‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 17 sur 134 · CHEMINS DE FEU ALPESTHES · texte numérisé non relu

CHEMINS DE FEU ALPESTHES

moyenne des routes carrossables des Alpes. Un g^rand in térèl militaire et politique pouvait seul faire enlreprendrc une œuvre si ardue, qui ne correspond pas à des nécessités de transit considérables; aussi, depuis l'expulsion des Autrichiens du Milanais, la route du Stelvio n'est-elie plus que médiocrement fréquentée.

Le troisième groupe des routes alpestres, celui des voies de communication qui aboutissent à la partie orientale de la plaine lombarde, ne nous arrêtera pas longtemps ; d'une part leurs cols de passage s*abaissent sensiblement à mesure que le massif s'élargit, ce qui les fait de plus en plus ressembler à des routes de montagnes ordinaires ; de l'autre elles n'ont généralement ni un passé historique, ni une importance économique qui permettent de les comparer aux voies de communication des Alpes du centre et de Touest. La seule route du Brenner, la plus rapprochée des précédentes, peut à la rigueur se mesurer avec les routes alpestres de premier ordre, sinon comme élévation (son col est & 1 430 mètres), du moins comme importance du transit. Reliant entre eux les bassins de Tina et de TAdige par les vallées de la Sill et de TEisack, elle est la li^'^nc de communication naturelle entre la Bavière et la Vénétie, d'Augsbourg et Munich à Vérone et à Venise, et elle a élé d'autant plus suivie de tout temps (ju'elle est moins élevée et plus commode; ses grandes stations, Innsbruck, firixen, Botzen, Trente, remontent h peu près toutes à Tépoque romaine; et nous avons déjà dit qu'au moyen A^'^e elle était avec la route du Splugen la grande voie impériale pour descendre en Italie. Plus loin à Test nous ne mentionnerons qu*un dernier passage, également pratiqué par les Romains, où un col de 800 mètres, entre Tarvis et Ponléba, ouvre un chemin pour ainsi dire naturel de Villach sur la Draveà Udine dans la dépression vénitienne : c'est le chemin que suivit Itonaparte quand il alla dicter à rAulriche les préliminaires de Léoben.

Aux nombreuses routes, carrossables ou non, qui en fran-

«6 GÉOGEAPUIE PUÏSIUIË UË L'EUHUPË GfiNiaALB.

cliissaiil les cols de la cliaîno principale des Alpes réunissent un versant du système à Taulre, on ne peut jusqu'à ce jour opposer que quatre chemins de fer ayant le même caractère iûlernational. Le premier eu date, achevé dès 18.*j3, est la ligne du Midi autrichienne, construite entre la vallée du 0anube moyen et le fond de la mer Adriatique, de Vienne à Trieste et à Venise, par Gratz et Laibach ; il franchit successivement les deux branches de la fourche orientale des Alpes, les Alpes Styriennes au tunnel du Semmering, pour passer du bassin de la Leilha dans celui de la Mur, les Alpes Illyriennes au col crAdelsherir, entre la vallée de la Save et le golfe de Trieste, et ne s'éK-vtî resprctiveinent aux deux passages qu'à environ DUO et 700 mètres. Quatorze années plus tard, en 1861, était ouverte à l'extrémité est des Alpes centrales, la ligne du Brenner, tracée paralièlement à la route carrossable du même nom, pour relier entre elles les voies ferrées de Munich à Innsbruck et de Botzen à Vérone ; elle passe de la vallée de la Sill dans celle de TEisack par une tranchée insignifiante, dont Tallitude est de i 400 mètres environ. Puis, le 17 septembre 1S71, était inauguré le grand chemin de fer des Aljtes occidentales, qu'on appelle vulgairement le chemin de fer du mont Cenis, parce qu'il a supplanté la route carrossable de ce nom et réunit comme elle, par les vallées de l'Arc et de la Doire Ripaire, Paris et Ghambéry à Suze et à Turin; mais son fameux tunnel, long de 13 kilomètres, dont le bief de partage atteint i 345 mètres, est percé à 20 kilomètres au sud-ouest du col du mont Genis, au-dessous du col de Fréjus, presque à égale distance du mont Cenis et du mont Tabor. Aucune de ces trois voies ferrées ne s'attaquait cependant, comme on le voit, aux vraies Alpes centrales, au pied desquelles les chemins de fer suisses s'arrêtaient à Sierre, à Lucerne et à Coire, tandis que les chemins de fer lombards correspondants ne dépassaient pas rextrémité méi idionale des lacs Majeur cl de Côme; aussi la locomotive n'a-t-elle célébré son triomphe définitif dans les Alpes que lorsque fut achevée, en 1882, de Lucerne à Bellin-

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