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L'BUROPB CBNTRALB A LA PIN DU IV SIÈCLE

ment iscacvonnes, qui du temps de Tacite occupaient les pays depuis TËms jusqu'à la Sieg et à la Werra, et dans elle ont dû se fondre en tout ou en partie les Sicambres, les Bructères, les Chattuariens, les Ghamaves, les Tubantes, les Gha-

suariens, les Chauques, les Chérusques, les Cattes et d'autres encore. La nalion rivale des Alicmans, c'esl-ù-dire des Hommes réunis (Aile Mannen) ou des Hommes de bien (Ahmannen), remonte un peu plus haut dans Thisloire; nous la trouvons meuLionnée pour la première fois sous le règne de Caracalla, qui en 213 ou en 214 acheta par des dons leur prétendue soumission. Elle aussi se rattache probablement par ses premières origines au groupe iscaevon, ayant d'abord compris, dit-on» les Usipiens et les Tenctères; mais elle grandit surtout par Fadjonction de populations herminonnes, en s'incorporant les tribus suèves du sud, Julhonges et autres, peul-ôlrc même une partie des llrrmundures et des Maiconians : de là le nom parallèle de Soualics, omployé cuncurremmenl avec celui d'Allemans dès répo(iue de Jurnandès et de Grégoire de Tours, bien que jusqu'aujourd'hui on distingue entre un dialecte allemannique et un dialecte souabe, le premier à Touest, le second à l'est de la Forêt-Noire. Les Allemans avaient d'abord directement avoisiné les Francs, qu'ils touchaient par TOdenwald et le Mein, dans la partie septentrionale des champs décumates; mais, refoulés au sud par les Bourgondes, ils avaient dans le cours du iv' siècle occupé tout le bassin du IVeckar, franchi le Danube à ses sûur( es, atteint le lac de (lousiaiicc; le mouvement de l'invasion allait leur permettre de s'étendre jusqu'aux Vosires et aux Alpes centrales, qui sont restées les limites délinitives de la race allemannique ou souabe. Quant aux Bourgondes, qui avaient pris la place des Allemans entre le Mein et le Neckar tout en les contournant k Test jusqu'au Danube, leur provenance parait avoir été beaucoup plus lointaine; si Ammien Marcellin et Orose ont affirmé leur origine romaine, il ne faut voir là qu'une étymologie malheureuse de leur nom, mis gratuitemenl en rapport avec les burgi ou forlili-

cations romaines en (ierinanie; ils appartenaient probablement anx Ilerminons septentrionaux, « l leurs premiers siège» ont dù être dans le voisinage de l Oder, où Pline connaît des Burgundioas et Tacite des Buricns; on a même voulu voir dans le nom de Vile de Bornholm, qui serait synonyme de Burguttderholm, une preuve persistante de leur séjour sur les bords de la Baltique.

Les AUemans et les Bourgondes menaçaient l'empire à la fois sur le Rhin et sur le Danube ; plus bas sur le second de ces fleuves, nous rencontrons une nouvelle série de peuples germaniques, les uns vieux ennemis des Romains, les autres récemment arrivés pour |)ren<lre leur part de la curée. Ce sont d'abord, à cùlé des Boiir^oiules, les Vandales Silinges, de race suève et originaires des rives de la Baltique. Plus à Test se rnainlenaieut encore, mais moins redoutables qu*autrcFois, les Marcomans et les Quades; peul-étre une partie d'entre eux s'élait-elle déjà jointe au groupe allemannique; le corps de la nation cependant était destiné à former, avec les Hermundures méridionaux et en absorbant sans doute aussi une partie des Rugiens et des Scyres, la grande tribu sédentaire des Bajoariens, Boiariens ou Bavarois, dont le nom, emprunté peut-être, comme plus tard celui des Uoliémiens slaves, aux souvenirs qu'avaient laissés dans ces régions les Boïens celtes, est mentionné pour la première fois au vi" siècle par Jornandès. Leurs voisins orientaux les Longobards avaient autrefois été établis sur r£lbe inférieure, où le BardcDgau est réputé conserver la trace de leur passage, mais ils avaient atteint le Danube dès Tépoque de Marc- Aurèle; la légende bien connue conservée par leur bistorien national, Paul Diacre, fait dériver leur nom des longues barbes postiches dont s'affublèrent leurs femmes à Tinstigation de la déesse Freya pour fixer les regards du maître des dieux, Wodan; il est plus simple cependant de le faire dériver de leurs longues haches d'armes. Eux aussi, comme les Marcomans, se sont prubahlciiuMil grossis plus lard d'une portion des Scyres et des Rugieus, d'après lesquels une partie

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