ÉTABLISSEMENT DBS HABSBOURG EN AUTRICHE
déliailives, et ne comprit plus que la valU'c de la brave supérieure, au milieu de laquelle se trouvent placées ses deux capitales successives, Saint-Guy sur le ZoUfeld et Klagenfurt. Ses révolutions dynastiques avaient été nombreuses : occupé tour à tour au xi* siècle par les Saliens, les Welfs, les Zaehringen et les Kppenstein, il avait fini par rester à ces derniers, qui, au commencement du siècle suivant, le transmirent, déjà comme une j)Ossession patrimoniale, aux Sponlicini-Ortenbuii^. Or le dernier de ces ducs sponlieiniiens de ( liirinlliie, l'iric 111, (|ui, dr niènie (}ue ses prédéeesseiirs, était aussi un sci^Mieur puissant en Carniole, institua comme héritier le r(ji de Bohème (I2G8); à sa mort, arrivée l'année suivante (12(>0\ son fri're, le patriarche dWquilée IMiilippo, essaya en vain de faire valoir ses droits héréditaires; battu et pris par Ottocar, il fut interné en Autriche, et le vainqueur réunit la Carinthie et ses dépendances dans la Marche wînde à TAutriche, à la Styrie et à la partie autrichienne de la Garniole. Pour la première fois les quatre provinces allemandes du moyen Danube se trouvaient ainsi former un seul tout lei ritoi ial : mais la réunion était faite entre les mains du roi slave de hi liuhème.
Ottocar II n'avait cependant fait que travailler pour les Hahshouig^, les successeurs déGnitifs des Babenberg. Trop tard il brigua la couronne royale de Germanie, autrefois refusée par lui, et Rodolphe I*% que les électeurs lui préférèrent (1273), ne tarda pas à lui demander compte de ses usurpations. Le nouveau roi s'était fait une théorie commode : d'après lui, l'empire avait été vacant depuis la mort de Frédéric II; toutes les donations cl inféodations postérieures étaient donc nulles et non avenues; le roi de llolième devait juslitier à nouveau de ses droits sur Théritag^e autrichien. Ottocar reçut avec hauteur les ouvertures de Rodolplie; il ne pouvait oublier le modeste point de départ de son rival qui, jadis, dans une croisade contre les Borusses, avait été formellement à sa solde : « Je ne lui dois rien, je lui ai payé ses gages », aurait-il plaisamment répondu. Mais il ne
LA MONARGUIË ÂUTRIGUIËN.NE.
se rendait pas suffisamment compte de leur position respeclivo; lo pclil comte suissr riait devenu un vrai roi de Gcrmanio, d'autant j)lus puissant qu'il avait su borner son anildlion; il était sûr du saitjt-siJ'j.'^t' auquel il avait a!»andoriné rilalie, dos électeurs dont il avait frauchcmcal accepté roligarchie et qui d'ailleurs élaient on bonne partie ses gendres; d autre part les princes ecclésiastiques du sud-est, le patriarche d*Âquilée» Tarchevèque de Salzbourg, les évèques de Passau, de Frisingue, de Ratisbonne, de Bamberg^, menacés dans leur souveraineté par le trop puissant roi de Bohême, l'appelaient ouvertement, et la noblesse autrichienne, irritée contre la domination tcbèque, faisait du moins des vu'ux secrets en sa faveur. La mise au ban de l'empire prononcée cintre (Jllocar ne fut j)as une vaine démonstration : l'armée de Hodolpbe, recrutée principalement en Souabe et renforcée parle comte de Tyrol Meinbard II, par les évèques bavarois, par le roi de Hongrie Ladislas lY, envahit TAutriche et n*y rencontra qu'une faible résistance; par le traité de Vienne de 1276, Ottocar renonça, presque sans avoir combattu, aux deux héritages, autrichien et carinthien. Une abdication si prompte ne pouvait guëre être séi ieuse; bientôt, en elTel, le roi de Bobènie rentra en lice, après avoir a|)[>elé le^ Polonais, les Uutliènes. les Slaves de toute dénoniinalion, au sim durs de la cause de leur nationalité commune ; une batailli' ardemment disputée s'en^^agea autour de Slillfried sur la Marcb, à l'extrémité orientale de la grande plaine du Marchfeld, qui s*élcnd au nord -est de Vienne (26 août 1278), et cette fois ce ne fut qu'avec la vie qu*Ottocar abandonna la victoire à Rodolphe.
Les pays du moyen Danube, conquis depuis quatre siècles par les Allemands et en majeure partie germanisés par eux revenaient ainsi A rAllemai;ne; restait à savoir au jirolit de qui. Ce fut le grand talent de Uiulolplie, ce fut le fait ca|>it{d de son rri'in', d'en (jv(»ir assuré à sa fainillo la possession imnK'diale ou future; en y établissant la domination des Habsbourg, il a fondé la grandeur durable de sa race et, du