‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 82 sur 134 · STATISTIQUE DE L'EMPIRE ALLEMAND · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DE L'EMPIRE ALLEMAND

évalués qo*à 200000 Ames, pour former près des douze treizièmes de la population de l'empire allemand.

Ces brèves indicalions, qui seront coin[ilétées plus loin à propos des dilïérenls membres de l'empir»', sufliraienl pour le moment, s'il n'y avait pas lieu de donner immédiatement ici un aperçu de l'organisation mililaire de TAIIemaj^ne contemporaioe. Celle-ci est en (>tret le reflet fidèle de l'évolution historique qui a unifié rAUemagne sous les auspices de la Prusse : Tarmée allemande est Tancienne armée prussienne, à laquelle ont été successivement incorporés ou agrégés les contingents des petits et des moyens États de Tancienne Confédération germanique. Les hommes qui au commencement (lu siècle réorij^aiiisèrenl les forces militaires «le la Prusse a(loptt'r(Mit le sysièine de la coïiicidenre des cadres mililair(*s avec les circonseriplions administratives; il y eut par conséquent huit corps d'armée ré^rionnaires, portant, bien que la superposition ne fut pas absolument exacte, les noms des huit provinces, I" Prusse, IP Poméranie, 111' Brandebourg, IV Saxe prussienne, V Posen, VP Silésie, VII* Westphalie, YIIP Prusse rhénane; de plus un corps d'élite, celui de la garde. Les annexions de 4866 motivèrent la création de trois nouveaux corps prussiens, IX* Schleswîck-Holstein, X' Hanovre, XI* Hesse-Nassau, au\<jiiels furent incorporées les levé<'s de la plupart des Ktats de ri iiion du Xord; les mutinqcnis des aulnîs i^ros^irent rell'eetif des anciens corps, sauf celui de la Saxe royale, qui forma un corps particulier, le XIV . Puis, en 1871, le nombre des corps du nouvel empire fut porté de treize à dix-huit, par radjonction de deux corps bavarois qui n'ont pas de numéro d'ordre général, d*un XIIP pour le contingent du Wurtemberg, d*un XIY* pour les troupes badoises, renforcées de quelques régiments prussiens, et d'un XV* cantonné en Alsace-Lorraine. En 1890 enfin, des considérations d'ordre purement militaire ont fait dédoubler les corps chari^'^és de défendre en {iremière liirne les deux frontières de l ouest et de Test, et créer, à .Metz et à Danzick, en Lorraine et en Prusse occidentale, un XVP et un

364 GËOGRAPlllË UISTOliigUË DE L'EURUPË CENTRALE.

XVII* corps. Au total, vingt corps d*arinée, dont chacun a

pour rayon de recrulenienl une circonscription terri loriale déterminé»'. ijiK» son nom indi(]ue pins ou moins exaclemenl; il n'y a d'excejUion (jin' |iour la ^^arde prussienne, qui se recrute dans l'empire entier, et pour l'Alsace-Lorraine, qui est occupée par des régiments transrhénans, tandis que les hommes levés dans le pays sont incorporés ailleurs. Quatre de ces corps d'armée, ceux de la fiavière, de la Saxe royale et du Wurtemberg, ont conservé une certaine individualité, plus apparente d*ailleurs que réelle ; les seize autres, au point de vue militaire du moins, sont absolument prussiens. Ensemble ils mettent à la disposition de leur cénéralissime, remj)ereur, une armée de rîOOOOO à (iOO 1)01) lioninies sur lo pied de paix, que rapi)el de la réserve et de la Ldudwrhr jx-rmet, en temps de guerre, de porter rapidement à deux millions et demi de soldats. Et ainsi l'Allemagne, qui au dernier siècle encore était, grAce à son morcellement, exposée à Tinvasion par toutes ses frontières, est devenue, unifiée, une puissance militaire de premier ordre, pour ne pas dire la plus formidable de toutes.

Page 1