RESULTATS POLITIQUES DE LA HËFOHMATION
iiiaiule, ollo f5lait occupée en majeure partie par des g-arnîsons françaises ilepuis qu'à la mort du duc Bernard de Saxe- Wpimar, qui en avait fait la conquête sur les troupes impériales, Richelieu avait acheté ses généraux et son armée (1639); la paix de Westphalic ahandonna à Louis XIV toutes les possessions et tous les droits qu'y avaient Tempereor et la maison d'Autriche, dans des termes assez élastiques pour que le roi pût soumettre plus tard à son autorité absolue le pays entier, bien que la cession formelle ne comprit que TAIsace autrichienne, c'est-à-dire les landgravials de Haute et de Basse-Alsace, le comté de Ferrette, la ville de Brisach et Tavouerie de Basse-Alsace ou préfecture de Ilaguenau. Il avait été question d ahord de conférer T Alsace au roi de France au même titre auquel la couronne» de Suède prit la Poméranie citérieure, Stettin, Rugen, Wisniar, les évèchés de Brème et de Verden, c'est-à-dire comme lief d'empire; mais des deux côtés on préféra une cession eu toute propriété, l'empereur se défiant d'un vassal trop puissant, et Mazarin sachant fort bien que le protectorat de la liberté germanique, stipulé en faveur de la France et de la Suède en leur qualité de garantes de la paix, assurait plus que suffisamment h son maître le droit d'intervenir dans les affaires allemandes.
Voilà pour les nouvelles frontières données à Tempire; à
l'intérieur la sécularisation de la majeure partie des principautés ecclésiastiques de la hassc Allemagne lit disparaître définitivement de la liste des princes allemands, malirré les protestations du saint-siège, les deux archevêques de Brème et de Magdebourg et les neuf évêques de Ratzebourg, Schwérîn, Cammin, Mersebourg-, Naumbourg, Meissen, Verden, Ualberstadt et Minden, plus l'abbé de Ilersfeld et quelquesuns de ses confirères moins puissants, dont les États furent assignés en guise dlndemnités à la Suède et aux maisons princières de Brandebourg, de Saxe, de Mecklemboui^, de Hesse et de Brunswick. D^autre part, les derniers liens qui rattachaient entre eux les différents membres do Tempire
2b0 UEUliUAlMllE lIISTOaiClLE DE L'EnUOPE CENTRALE.
furent sinon dissous, du moins fort relâchés : chaque État, dorénavant inyesti de la quasi-souveraineté sous la garantie expresse de l'Europe, fut officiellement autorisé à contracter des alliances particulières tant avec d*autres Etats allemands
«{u'avt'c IV'lran^^or; la compétence de la dièle, (juOn avait jusqiio-là toujours réservée, en théorie du moins, fui annulée, pour tout (0 qui touchait aux alTaircs religieuses, parle veto accordé au corps évaogéiique.
Depuis les traités de Westphalic jusqu'à l'époque napoléonienne, c^est-à-d ire pendant un siècle et demi, le saint empire romain, qui au dire de Voltaire n'élait ni saint, ni romain, ni même un empire, traîna une misérable agonie, trop souvent rendue ridicule par le pédantisme germanique. Il y avait toujours un empereur, cl cet empereur, malgré les proportions dérisoires auxquelles était réduit son pouvoir impérial, continuait même à exercer une influence très réelle dans l'empire, tant parce que, en sa qualité de chef de la maison de Habshourgr-Autricho. il était le souverain de hcancoup le plus puissant de rAlIcina:.' ne, que j)arce (jue les membres les plus faibles de la communauté, noblesse d'empire, villes libres, princes ecclésiastiques, se groupaient habiiueliemenl autour de lui, comme autour d'un prolecteur contre leurs voisins princiers; mais le lien politique et national qui réunissait les différentes parties de l'empire, ou, pour employer la nouvelle terminologie officielle, les différents membres du corps (jermanitfue, allait s'affaiblissant sans cesse, et les institutions communes encore existantes n'avaient presque plus aucune portée. La chambre impériale, qui depuis 4691 siégeait à Welzlar, et le conseil aulique de \ ienne, auquel ressortissaient les affaires réservées à rempereur, n'arrivaient que raremerït à conclure dans les interminables procès engagés devant eux, et (juand ils y réussissaient par hasard, ils n'avaient pas les moyens de faire exécuter leurs sentences, pour peu qu'elles fussent désagréables à quelque prince puissant. La diète, devenue perpétuelle à Ratisbonne depuis Tannée 1663,