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LES HABSBOURG AU XIV* ET AU XV* SIÊGLB

fois (1307) avail élé pour un inonieut roi de Bohème. Henri avait inslitué conimi» InM-ilièrt' universelle sa fille Marguerite MauUasche^ mariée à un JLuxembour^-Bohème, Jean, le (ils du roi Jean l'Aveugle; mais les ducs autrichiens Albert II et Otton, appuyés à la fois sur les conventions de 1286 et sur une expectative impériale émanée de Louis le Bavarois, s'emparèrent de la Carinthie, la défendirent contre le roi de Bohème, et restèrent finalement en possession par un traité signé avec lui en 4336. Ce traité réservait par contre aux Luxembourg la succession éventuelle du ïyrol; mais ils n'arrivèrent pas à entrer en possession, pas plus (jue les Willelsbach-IJavière, qui parurent d(n'oir entrer dans leurs droits, lorsque Marguerite MauUaschey après avoir divorcé de i)ar autorité impériale avec le prince luxembourgeois, eût épousé en secondes noces le fils ainé de l'empereur Louis, rélecteur de Brandebourg Louis 1*"^ le Vieux. £n effet, après la mort coup sur coup de Louis le Vieux (1361) et de son unique fils Meinhard (1363), le duc d'Autriche Rodolphe IV, fort d'une expectative qu'il avait obtenue de Marguerite dès 1359, envahit le Tyrol, que, malgré cet engagement, elle voulait livrer aux Willelsbacli, lui en arracha la cession et l'obligea à vider le pays. Des deux maisons rivales également lésées par cette usurpation, l'une, celle de Luxembourg-Bohême, s'exécuta de bonne grâce; l'empereur Charles IV ratifia l'abdication de Marguerite contre un traité de succession éventuelle entre sa famille et celle de Habsbourg (1364); l'autre, celle de Wittelsbach-Bavière, en aj)pela aux armes; elle y gagna, par le traité de 1369, une indemnité en argent et la forteresse frontière de Kufstein sur l'Inn. Le ïyrol, auquel l'empereur Maximilien I*** donna plus tard Innsbruck pour capitale, est resté, depuis sa réunion aux pays autrichiens, une des perles de la couronne de leurs souverains; on sait sa fidélité aux Habsbourg, prouvée par la résistance héroïque qu'à deux fois, en 1703 et en 1809, il opposa aux armées franco-bavaroises. A côté des acquisitions capitales de la Carinthie et du T. I. 25

LA MONAECHIB AUTRICHIENNE.

Tyrol, il nous reste ù en signaler d'autres de moindre imj)ortance, qui furent faites en Frioul et en Islrie, en Souabc et en AUace, c'est-à-dire à la fois dans, des pays où les Habsbourg n'avaient jusque-là rien ou presque rien possédé, et dans des contrées où se trouvaient leurs possessions originaires.

Dans le Frioul et dans Tlstrie, la domination autrichienne s*étendit principalement, depuis le milieu du uv* siècle, aux

dépens dos patriarches d'Aquilée, dont les vastes possessions avaient déjà été fort diminuées par les comtes de Gorice et les sei;^neiirs de Trévisc; la ville commereante de Trie.>lc se donna volontairement aux Habsbourg (13GD. 1382j pour écba[)per au joug vénitien. Ces villes et ces territoires voisins de l'Adriatique restèrent à leurs nouveaux maîtres, malgré le mauvais vouloir de la république des lagunes qui aspirait à la domination exclusive sur son golfe, et le Littoral autrichien, c'est le nom commun qu'on leur donna, fut dès lors comme une pierre d*attente posée au delà des Alpes Juliennes dans la direction de la plaine du Pô; déjà même les villes lombardes de Feltr«» et de Trévise se trouvèrent momcutanéincnt (1373. 1381) être des villes autrichiennes.

Parallèlement à ces acquisitions dans la zone maritime des Alpes Orientales, les Habsbourg du xiv* siècle ne cessèrent de s'étendre sur le Rliin et sur le haut Danube, par des mariages, des achats, des concessions impériales, des usurpations ou des traités librement consentis : comtés, seigneuries, villes, augmentaient continuellement leurs possessions souabes. C*est ainsi que le comté de Ferrettc, qui comprenait Ferrettc, Altkirch, Thann, Belfort et Délie, arriva en 1324 à Albert II le Sage, du droit de sa femme Jeanne, la fdlc et héritière du dernier comte l'Iric H; l'empereur Louis le Bavarois engagea aux ducs autrichiens les villes rhénanes de Brisach, liheinfclden et Schafîhouse; ils achetèrent Villingen cl Triberg dans la Forêt-Noire, le comté de Uohenberg sur le haut Neckar; rentrèrent en pos-

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