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LE ROYAUME PARTICULIER DE GERMANIE

naire, les ambilions rivales de ses iils, Tesprit d'indiscipline des grands vinrent en aide aux aspirations, confuses mais réelles, des différents peuples à former des individualités nationales, et la dissolution de l'empire, inévitable dès la fin du règ^e du fils de Charlemagne, s^accomplil officiellement lorsqu'il eut disparu de la scène. Le traité de Verdun partagea entre les petits-fils du grand empereur les provinces gallo-romaines, tudesques et italiennes qu'il avait réunies dans sa puissante main, et alors enfin prit naissance un royaume particulier de Germanie, que Charlemagne avait rendu jiossible, mais qu'il n'a pas iiiaujruré.

Louis le Germanique, qui en est le véritable fondateur, était le troisième iils de Louis le Débonnaire. A peine adolescent, il avait reçu en apanage la Bavière avec le titre royal, dans le partage éventuel de 817, par lequel le parti unitaire de l'empire, composé surtout du haut clergé, avait voulu assurer à son frère atné Lothaire, avec la dignité impériale, la succession à peu près totale de la monarchie franque ; dès qu'il eut atteint Tftge d*homme, le but constant de ses efforts fut d'augmenter sa part, en groupant autour de lui toutes les tribus d'outre-Uhin. Il y réussit jusqu'à un certain point du vivant' même de son père, quoique leur attachement à sa personne fût plus d'une fois primé par leur fidélité à l'empereur; il y réussit complètement lorsque la mort de Louis le Débonnaire posa la question entre Lothaire et lui. Une première victoire qu*il gagna le 13 mai 8il au Ries près de Noerdlingue, là où se touchent la Bavière, la Souabe et la Franconie, sur le général de son frère, Âdalbert, comte de Metz et duc des Francs orientaux, fut suivie six semaines plus tard, le 25 juin 841, par la bataille décisive de Fontenay, près Anxerre, oîi, de concert avec son frère cadet Charles le Chauve, il battit les armées réunies de leur frère aîné Lothaire et do leur neveu Pépin; la guerre, puis les négociations traînèrent pendant deux années encore; mais le partage de l'empire en portions à peu près éiraies entre les trois petitsiils survivants de Charlemagne n'était plus dès lors qu'une

question de temps; il fut ofliriellomout arrêté dans la conférence que les trois frères tinrent en personne à Verdun, au mois d'août 843.

L'aîné, l'empereur Lothaire, gardait, avec les deux capitales de Rome et d'Aix-la-Chapelle, l'Italie. et les provinces transalpines centrales, *]e[)ui8 désignées comme royaume de Lothaire ou Lotharingie, en attendant qu'elles se divisassent en un royaume de Lorraine au nord et un double royaume de Bourgogne au sud; au cadet .Charles étaient attribués les pays francs occidentaux , appelés Gaules an IX* siècle, mais qui depuis sont devenus le royaume de France; Louis était confirmé dans la possession de tonte la réuiou nord-est de l'empire comme roi des Francs orientaux, titre (jue ses successeurs ont écliauL'^é contre celui de rois de Germanie. Cette troisième et dernière part — car là il nous faut préciser — comprenait tous les pays à l'orient et au nord d'une ligne qui des bouches du Weser et du cours inférieur de TËms gagnait le voisinage du Rhin sur la Lippe inférieure, côtoyait à iiaible distance la rive droite de ce fleuve jusqu*à la hauteur de Bonn, le longeait ensuite jusqu'au-dessus de Bàle en enclavant sur la rive gauche les villes et territoires de Mayence, Worms et Spire, se dirigeait de la basse Aar vers le haut Rhône, et suivait enfin la chaîne principale des Alpes jusqu'à la vallée de la Drave; en d'autres mots, la Saxe avec la Thuringe mais sans la Frise, l'Austrasie Iransrhénane ou Franconie, avec Mayence, Worms et Spire en plus, non à cause de leurs vi^nohles, comme le veut l'annaliste Ré^inon, mais en qualité de sièges épiscopaux germaniques, l'AlIemannie avec la Rln'tie, la Ravière, et finalement les pays tributaires de la frontière de l'est. Le royaume de Louis le Germanique comprenait ainsi les quatre grandes tribus tudesques, pour la première fois réunies en un État particulier.

Le traité de Verdun, auquel on rapporte à bon droit Tori* gine des royaumes modernes de France, d* Allemagne et

dltalie, sortis tous les trois de l'empire franc, ne mil pas fin

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