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LES GERMAINS ET L EMPIRE ROMAIN

slaves. (Juant aux peuplades vraiment germaniques énumérées d'abord, nous S(jiiimes en droit de les considérer comme la souche principale des populations tudesques des temps modernes; mais leurs noms ont presque lous disparu depuis longtemps de la carte, et ce n'est que sous toute espèce de réserves que i*on peut rapprocher les tribus allemandes de Tépoque postérieure des trois grandes races distinguées par Tacite, en admettant que les Iscaevons sont représentés plus tard par les Francs, les Ingaevons par les Saxons ou Bas-Allemands, et les Herminons à la fois par les Thuringicns, les Souabes et les Bavarois, c'est-à-dire par la totalité des ilaut^-Aliemands.

Les empereurs du i*' et du u* siècle avaient étendu les limites du monde romain au delà du Hhin et du Danube; au m* et au iv* siècle, les Germains restés indépendants regagnèrent la frontière des deux fleuves et la franchirent à leur tour. Dès le règne de Marc-Aurèle, les Marcomans avaient mis en danger la ligne du Danube, et il avait fallu une série de campagnes pénibles pour les refouler; une invasion germanique plus générale, plus désastreuse dans ses efîels, eut lieu au milieu du siècle suivant, pendant Tépoque d auarchie vulgairement désignée par le nom de règne des trente tyrans : les provinces gauloises, les régions danubiennes, l'Italie elle-même furent envahies par terre et par mer par des hordes pillardes. Les empereurs illyriens, Claude, Aurélien, Probus, demi-barbares euxmêmes, rétablirent encore une fois Tascendant romain; ils exterminèrent ou réduisirent en esclavage les envahisseurs; ils relevèrent, exhaussèrent, complétèrent les lignes de défense; et surtout, pour neutraliser le danger toujours présent, ils enrôlèrent dans leurs légions des milliers de recrues germaines et lixèrent en deçà du limes romanus de nombreux colons barbares, à la fois agriculteurs et soldats. Eux-mêmes ««pendant déjà ne purent maintenir intactes les vieilles frontières : Aurélien abandonna aux Gotbsla Dacie, dont il trans-

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porta les citoyons en Mésie, au sud du Danube; la majeure partie aussi des champs déçu mates resta aux mains des Alle-

mans, malgré les victoires de Probus. Leurs successeurs do IV* siècle, Dioclétion, les Flaviens, les Valeiitinicns, Théodose le Grand, ne réussirent éfrilenicnt à arrêter le Ilot de l invasion germanique qu en armant les barbares les uns contre les autres et en leur faisant des concessions territoriales devenues inévitables; ils établirent ou laissèrent s'établir sur le sol de l'empire des colons militaires, des Lssti ou Latiani^ de plus en plus nombreux, voire des peuplades germaniques entières; ils composèrent leurs armées presque exclusivement de barbares, soit en les enrôlant dans les légions encore dites romaines, soit en en formant des corps auxiliaires d*' F(edevnti, désignés |)ar des noms germaniques; ils aiVublèrent leurs chefs de noms et de dignités romaines et les appelèrent aux plus hautes charges de la république; ils ne purent môme pas empêcher que certains d'entre eux, comme Magnence ou Sylvanus, n'usurpassent momentanément la pourpre impériale. S*il n'y avait pas encore invasion armée et conquête proprement dite de la part des Germains, la pression 8*accentuait sur toutes les frontières, en même temps (]ue l'infiltration individuelle dans Tannée et dans Tadminislration romaines préparait de longue main la rupture fmale de luules les digues.

L'emi)ire en imposait encore par sa masse, son étendue colossale, son organisation savante, le mécanisme régulier de son administration; les barbares eux-mêmes s'inclinaient avec respect devant la majesté d'un souverain absolu, qu*entourail une cour somptueuse et autour duquel se groupait la divine hiérarchie d*une armée de fonctionnaires; mais au-dessous de ces ap [carences grandioses tout était petitesse et misère, corruption et pourriture. Parquées dans les municipes par la fiscalité impériale, ou livrées sans défense aux pillages des bandils et des barbares, les populations urbaines et rusli(jues rivalisaient de bassesse et de làclieté; personne ne se souciait plus de porter les armes; petits et grands se

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