‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 48 sur 134 · UNITÉ UELATIVE DE LA GERMANIE · texte numérisé non relu

UNITÉ UELATIVE DE LA GERMANIE

méJiaire entre l'Elbe et l'Odor, comme dans les pays de la haute Lll)e, du moyen l)anube et de la Drave supt-rieure; les nouveaux diocèses de Praj^^ue et d'Olmutz, d'AldenhourL'", de Sehioswick, de Uipen et d'Aarhuus, ajoutés aux provinces ecclésiastiques de Mayencc et de liambourg-Brème, la nouvelle métro]>oIe de Magdebourg surtout, avec ses sièges suffraganls de Uavelberg, de Brandebourg, de Meissen, de Mersebourg et de Zeitz (ce dernier plus tard transféré à Naumbourg), en même temps qu'ils préparaient le triomphe du christianisme, favorisèrent la colonisation germanique, dont Magdebourg, la grande création d*Otton le Grand (1)08), fut et resta le principal centre; mais dans la plupart des contrées que nous venons d'énumérer la domination allemande no fut que fort éphémère; dans plusieurs le paganisme hil-Mièine ne fut pas sérieusement entamé. Les Danois reprirent la ligne de l Eider après de longues luttes autour du Vanevir/ie, le rempart frontier construit par eux plus au nord, à rétrangiement de la péninsule Cimbrique que forme la Schlei; les ducs bohémiens se rattachèrent de préférence à la Pologne et ne conservèrent que des rapports douteux avec l'empire ; le pays wende enfin, durement tyrannisé par les seigneurs et les évëques saxons, se souleva en masse en 983, la dernière année du règne d'Otton II. Les Allemands qui, pour employer les paroles du chroniqueur Thietmar de Mersebourg, avaient d'abord fui comme des cerfs devant les Slaves, Unirent par les rejeter de l'autre coté (le I Klbe; mais sur toute la rive droite du ileuve, dans la moitié inférieure de son cours, la conversion et la conquête se trouvèrent du même coup arrêtées pour deux siècles. Les ilavéliens, les Liutizes et les Obotrites retournèrent à leurs idoles; les évèchés de Uavelberg et de Brandebourg furent détruits, celui d*Aldenbourg réduit à végéter tristement; des conquêtes saxonnes en pays wende il ne resta guère d'acquis au christianisme et à l'Allemagne que le pays des Sorabes de la Misnie et de la Lusace, lui-même disputé aux Allemands par les Bohémiens et les Polonais.

238 GÉOGKAPliiK IIISTOUIOLK DE L'ELUOPE CENTUALE.

Plus heureux que leurs collègues septentrionaux, les marquis bavarois de l'Autriche non seulement ne perdirent rien de leurs conquêtes plus modestes, mais continuèrent à les étendre dans la vallée moyenne du Danube pendant toute la

durée du xi" siècle.

Il nous resh' à ])arler des acquisitions les plus brillantes, sinon les plus uliles, de la dynasUe saxonne, la couronne royale d'Italie et la couronne impériale d'Occident. Ce fut Otton le Grand qui les prit Tune et l'autre, la première en 951 et définitivement en 9G1, par droit de conquête, la seconde au mois de janvier ou de février 962, des mains du pape Jean XII: ses successeurs les portèrent après lui, Tune pendant près de trois cents ans, Tautre jusqu'au commencement du XIX' siècle. Du droit de la couronne de fer des anciens rois lombards, les rois saxons unirent à TAllemagne ritalie septentrionale et centrale, mais non l'Italie méridionale, où ils ne parvinrent pas à prévaloir sur les Bénévenlins, les Grecs, les Arabes, plus tard les Normands français; ils laissèrent aux Italiens leurs lois et leurs diètes, mais posèrent en principe que le roi (rAUemagne était à ce titre, de {)Iein droit, roi des Lombards aussi. Comme héritiers de Cbarlemag-ne, comme successeurs du divin Théodose et du divin Justinien, les nouveaux césars prétendirent à la suzeraineté universelle sur la chrétienté latine, de compte à demi avec le pontife romain; désireux de renouer la chaîne des temps, de mettre à leur tour leur domination sons régfîde du nom magique de la ville éternelle, ils firent de Runie leur capitale d'bonneur, y fixèrent môme momentanément leur résidence, comme le lit Otton III dans son enlbousiasine nialadif [)our la cilé du Tibre; mais le vrai centre du saint empire romain de nation germanique n'en resta pas moins le royaume ludes(]utv, la couronne impériale, romaine, universelle, reposa avant tout sur la Germanie; elle lui est demeurée en propre, comme un vain ornement il est vrai, presque jusqu*à nos jours.

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