ROUTES ALPESTRES
Golhanl ; dès le moyen âge aussi on y avait fait quelques travaux d*art primitifs, Pancien poni du Diable par exemple, et les ponts suspendus qui lui faisaient suite, lesquels ont été
remplacés, au commencement du xvin" siècle, par la iialr»rie du Irou rVUri\ la roule carrossable moderne a été construite par les Liouvernemenls cantonaux de la Suisse centrale à i'é|tO(jue (le la Ueslauraliun.
Dans les Grisons, à Test du Saint-Gothard, les passages alpestres notables se succèdent à des intervalles plus rapprochés que dans aucune autre partie de la chaîne : on n*en compte pas moins de six, qui à des altitudes variant de 4 800 à 2 300 mètres conduisent des bassins du Rhin et de rinn soit au lac Majeur, soit au lac de Gôme. Ce sont, par ordre géographique, le chemin du Lucmanier, qui va de Dissentis sur le Rhin antérieur à Biasca sur le liaul Tessin, où il rejoint la roule du Saint-Golliai d ; la roule du Bernardin, qui par un col de 2 050 mètres environ passe de la vallée du Rhin postérieur dans celle de la Moesa, tributaire du Tessin, et réunit Coire ii Bellinzona; celle du Splugen, qui a en commun avec la précédente la première partie de son parcours, depuis Coire jusqu'au village de Splugen, mais franchit, droit au sud de cette localité, un col d'altitude un peu supérieure, pour gagner, par la vallée de la Lira, Chiavenna sur la Maira et le fond du lac de Côme; puis la voie anliquc du Septinier, qui, tout en unissant les deux mêmes villes de Coire et de Chiavenna, se lient sensiblement plus à Test, et, pour éviter les diflicultés depuis longtemps vaincues de la Via-Mala, remonte dans le bassin de l'Albula la vallée d'Obcrbalbslein, d'où elle passe dans celle de la haute Maira; enfin les deux routes postales de la Maloya et du Bernina, dont la première relie TEngadine à Chiavenna, en passant des sources de llnn à celles de la Maira par un col do i 800 mètres environ tout fi fait voisin de celui du Seplî mer, tandis que l'aulre (juitle la vallée de l'Inn supérieur dès Samadcn, en aval de Sainl-.Maurice, s'élève à un col de plus de 2 300 mètres d'altitude, el rejoint à lirano la vallée de la haute
Adda, par laquelle elle dcsceiul vers la rive nord-est du lac de Côme. De ces six cols, dont les quatre premiers du moins sont fréquentés de fort vieille date, deux, ceux du IJernardin et du Splugen, ont élé rendus carrossables il y a plus d'un demi- siècle, et deux autres, ceux de la Maloya el du Bcrnina, ont été plus récemment ouverts aux charrois; le plus important de tous est le passage du Splugen, que les rois de Germanie prenaient autrefois dans leurs expéditions romaines alternativement avec la route du Brenner, et par lequel se fait aujourd'hui encore, comme au moyen âge, un transit considérable entre la Souabc et la Lombardie.
Après 1rs nom 1)1 eux [)assages des Grisons, il n'y a [)lus à indiquer qu'une seule roule alpestre qui converge vers Milan : c*estla grande voie militaire construite en 1820 et dans les années suivantes par le gouvernement autrichien, entre le Tyrol septentrional et le Milanais, pour relier entre elles les dépendances transalpines et cisalpines de là monarchie les plus avancées vers Touest. D*après les conditions naturelles du terrain, elle aurait dû remonter Vlnn jusqu'à ses sources, franchir le col de la Maloya qui n'a que 1 800 mètres «l'allilude, et gajij;ner le fond du lac de Côme par la vallée de la Maira, qui continue |)ics(iue en ligne droite celle de l'Inn; mais, TEngadine faisant partie delà Confédération helvéliquc, on dut la contourner à Test, vaincre des obstacles bien plus considérables, et construire la plus belle à la fois et la plus élevée parmi les routes modernes des Alpes. Elle quitte Tlnn à Finsterrounz, franchit la ligne de faite centrale au col de Rescha, descend à Glums dans la vallée de TAdigc, mais presque aussitôt remonte au col de Slelvio dans le massif des Alpes de TOrteles, et jiar ce deuxième {)assage gagne Bormio au fond de la Valleline, d'où elle descend le long de l'Adda vers le lac de (]ônic : le premier col, celui de Rescha, reste au-dessous de 1 .500 mètres; mais au col de Slelvio, qui donne son nom à la route, celle-ci atteint presque l'altitude de 2 800 mètres, supérieure de 300 mètres à \a hauteur du col du Grand-Saint-Bernard et de 800 mètres à la hauteur