‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 55 sur 134 · L'ALLEMAONE AU MILIEU DU XV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

L'ALLEMAONE AU MILIEU DU XV* SIÈCLE

plus vaslc, car elle s'élemlait des sources du Hhin à la basse £lbe, et comprenait, même en ne pas tenant compte du siège exempt de Bamberg, les douze diocèses sufTragants de Coire, Constance, Strasbourg, Spire, Worms, Paderborn, flildesheiro, Verdea, Halberstadt, Wurabourg, Ëîchstaedt et Augsbonrg. A Touest, les deux métropoles de Trêves et de Cologne couvraient. Tune les pays do la Moselle et de la Lahn inférieure, Tautrc ceux du bas Rhin et de TËms, et comptaient, la première trois, la seconde cinq sièges subordonnés, à Metz, Toul et Verdun d'une pari, à Liège, Utreclit, Mnnsfer, Osnabruck cl Minden de l'autre. La province de Brème, avec ses trois évècbéssuiTraganls de Lubeck, Katzehourir et Scliwérin, auxquels nous pouvons ajouter révôcbé exempt de Cammin, longeait les deux mers septentrionales. Au nord-est, l'église métropolitaine de Magdebourg comprenait, par elle-môme et par ses cinq diocèses safTragants de Mersebourg, Naumbourg, Meissen, Brandebourg et Havelberg, la région de la moyenne Elbe. Au sud-est, la province de Salzbourg correspondait aux pays do moyen Danube et des Alpes orientales et renfermait, en dehors des petits évêchés de Gurk, Chiemsée, Seccau et Saint-André de Lavant, les quatre grands évèchés de Brixen, Frisingue, Hatishonne el Passau, sur la vaste circonscription du dernier desquels allait être découpé, avant la lin du xv" siècle, le nouveau diocèse de Vienne en Aulricbc. Enfin la métropole de Prague, qui n^avait été érigée qu'en iB44 aux dépens de Mayencc, comprenait la Bohème et la Moravie, et avait Olmutz pour principal siège suffragant. Pour compléter rénumération des diocèses qui, au milieu du XY* siècle, peuvent être considérés comme allemands, il ne nous reste à citer que Cambrai dans la province de Reims, BAle et Lausanne dans celle de Besançon, Genève et Sion dans celles de Vienne sur le Itliône et de Mouliers-en-Tarantaise, 'J'rente et Trieste dans le patriarcal d'Aquilée, et Brcslau et Lébus dans la })r()vince de (Inesen.

Les archevêchés et évèchés dont on vient de lire la longue liste couvraient, en tant que circonscriptions ecclésiastiques.

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le territoire de la Germanie entière; en tant que principautés

épiscopales, ils n'en occupaient qu'une médiocre partie. Tous les sièp-os épiscopaux, il est vrai, si l'on fuit abstraction de quel(in('s-nns de ceux qui avaient été néés en pays slave, et de plus un certain nombre (ral)bayes priviléi-iées, conféraient k leurs titulaires le rang de {trinccs d'empire, grâce aux possessions des saints patrons de leurs églises, sur lesquelles ils avaient la supériorité territoriale ou quasi-souveraineté; mais la plupart d'entre ces principautés ecclésiastiques étaient de dimensions fort restreintes; quelques-unes seulement comprenaient des territoires d*une plus vaste étendue. Parmi les abbés les plus puissants, il faut citer ceux de Fulde, de Corvey, de Hersfeld et de Saint-Gall, dont le dernier d*ailleurs était sur le point de se séparer de l'empire avec ses alliés «b'S lii^ut'S suisses; les évècpies les plus ricbes en terres étaient ceux de Lièi;e, de Munster, de Wurzbourtr et de Hainberg; tous les métropolitains, à l'exception de celui de Prague, ou, en d'autres mots, les six archevêques de Mayence, Trêves, Ologne, Brème, Magdebourg et Salzbourg, étaient souverains de territoires considérables. Deux prélats portaient même le titre ducal : Tarchevèque de Cologne prétendait au duché à la fois en Westphalie et en Lorraine, et Tévèque de Wurzbourg, dont les possessions s'étendaient sur une portion notable de la Franconie orientale, s'intitulait duc (le ce pays.

11 y avait donc au moins (juçbjucs-uns de ces princes initrés qui pouvaient rivaliser, pour l'étendue et Timporlance de leurs domaines, avec les princes laïques du .second rang; aucune des villes libres et impériales, fort nombreuses surtout dans les contrées du Uliin et du Danube supérieur, ne pouvait avoir cette prétention : leurs territoires finissaient en général aux limites de leurs banlieues, auxquelles quelquesunes seulement ajoutaient la possession de quelques bailliages. A la téte des cités libres d'origine épiscopale marchaient Ratisbonne, Bâle, Slrasbourg^, Spire, Worms, Colog^ne, et, jusqu'à leur asservissement dans le courant du xv" siècle

L'ALLBM AQNB AU MILIBU DU XV* SIÈCLE.

encore, Mayence el Magdebourg; Francfort- sur-le-Mein, Nuremberg, Uim et Lubeck tenaient le premier rang parmi les manlcipes autrefois royaux; Augsbourg participait de la nature des deux espèces de villes. Quant aux biens parcellaires de la noblesse immédiate et aux rares cantons de paysans libres, ils ne formaient également que des exceptions peu considérabli's. Les premiers n'existaient guère qu'en Souahc; et en Franconic, l'Allemagne la plus allemamle de la fin du moyen Age; les autres iravaiont de l'impoiiance que dans les montagnes al{)eslres de la Suisse, dont les habitants étaient déjà à demi détachés de Tempire, et dans les pays de digues des basses terres frisonnes, où l'autorité princiëre n'avait pas encore réussi à s'établir sur les ruines de la vieille autonomie républicaine.

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