des cours d'eau dont la réunion constitue un bassin fluvial, principal ou secondaire : à côté des sources qui jaillissent de terre et des ruisseaux qui se forment au bas de prairies marécageuses, il y a en effet les rivières qui découlent des hauts lacs et celles qui naissent au bas des glaciers. Aussi le problème de la source principale, proprement dite, par excellence, des fleuves et rivières alpestres est-il souvent resté sans solution positive, ou, quand il a été résolu par l'habitude, Ta-t-il été par suite de prédilections et d'antipathies populaires plutôt qu'en vei'tu de raisons i:éoirraj)liiques. Le pri'iiiier cas est celui du Rhin, dont le nom désigne à la fois deux rivières et de nombreux ruisseaux, dislin«,^ués entre eux par des qualificatifs variés; le second, celui duRh6ne, dont roriginc officielle est une source insignifiante au milieu des hautes prairies alpestres, et non la grande rivière de glacier qui en réalité lui donne naissance, parce que les montagnards méprisent Tcau froide, trouble, malsaine, sauvage, des mers de ,crlace et réservent toutes leurs préférences pour Tcaupure et salutaire des sources vives.
Après ces observations [tréliminaires, nous passons àl'énumération des grands cours d'eau qui tirent leur origine des Alpes, et, sans nous arrêter ni au Var qui constitue à peu près à lui seul le groupe ligurique, ni à la Brenta, à la Piave, au Tagliamento et à lïsonzo qui représentent le groupe adrîatique, nous abordons directement le Rhin, qu'on a appelé leur fils ainé, et qui est en effet & la fois l'émissaire le plus