L'ALLEMAGNE AU MILIEU DU XV' SIÈCLE
de Mayence, de Trfeyes et de Cologne, du roi de Bohême, du comte palatin du Rhin, du duc de Saxe et du margrave de Brandebourg; à chacun de ses sept membres fut invaiialilemenl attribué un des sept grands offices de la couronne, à savoir, aux trois pn'dats les dignités d'archichancelier {archicancellarius, Heichserzkanzler) en Germanie, en Arélat et ea Italie, aux quatre princes laïques celles darchiéchanson (archifincema, Erzschenk), d'archiécuyer-tranchant {dapifetf Truehses8)f d'archlmaréchal {arehtmaresealcus, Erzmar" sehallj et d*archicharobellaD (arehieamerarius, Erzkaemmerer) ; ensemble ils furent, selon le langage symbolique de Tépoque, les sept flambeaux de Tempire, les sept colonnes du temple, et leurs lettres de conseniemcni {Wiilebriefe) furent réputées nécessaires pour tous les actes importants du pouvoir impérial.
Au point de vue territorial également, l'élément aristocratique, princier, prévalut de plus en plus dans lenipire pendant les derniers siècles du moyen âge; les villes libres, les territoires de la noblesse immédiate, les cantons de paysans autonomes ne formaient plus que des enclaves de plus en plus insigniflantes des territoires des ^princes ecclésiastiques ' et laïques; mais, tandis qu'en diète, dans le collège des électeurs comme dans celui des princes, les membres de la hié-' rarchie ecclésiastique occupaient le rang d'honneur, leurs Etats ne pouvaient se mesurer avec ceux des maisons princières, ni comme étendue et comme population, ni comme richesse et comme puissance.
Nous ne tenterons même pas de faire un essai de statistique du corps germanique au milieu du xv" siècle; constatons seulement à cet égard les faits les plus essentiels. Ainsi que nous venons de le dire, la majeure partie du territoire de Tempire était partagée entre les dynasties princières, lesquelles, très nombreuses par elles-mêmes, se divisaient de plus presque toutes en plusieurs branches corégnantes. Parmi elles s*élevaient déjà, avec des possessions territoriales plus ou moins étendues, les maisons souveraines deTAllemagne contempo-
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274 (iEOGUÀPillti HISTOaiQUË DE L ËlllOPE CEMTUÂLË.
raine. En première ligne venaient les Habsbourg, mattres de toutes les provinces sud-est de Tempire, et qui, quoique en leur qualité de ducs d'Aulriclie ils ne siégeassent que dans le collè^^e des {^rinces, reprenaient à ce moment mùme ù litre presque liéréditairc la couronne impériale décerni'e par les électeurs. Comme eux régnaient en i>ays anciennement slave, Jadis conquis et colonisé, el, par suite, moins morcelé et roienx }dié à Tobcissance, les Hohenzollern du Brandebourg et les Wetlin de la Saxe, alors encore égaux en puissance, tandis que dans les contrées de vieille souche germanique le premier rang était tenu par les Wittelsbach tant bavarois que palatins et par les Welfs du Brunswick el du Lnnebourg. Les dynasties d'Oldenbourg-Holstein et de Mecklembourg, de Wurtemberg et do Hesse, de Bade et de Nassau, pour ne nommer que les plus connues parmi les maisons princières modernes, se plaçaient à un ou plusieurs degrés plus bas. Kniin mentionnons encore quebpies Etals ou territoires, alors plus ou moins importants, et qui, dans les deux siècles suivants, cessèrent de former des États particuliers : c'est avant tout le royaume de ]^dlème avec ses grandes annexes; puis la Poméranie, le long de la Baltique, et, sur le bas Rhin, les pays de Glèves, Juliers et Berg.
Moins nombreuses, et en général plus exiguës, étaient les principautés ecclésiastiques. Nous indiquerons tout à l'heure les plus importantes d'entre elles ; mais auparavant profilons de l'occasion qui s'offre à nous, pour présenter dans son ensemble la division ecclésiastique de l'Allemagne, telle qu'elle existait à la fin du moyen Age et à la veille de la Héforme. Au milieu du xv" siècle la (lermanie comptait sept églises métropolitaines, Mayence, Tri'ves, Cologne, liréme, Magdebourg, Salzbourg et Prague, auxquelles, à la rigueur, on pourrait ajouter celle de Besançon, puisque, comme nous lavons dit, la partie septentrionale do l'ancien royaume d'Arles était restée Jusqu'à un certain point annexée à l'empire. Do ces sept provinces ecclésiastiques, celle de Mayence, métropole primatiale de la Germanie, était de beaucoup la