LBS TRIBUS GERMANIQUES A L'ÉPOQUE DE TACITE
d'un dédale presque inextricable de noms, qui s'ex[)lique, en partie du moins, par les migrations incessantes de po|nilatioQS à demi nomades; sans entrer dans des discussions qui nous mèneraient beaucoup trop loin, nous nous contenterons de signaler les peuplades germaniques les plus importantes au i*** et au u* siècle de notre ère, en suivant de préférence les indications de Tacite, qui avait fait de la Germanie une étude approfondie.
Au dire de l'illustre historien, il y aurait eu trois grandes tribus ou, pour mieux dire, trois grands groupes de tribus germaniques, les lugaevons, les Ilerminons et les Iscaevons; si Pline en compte deux de plus, les Vandiles et les Peucins, la contradiction n'est qu'apparente, car les Vandiles peuvent se ranger avec les Uenuinoos, el les Peucins n'élaieut qu'à demi de race germanique.
De ces trois agglomérations de peuplades, la dernière, celle des Iscaevons ou Istaevons, avoisinait directement Tempire romain sur le bas Rhin, que certaines tribus iscaevonnes avaient même franchi; de Tautre côté, elle s'étendait jusque dans le voisinage du moyen Weser. A elle appartenaient en effet les Trévères et les Tongriens établis sur la moyenne Moselle et sur la moyenne Meuse (si tant est que leur prétention d'être de souche germanique fût fondée), les Ubiens dans le pays de Cologne, les Bataves dans l'île formée par les bras du Rhin; puis, sur la rive droite du lleuve, les Matliaques (dont on veut retrouv«T le nom dans celui du Nassau) au pied du Taunus, lesTenctcres entre le ïaunus et Cologne, les Chattuariens, les Usipiens, les Chamaves et les Tubantes depuis Cologne jusqu'au lac FIûvo, les Sicambres, les Bructères et les Harses sur la Ruhr, la Lippe et les sources de l'Ems; enfin, depuis la Lahn.et le Mein jusqu'au Weser, les Gattes, dont César et Pline font à tort des Herminons- Suèves
Le f;roupe des populations ingaevonnes touchait le précédent au nord et à l'est, en s'élendant jusqu'à la mer du Nord et même à la Baltique ; ils compreuaieal certainement les peu-
plades marilimes des Frisons et des Chauques, probablement aussi les Chasuaricns et les Ang^rivariens sur le \\ eser inférieur, que certains érudits raltachenl aux Iscaevons, les Cliérus(|ues dans le Ilarz, comptés par Pline avec les Ilerminons, et les Teutons et les Cimbres en liolstein et en Jullaad, dont la nalionalilé germanique a élé contestée.
Enfin Tagglomération des Herminons ou Hermîons, la plus considérable des trois, couvrait tout le reste de la Ger^ manie, depuis les frontières orientales du pays jusqu'au haut Danube et au moyen Rhin, au delà duquel quelques-unes de ses peuplades avaient même pénétré jus({u'aux Vosges. Là il faut nommer en premier lieu les Suèves, ce protée des peuples germaniques, qu'on retrouve à la fois sur la Baltique, dans le voisinage du Rhin et, sous le nom particulier de Semnons, sur la moyenne Elbe; puis, au milieu ou à côté d*eux, les llcrmuudures, établis au cœur de la (lermanie depuis la Werra et la Saale thuringienne jusqu'au Danube, et chez lesquels Tacite fait naître TElbe, probablement par erreur; les Vangions, les Némètes et les Triboques sur la rive gauche du Rhin, autour de Worms, de Spire et de Strasboui^g; les Harcomans et les Quades en face de la limite romaine du moyen Danube, en Bohème et en Moravie; les Longobards sur l'Elbe inférieure; entre TElbe et la Baltique les Angles et les Varîns, qui peut-être cependant étaient de race ingaevonne; plus loin au nord-est les populations vandiles des Hariens et des Buriens riveraines de TOder, les Ruiriens qui habitaient les i)ords de la mer Suève. et les Gotlions qui s'étendaient jusqu'au delà de la basse Vistule.
Tacite ajoute d'autres peuples encore, mais lui-même les déclare douteux entre les Germains et leurs voisins : parmi eux, les Bastarnes et les Peucins paraissent avoir été un mélange de Germains et de Sarmates, les Aeslyens et les Pennes appartenaient sans doute à la race finnoise, les Suions doivent être des Scandinaves et les Vénètes disputent aux Vandales Thonneur d*avoir laissé leur nom aux Wendes