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LE ROYAUME PARTICULIER DE QBRMANIB

les plus influents de leur région, aspiraient à grouper aulour d'eux la totalité de leur tribu, en même temps qu^iU tâchaient de rendre leur dignité héréditaire. Les vieilles jalousies et les haines séculaires de peuplade à peuplade, que n'avaient cessé de nourrir des institutions, des mœurs, an idiome et un droit différents, se montraient plus fortes que les principes d*unité politique et religieuse, la royauté et l'Église; au royaume de Germanie, avec son organisation cointale et épîscopale, se substituaient quatre Etats particuliers, quatre pt'tits royaumes {rrr/Nn), correspondant aux grandes lril)us lu(les(jues : c'étaient, au sud, l'Alleniannie ou Suualit', enlre les Vos<^es et le Lech , et la Bavière, à rorient de cette rivière; au centre, la Franconie, dans la vallée du Mcin; au nord, la Saxe, qui, agrandie delaThuringe et de la Frîs<\, couvrait toute la basse Germanie.

Tel était le déplorable état dans lequel le ûls d'Arnulf, Louis TEnfant, le dernier descendant mftle de Gharlemagne issu de Louis le Germanique, laissait le royaume des Francs orientaux fondé par le traité de Verdun, quand il mourut sans alliance en Tannée 9i1. A ce moment Taulre branche . carlovingienne, issue de Charles le Chauve, régnait de nouveau, après une écli|)se temporaire, chez les Francs occidentaux; mais le prinre qui portait la couroinie des Caulrs (c'était Charles le Simple) n'était j)as do force à revt'udicjui'r la succession vacante. 11 fut cependant reconnu comme roi par les Lorrains, rattachés plus ou moins directement à la Germanie depuis le rëgnc d'Arnulf; quant à la couronne du royaume tudesque, elle fut d'abord offerle par un certain nombre d*évëques et de grands au vieux duc de Saxe, Otton riUustre, pliis, sur son refus, à un autre seigneur allié par les femmes à la race carlovingienne, Conrad le Salien, qui exerçait Tautorilé ducale en Pranconie. Conrad accepta le titre royal, et, appuyé sur la tribu franconienne, il essaya de lui rendre quelque ascerulanl; mais, muluré l'appui du clergé, il ne réussit qu'à demi à faire reconnaître son autorité suprême pur les Souabes et les Bavarois; il échoua corn-

piètemeDt contre les Saxons el fut obligé de payer tribut aax Hongrois. Lai-mème il ne tarda pas à comprendre son impuissance, et depuis son lit de mort il envoya à son rival, le duc de Saxe Henri» fils d*Otton rillustre, la lance sainte, les bracelets d*or, le manteau, le glaive et de diadème des anciens rois (918). Par cet acte symbolique, les Francs aban > doFin.iioiil la prééminence parmi les peuplades germaniques à leurs vieux adversaires les Saxons; ce fut le salut de l'œuvre civilisatrice aceonij)lie par Cliarieiau^^^nc au delà du Rhin : la dynastie saxonne a refoulé l'invasion païenne, établi l'unité nationale de la Germanie, et fondé un empire tiidesque qui pendant des siècles a dominé dans toute l^Ëurope centrale, en faisant reconnaître au loin sa prééminence aux populations slaves et latines.

Cil APURE 111

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AU MOYEN AOB

Le royaume de (iennaiiie, fundé par le potit-fils de Charlemagne Louis le Germanique, puis définitivement constitué par la dynastie saxonne, avait déjà sous les empereurs Charles le Gros et Aroulf, le fils et le petit-fils de Louis le Germanique, occupé momentanémeot le premier rang parmi les Ëtats carlovingiens; en réunissant à TAUemagne les pays limitrophes situés au couchant, au levant et au midi, en acquérant la dignité impériale indissolublement unie à la royauté tudesque, les rois et empereurs de la maison de Saxe assurèrent pour des sii'cles la pré<''tninonce dans toute l'Europe féodale du saint o/ijt'rr ronnnn de undo» ;i>'nnanique. Mais, à poursuivre la graiulc vA chimérique idée de refaire un empire universel, d'exercer la direction suprême sur la chrétienté occidentale entière, trois illustres dynasties, les trois familles souveraines issues de la Saie, de la Franconie et de la Souabe, usèrent leurs forces dans des luttes aussi fatales que glorieuses; les annexes de Tcmpire s*en détachèrent, la Germanie elle-même échappa à ses souverains pour se fraclionncr m uiu' multitude de lorriloires à peu pn's indépendants; de la irrandeur évanouie de leurs prédécesseurs il no resta iiui-re aux empereurs, à partir du xm* el du xiv*" siècle, que de vains litres, des droits sans

sanction efficace, et tandis que leurs voisins do Touesl, les rois de France, qui avaient débuté bien plus modestement qu*euz» achevaient de concentrer en une puissante unité politique et territoriale toutes les forces de leur royaume héréditaire, eux, les élus de leurs égaux de la veille, ils ne furent bientôt plus monarques que de nom, du moins en dehors des limites de leur patrimoine princier, et se virent réduits à une espèce de présidence d*honneur dans la république * des anciens feudataires et sujets de Tempire. Avant la fin du moyen âge la révolution était consommée, et les multiples États de i'Kuropi' centrale moderne avaient pris naissance.

Les deux premiers princes de la dynastie saxonne ou ludollinirienne, Henri V\ qu'on appelle vul^-airement rOis<v leur quoiqu'il ait bien mérité son autre et plus beau surnom de Père (fr la pairie (919-03G), et son lils Oiton I'', qui porte à bon droit la qualification de Grand (936-973), sont, bien plus que les princes carlovingiens issus de Louis le Germanique, les continuateurs de son œuvre dans la fondation du royaume d'Allemagne. Ce sont eux en elTet qui ont réussi à unir d'une façon durable, en un seul peuple, en un seul Etat, les quatre grandes tribus nationales de la Germanie carloving-ienne , Franconiens, Souabes, Bavarois et Saxons, en snl>oi"<lonnant à une unité politique supérieure leurs territoires, tjui |»récé(lrmment formaient presque autant de petits royaumes, des ret/n/i, comme nous l'avons dit j)lus haut. Mais ils ne parvinrent pas à opérer une véritable fusion entre les diiïérentes nationalités tudesques; les autres tribus reconnurent l'autorité suprême des chefis du peuple royal des Saxons, acceptèrent des ducs de race saxonne, qu'on leur imposa par la force ou qu*on maria aux héritières des dynasties indigènes; elles n'en continuèrent pas moins à prétendre à une existence autonome. Le vrai centre commun, c'était la personne royale ; même Otton le Grand était avant tout le père de famille, le patriarche, dont les ducs nationaux étaient les lils, les coinincnsaux, les clients. Ainsi dès le début le lien qui reliait entre elles les dillerentes

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