‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 71 sur 134 · PIN DU SAINT-BMPIRB ROMAIN · texte numérisé non relu

PIN DU SAINT-BMPIRB ROMAIN

de la Prusse et des États moyens, et exposée ii la j)r('Ssioii conliauc de la diplomatie française et russe. On avait pu mailler et bouleverser, non pas réformer et régénérer Taatique saint-empire; ce qui en subsistait se réduisait par le bit à un ensemble do formes vides de sens : elles aussi disparurent enfin, quelques années plus tard, à la suite de la guerre victorieuse que le nouvel empereur des Français fit, en 4805, à l'empereur François II. La paix de Presbourg avec l'Autriche (26 décembre 1805) et le traité de Vienne avec la Prusse (15 décembre 1805) inau «jurèrent en Allemagne la série des remaiiiemeiils territoriaux qui sont comme le caractère disliurlif de l'époque iKqioléonicune : les alliés de la France, lîaviére, Wurtemberg et Bade, furent agrandis aux dépens de l'Autriche, la première aussi aux dépens de la Prusse , amplement dédommagée par le Hanovre; l'ancien grand-duc de Toscane, Ferdinand III, quitta son électorat de Salzbourg, à peine créé pour lui, pour devenir, par cession bavaroise, électeur de Wurzbourg; puis le beau-frère de Napoléon, Joachim Murât, fut proclamé duc de Berg cl de Clèves, pays cédés par la Bavière et la Prusse, avec Dusseldorf comme caj)ilalc (mars ISOtj); mais de plus et surtout, certains articles de la paix <b' Presbourg . étaient inconciliables avec une durée [dus loiiL'ue de Tempiro germanique. Déjà un an avant la guerre, en prévision de la fin prochaine de son titre d'empereur élu dWIlcmagne, François II y avait ajouté de sa propre autorité celui d'empereur héréditaire d'Autriche (11 août 1804); la stipulation du traité qui attribuait la dignité royale aux électeurs de Bavière et de Wurtemberg, celle qui leur assurait, ainsi qu*à l'électeur de Bade, la toute ou pleine souveraineté à la place de Pancienne quasi-souveraineté ou supériorité territoriale, Pexpression même de Confédération germanique qu'on rencontre dans le traité de paix, tout prouve qu'à hi lin de Tannée 1805, aux yeux de tous les contractants, le saintempire n'était plus viable. L'ancieime forme polili(jue de PAliemagne avait évidemment fait son temps; l'embarras

portait sur ce qu'on (lovait y sultstiliier. Les trois dynasties socondaircs de l'Allemagne méridionale qui, placées entre rAulricbe vaincue et la France victorieuse, éprouvaient le plas vivement le besoin do donner quelque stabilité à leur ancien patrimoine et à leurs nouvelles acquisitions, négocièrent en secret à Paris, avec Tempereur des Français, une association destinée à assurer la paix intérieure et extérieure de leurs États; puis, les conditions de la ligue arrêtées, rentrée en fut ofTorte à un certain nombre de princes de rAllematrnc niériiiionalo et occidentale, el, le 12 juillet 1806, la nouvelle confrtli-rdtinn du lîltni fiil signée dans la capitale de la France. Trois semaines pins lard, le f'' août 1806, Napoléon I'' d'une part, ses alliés de l'antre, faisaient remettre à Hatishoime leur double déclaration qu'ils ne reconnaissaient plus Tempire, pour cause d^inauffisance complètCf et, sans hésitation aucune, le dernier empereur romain, François II, y répondait le 6 août 4806 par un manifeste oii il était dit que, vu Timpossibililé oit il se trouvait de remplir plus longtemps ses devoirs comme empereur, il se regardait comme délié de ses obligations envers le corps germanique et déliait rérijïrnquement tous les membres de l'empire de leurs devoirs conslilul ionnrds. Ainsi prit fin le sainl-enipire romain de nation uiMinanique, fondé huit cent quaranle-qnalrr ans auparavant par Ullon le (irand; les esprits superstitieux avaient prédit que Frauçoisll, dool le portrait remplissait le dernier panneau dans la salle impériale au Roemer de Francfort, serait le dernier des césars germaniques; la seule chose dont il y eût lieu de s*étonner, c*était que leur liste eût pu se continuer jusqu*à lui.

L*acte constitutif de la confédération du Rhin du 12 juillet 1806 opérait dans rAIIemagfno du sud et de rouesl des modifications territoriales et politi(pies In'en plus radicales encore que celles qu'avait consacrées le recez de t80'{ ; non contente, en efîet, de stipuler une foule d'éclianges et d apurenieiils de frontières eulre ses membres, il conLinuait l'œuvre ébau-

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