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LÀ COTE MÉRIDI0NAL6 DE LA BALTIQUE

découlent vers la mer : le Tief de Mémcl, aux confins de la Russie, représente remboucliure commune du Niémen ou Mémcl et du bras septentrional du Prégel; le Tief de Pillau, droit en face de l'ancienne capitale prussienne Kœnigsberg, celle du Prégel méridional, de la Friçching, de la Passarge et des bras orientaux de la Vistule.

Toute cette partie orientale de la côte allemande de la Baltique est extrêmement peu articulée, la presquMle sambienne interrompant seule, et cela d*nne façon peu sensible, la ligne droite formée par les deux grandes Neh^ngen. Les découpures et dentelures sont d'autant plus nombreuses à sa terminaison opposée, le long du llolstein et du Sclileswick; le littoral sud-est de la presqu'île Cimhrique offre, en effet, une succession continue de baies profondes et de presqu'îles fortement accentuées, en avant desquelles quelques lies côtières forment la transition vers Parchipel plus septentrional des lies danoises. G*est d*abord, pour ne signaler que les noms les plus importants, le golfe de la Trave et la presqu'île wagrienne, que continue Plie de Fehmam; puis le golfe de Kiel, avec ses profondes encoupures de Kiel et d'Eckernfœrdc, et la j)resqu'île d'Anglie, au cœur de laquelle pénètre l'étroit canal de la Sciilei; plus loin encore, la baie de Flcnsbourg, la presqu'île de Duppel, l'île d'Alsen, les baies «l'Apenrade et de Hadersleben, qui nous mènent jusqu'au Pelit-Belt, en face de la grande lie danoise de Fionic. Au centre de la Baltique allemande, la configuration côlièrc tient le milieu entre ce qu*elle est au levant et au couchant, en se rapprochant davantage cependant de la structure du littoral oriental : comme la côte prussienne, la côte de la Poméranie ultérieure se profile en une ligne presque droite, depuis Pouverture du golfe de Danzick jusqu'aux bouches de l'Oder; à Textrémîté septentrionale de la Poméranie citérieure, la presqu'île de Darss, que prolonge l'ile de Zingst, rappelle les flèches des Curons et des Frisons; cl la Poméranie moyenne a, à l'estuaire de roder, son Haff, qui est même le Ha/f par excellence, le Haff9%m désignation particulière, sauf qu'on y dis-

120 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE DE L EIUOPE CEMUALE.

tingue un GrandrHaffk Test» et un PeHt-Haffk Tooest. Mais cette lagune poméranienDe n^est pas, à Tinstar de ses analo* gaes prussiens, bordée du côté de la mer par une simple

langue de terre; devant le Haff s'étendent les deux îles assez considérables do AVollin à Test et d'Usedom à Touest, lesquelles ont joué loules les doux un certain rùle dans l'histoire positive et dans Thisloire légendaire de la contrée : dans la première, en effet, florissait à Tépoque slave la ville depuis longtemps détruite de Julin, et la seconde contenait, d'après la tradition, la cité plus importante encore de Vinéta, de bonne heure engloutie par la mer. De plus Tangle nordest de la Poméranie citérieure est enrichi par une troisième lie, elle aussi séparée du continent par un étroit canal, mais d*uDe superficie plus grande et d*un relief plus marqué : c*est la fameuse île de lluiren, en face de Slralsund. L'ap|)ellalion d'Islande (jervmnique qu'on lui a quelquefois allriltuéc est peul-ètre trop ambitieuse; en tout cas, elle est la portion de terre la plus [)iltores(jue et la plus originale de toute la région côlière de la plaine wende. De toutes les parties de TAUemagne du Nord on vient admirer les beautés de ses montagnes et de ses vallées, de ses golfes el de ses islhmes, de ses promontoires et de ses lacs, de ses forêts et de ses moissons, que rehausse la vue toujours présente ou du moins toujours voisine de la mer, et les coutumes patriarcales de ses habitants aident singulièrement à reporter l'imagination des visiteurs aux temps reculés, où furent élevés les collines tumulaires et les autels juiïens qui couvrent encore son sol, et où son promontoire septentrional d'Arcona était counuiné par le temple du puissant dieu des Slaves, 6waulowit aux quatre tètes.

Les populations maritimes de la Baltique allemande ne présentent que peu de traits caractéristiques qu'il importe d^enregistrer. Sur la côte prussienne, principalement en Sambie entre les deux HafTs, on continue à se livrer à la recherche de la résine fossile connue dès l'antiquité la plus reculée sous les noms d'électron ou de succin et que nous

LA COTE MÉRIDIONALE DE LA BALTIQUE. i2i

appelons aujourd'hui Yambre jaunes soit qu'on creuse la terre jusqu'à la couche argileuse (jui la recèle, soit qu'on l'arrache avec des harpons au fond d'une nier Irancjuille et qu'OD l'amène à la C(Mc dans des filets en fil de fer, soit encore qa*après la tempête on la recueille depuis le littoral, avec les paquets d'herbes où elle se cache, au moyen de longues perches munies de filets, qu*on oppose à la vague. Ailleurs, dans la Poméranie et dans le Mecklembourg, on peut signaler les jolis villages de pécheurs, dont la population entière vit exclusivement de la mi r et se livre, de père en fils, à la navigation de long cours. En général tout le littoral allemand de la Baltique produit une race de solides matelots, hien que la nature tant de la c6te que de la mer elle-même y crée au grand commerce maritime des obstacles considérables. Tous les ports, en effet, Mémel, Pillau, Ûanzick, Stettin, Stralsund, Rostock, Lubeck, Kiel, ont, à Texception du magnifique bassin de Kiel, une profondeur médiocre, et pendant dnq mois en moyenne, de novembre en avril, les glaces qui couvrent les fleuves et le rivage maritime en interceptent les abords. Dans certains hivers exceplioniifllement rigoureux la haute mer elle-même se trouve prise; une fois par siècle au moins on va à pied de Kœnigsberg à Rostock et de Rostock à Copenhague; en 1459, le bassin entier de la Baltique disparut sous une seule nappe de glace, qui permit les communications pédestres entre Mémel et Garlskrona, comme entre Réwel et Stockholm. En dépit de ces difficultés naturelles, la marine allemande a pris son premier essor dans la mer Baltique, qui au moyen Age laissait loin derrière elle, comme importance commerciale, sa voisine la mer du Nord. A l'époque où la Hanse teutonique réunissait en une seule et même association toutes les villes allemandes depuis Réwel jusqu*à Cologne, la petite et peu profonde Trave, qui gagne la Baltique après un cours d'une centaine de kilomètres, primait TElbe et le Rhin, et Lubeck était le chef-ville incontesté de cette ligue de bourgeois courageux et prudents, persévérants et sans scrupules, qui pendan des siècles a exercé son

122 GEOGRAPHIE PUYSIQUfi DE L'EUAOPE CENTRALE.

monopole lyrannique dans toutes les contrées soplentrionalcs de l'Europe. Aujourd'hui les rôles sont changés : Hambourg' et Brème, Amsterdam et Rotterdam, ont complètement éclipsé leur ancienne rivale du pays wende; néanmoins les ports allemands de la Baltique conservent encore des beaux restes de leur splendeur passée.

Le Gattégat et le Skagerrak, qui séparent la presqulle Cimbrique de la Suède et de la Nonr^e, appartiennent, ainsi que la partie septentrionale de la péninsule elle-même, au

monde Scandinave, et sont par conséquent étrangers à nos éludes du moment; il n'en est pas de même des voies navigables artificielles qu'on a liacées ou entreprises à la naissance de la pres(ju'île, pour éviter à une partie ou à la totalité du transit entre la mer Baltique et la mer du Nord le long et dangereux passage à travers les deux bras de mer septentrionaux, et nous les indiquerons sommairement avant de nous occuper de la seconde des grandes mers intérieures qui baignent l'Europe centrale. Les relations quotidiennes entre les deux grandes villes banséatiques de Lubeck et de Hambourg firent de bonne benre nattre l'idée d*nnir par un canal la Travc à l'Elbe, c'est-à-dire la Baltique à la mer du Nord; elle fut réalisée dès la lui du xiv° siècle par le creusement du canal de la Stecknilz, qui doit son nom à un petit afUuent méridional de la Trave. Le canal de l'Eider, creusé il y a un siècle sur les confins du Uolslcin et du Schleswick pour " mettre en communication l'Eider, qui se jette dans la mer du Nord, avec la baie de Kiel, qui appartient à la Baltique, fut exécuté dans des proportions plus grandioses, et il passe annuellement par ses écluses quelques milliers de bâtiments. De nos jours cependant il a, à son tour, paru insuffisant, et, en vue de donner satisfaction ii la fois aux besoins du commerce et aux intérêts militaires du nouvel em[)ire alkiiiaïul, le parlement impérial a en 1886 volé la création d'un canal de premier ordre, qui réunira la baie de Kiel h rcml)ouchure de i'Ëlbe et aura un développement de ^0 kilomètres. Son

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