‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 76 sur 134 · MOI · texte numérisé non relu

MOI

fiôOt

ai 000 :^ooo

iâlï^OOO 631121^

Lippe, Waldeck et Brunswick étaient complètement ou

presque complètement protestants; le Hanovre rétait aux sept huitièmes, la Ucsse électorale aux six septièmes, Francfort et Oldenbourg aux trois quarts, le Wurtemberg ot lli ssc- Darmstadt aux deux tiers, la Prusse allemande aux trois cinquièmes; le seul Nassau était également partagé entre les deux confessions. En termes plus simples, des trois grands groupes de la Confédération germanique, rAutriche était exclusivement catholique, tandis qu'en Prusse les protestants étaient aux catholiques dans la proportion de trois à deux, et dans la Petite-Allemagne dans celle de deux à un.

Tant au point de vue de la confession religieuse qu'à celui de la race, la Prusse était, on le voit, bien plus homogène à la Petite-Allemagne que ne l'était rAutriche, même si l'on fait abstraction des nombreuses provinces slaves, hongroises, italieoaes, que comprenait en dehors de la confédération la monarchie polyglotte des Habsbourg; il était tout naturel par conséquent que les sympathies des partisans de l'unité allemande fussent tournées du côté de Berlin plutôt que de celui de Vienne. Néanmoins ce ne fut pas par un accord pacifique, ce fut par la décision des armes que les pays germaniques furent en 4866 subordonnés à la politique prus* sienne. Le grand ouvrier de la prussification de PAUemagne, M. de Bismarck, avait, bien avant que le roi Guillaume 1*' lui confiât le ministère des alîaires étrangères (22 septembre 1862), acquis la conviction que la Prusse n'arriverait jamais k accomplir son rêve de suprématie allemande autrement que par la force, et en évinçant violemment l'Autriche de la confédération; avec une habileté merveilleuse, il sut engager , dans les meilleures conditions possibles , le conflit qu'il jugeait inévitable. Par un premier coup de maître, il réussit à entraîner le cabinet autrichien dans la guerre du Schleswick, commencée, conduite et terminée au mépris de la diète germanique: puis, après la spoliation du Danemark consummée en commun, il assaillit et fatigua sou alliée

330 GEOGUAPIllH HibTOUigUE DE L Ël'UUPË CENTRALE.

de réclamaliona et de menaces, tant pour le partage da butin que pour la réorganisation politique de l'Allemagne. En

iiK^mc temps, il conlinuail à pousser ses armements, s'assurait <1(> la neulralité bieiivoillantc de la France, iiéiro< iait une alliance ofleosive et défensive av»'C l'Ilalie et multipliait les pro^/rammes capables de concilier à ses projets l'opinion publique de la Prusse et de l'Ailemagne : la circulaire du 24 mars i866, destinée à agir sur le patriotisme prussien , posa en principe que la Confédération germanique était à refondre, de façon que la première place en diète et la direction militaire dos États secondaires reyinssent au roi de Prusse; la proposition déposée à Francfort, le 9 avril 1866, en vue du mode de réforme du pacte fédéral, demanda, comme auraient pu le faire les chefs du parti démocratique, la convocation d'un parlement alUmand élu direclement par le suffrage universel ! L'Autriche et les princi[)aux Etals secondaires, également menacés par l'ambition prussienne, se coalisèrent alors contre le cabinet de Berlin; et lorsque, passant des paroles aux actes, le premier ministre du roi Guillaume eut fait expulser du Holstein les troupes autrichiennes, la majorité de la diète vola, le 14 juin 1866, la mobilisation des contingents fédéraux contre la Prusse. Le résultat du scrutin était connu d'avance; le délégué prussien réjtonilit immédiatciiHMil à sa proclamation en déclarant la confédération diss(jiil<\ sauf reconstitution sur de nouvelles bases, (ju'il avait indiqut''os di-s le 10 juin, et dont la principale était l'exclusion de rAulriche du futur corps germanique.

En agissant ainsi, la Prusse exposait du coup son intégrité territoriale et son influence en Allemagne; une série non interrompue de victoires justifia Taudace de M. de Bismarck, et lui livra Tobjet du litige, la suprématie sur les pays allemands. Par les préliminaires de paix et d*armistîce signés à iNikolsbur": en Moravie, le 21) juillet i866, cl reproduits presque textuellemonl dans le traité de Prague du 23 août 186G, l'empereur d'Autriche ralitiala dissolution de la Confédération.

Page 1