‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 20 sur 134 · GROUPE BOHÉMIEN · texte numérisé non relu

GROUPE BOHÉMIEN

jusquo vers les sources de l'Eger. Leurs pentes, disposées dans un sens opposé à celui que nous avons signalé pour les Sudèles et la Forêt de Bohème, s'abaissent lentement, en plateaux, vers le nord, et tunibonl hruscjuenient au sud, avec des dédiés élroits, dont ceux de Pelerswalde et de tvulm, dans le voisinai^o de l'Elbe, ont joué un rôle impoiiant dans les événements militaires de 1813. Leur hauteur moyenne peut être évaluée à 800 mètres; leur sommet le plus considérable, le Keilberg au nord-est de Carlsbad, s*élève à 1 2âO mètres. Les monts des Mines, comme leur nom Tindique suffisamment, sont riches en minerais; on les exploite à la fois sur les pentes bohémiennes, oiï Joachimsthal au pied du Keilberg a donné lien à Tappcllation de thaler pour Técu allemand, et sur les pentes saxonnes, où les puits de Freiberg datent du XII* siècle, ceux d'Annaberg- et de Schnéebcrg du xv". Au moyen Age, leurs mines d'argent passaient pour les plus riches de l'Europe; bien qu'elles n'aient plus aujourd'hui qu'une valeur fort secondaire, la Saxe royale a encore une administration minière considérable et son académie des mines de Freiberg continue à occuper une place honorable parmi les institutions de ce genre. A une époque plus récente, la nature rude et peu fertile du versant saxon y a motivé d*autre part le développement de nombreuses industries : dans toutes les vallées on tisse, on fait de la dentelle ou de l'horlogerie, on travaille la paille ou le bois, et les produits manufacturés sont centralisés dans les villes voisines de Freiberg, de Clieinnitz, de Zwickau, de Plauen; niais là aussi, comme dans les monts des Géants, la progression eiïrayanle des populations ouvrières a engendré upe affreuse misère. An pied bohémien de la chaîne au contraire s'étendent des terrains volcaniques d'une remarquable fertilité. On y rencontre les sources chaudes.de TépUtz et de Carlsbad, et, dans le voisinage de la première de .'ces deux villes, le curieux Mittelgebirg bohémien* qui, su^ les .deux rives de TËlbe, étale une quantité innombrable de cônes basaltiques. Il y en a de petits qui ne s'élèvent que de quelques mètres au-dessus du

sol ; i] y en a de grands, comme le Donnersbei^ qui mesure 850 mètres ; beaucoup d'eotre eux portent, comme ceux de nos monts d* Auvergne, des ruines de châteaux, des chapelles ou de simples croix.

A cAté de ce Mittclgebirg bohémien, qui accompagne an sud l'extrémité orientale des monts des Mines, on pourrait citer bien d'autres cbaîncs et chaînons qui sont répandus sur la Bubèine entière et la décomposent en un grand nombre de terrasses particulières; mais leur peu d'importance orograpbique nous dispense de nous y arrêter. Nous quittons donc le groupe bohémien pouf passer aux chaînes hercyniennes plus occidentales, et rencontrons tout d'abord, en face de Tangle nord-ouest de la Bohème, un petit massif schisteux à cimes de granit, de nature pauvre, d*étendue restreinte el de hauteur médiocre, mais auquel sa position centrale, au milieu des systèmes de montagnes et des bassins fluviaux de rAIlemagne, prêle un intérêt particulier. En clTet, les monts des Pius ou Ficbtelgebirg, dont le sommet le plus élevé, le Schnéeberg, ne dépasse pas 1 OoO mètres, partagent leurs eaux entre les trois grands fleuves allemands, en donnant naissance, sur leurs pentes fortement boisées, d'une part à TEger et à la Saale tburingienne, qui grossissent TElbe, d'autre part au Mein, qui est le pius grand affluent du Rhin, et, en troisième lieu, à la Naab, qui va rejoindre le Danube; ét, d'un autre cèté, ils représentent, sinon le nœud central, du moins le point de contact des grands groupes orographiques de r Allemagne moyenne. Les plateaux qui, à Test, les relient à la fois aux monts des Mines et à la Forêt de Bohême, en font l'amorce du quadrilatère bohémien, lequel fait suite hiimênie au système des Karpalhes; et comme d'autres plateaux les rattachent, à l'ouest, à la Forêt de Thuringe, qui continue la direction normale de la Forêt de Bohême, et au Jura franconien, qui reproduit, moins exactement il est vrai, ceUe des monts des Mines, ils sont en même temps, grAce à ces deux chaînes, le point de départ commun de tous les massifii

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