‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 57 sur 134 · RÉSULTATS POLITIQUES DE LA RÉPORMATION · texte numérisé non relu

RÉSULTATS POLITIQUES DE LA RÉPORMATION

berg" (1547) dos confédérés de Sinalcalde, gràco à ses soldais espagnols cU italiens, parut à la diète d'Auçsbonr^\ (|u"il tint l'hiver suivant, assez disposé à suivre l'avis du duc d'Albe, qui lui conseillait de faire des princes ecclésiastiques cl laïques du saint empire des chapelains et des grands d'Espag:nc; de son droit césarien il destitua 1 électeur Jean-Frédéric de Saxe, retint prisonnier le landgrave Philippe de flesse, trancha par YInterim ou ProTisoiro d^Augsbourg la question religieuse : mais son allié du moment, le nouvel électeur de Saxe, Maurice, ne tarda pas à se rappeler qu'il était luthérien et souverain; il sig^na, à Frîedwald et à Chambord, des traités avec notre roi Henri II, et, avec le concours de ce chainpion (le la liherir (/ci'manique et des pnnces captifs, il dicta au vieil empereur la liansartion de Passau (1552), qui mit à néant tous ses projets politiques et religieux. Quatre-vingts ans plus tard, dans la première moitié de la cruerre de Trente Ans, après les batailles de Dessau et de Lutter (162G), Wallenslein, à la tête de son armée de mercenaires, manifesta à son tour l'intention d'établir un empereur unique, comme la France et l'Espagne avaient un seul roi; les troupes impériales inon^ dèrent la basse Allemagne, tinrent la main à la confiscation de plusieurs duchés et principautés laïques, commencèrent à exécuter Védtt de restitution de 1629, qui mettait à la disposition de Tctiipercur toutes les priiicipaiilés ecclésiastiijues du nord : mais la pt)lili((ii(' de Richelieu réunit à la diète de Hatisbonne ( ll»30) tous les princes alh^nands, tant catholiques que protestants, en une opposition commune aux velléités absolutistes de Ferdinand II, lit renvoyer Wallenstein au moment même ou Gustave- Adolphe débarquait en Poméranie, engagea la France elle-même dans la guerre quand les forces de la Suède vinrent à faiblir; et les traités de Westphalie mirent fin pour toujours aux tentatives de restaurer le pouvoir monarchique en Allemagne, en inscrivant dans le droit public européen la quasi-souveraineté ou supériorité territoriale (jus territoriale, jus superioritatis, Landeshoheit) des États d empire.

Ces traités de Westphalie, signés à Munster avec la France

et h Osnabruck avec la Suède (24 octobre 1648), eurent une imjMiilaiico tout à fait exceptionnelle pour TAIIemagne, tant au point de vue ^\^^ sa constitution (]u'à celui de ses frontières. Ils annulèrent définitivement, comme nous venons de l'indiquer, l'aulorilé de l'empereur en sa qualité de roi de Germanie; ils commencërent à faire disparaître un des éléments constitutifs du saint empire en prononçant la sécularisation des principautés ecclésiastiques du nord; ils légalisèrent rintervention de l'étranger et ses alliances dans Tempire ; ils ratifièrent enfin toute une série d'actes, anciens ou récents, qui avaient successivement dépouillé rAllemagne d*une partie de ses provinces au sud-ouest et au couchant.

C'est par eux en effet que la Suisse, qui déjà lors de la formation des cercles s'était tenue à l'écart, et la partie septentrionale du cercle de Bourgogne, en d'autres termes la répul»li(|uo des sept provinces unies des Pays-Bas, abjurèrent toute communion politique avec l'Allemagne: par eux aussi que furent cédées à la France une partie de la Lorraine et l'Alsace presque entière. La première de ces cessions ne faisait que régulariser une usurpation séculaire; en effet, les trois évèchés et villes de Metz, Tout et Verdun, lesquels étaient français de langue et tentaient depuis longtemps Tambition de nos rois, avaient été offerts à Henri II par les princes protestants ligués contre Charles-Quint, pour acheter son concours pécuniaire et le décider à une diversion utile à leur cause; le lils de François I" s'était lu\té d'obtempérer au désir exprini»' par eux de le voir s'hnpatroftisrr nu />h(S tôt (Idfis CCS r/Y/cs (f empire ijui ii étaient ]uis tle lancjue i/ernifi' nique {1.');>2), et avait môme tenté, sans succès il est vrai, d'y ajouter Strasbourg, qui en était indubitablement; puis il avait repoussé l'attaque furieuse de Charles-Quint contre Metz et était resté, sans cession formelle, en possession des trois évèchés, que l'empire n*avait plus essayé de reconquérir, et qu'il abandonnait maintenant en droit aussi. Quant à TAlsace, qui, elle, était presque entièrement de langue alle-

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