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LBS HABSBOURG AU XIV* ET AU XV* SIÈCLE

session de Rapperscli\v\ 1 et de Laufenhourir, tlerniers déhris de la fortune de leurs cadets, les llabsbourg-Laufeiihourg; mirent sous leur avouerie l'aotique et riche abbaye de Saint- Biaise, mais surtout firent ou commencèrent la double acquisition du Brisg-au et du Vorarlberg. Celle du landgraviat du Brisgau fut la conséquence naturelle de la prise de possession de sa capitale Fribourg, qui se racheta ellemême de son comte Ëgon IV pour se donner à eux (1368); quant au Vorarlberg, c'est-à-dire au pays qui, à l'ouest du Tyrol, s'étend entre l'Arlberg et le Rhin, ils commencèrent à y pénétrer par la vallée de l'ill vorarlbergeoise, en achetant aux comtes de Montforl la seigneurie de Feldkirch (4375), à laquelle ils ajoutèrent, peu d'années après, Bludenz et le Val-Montafoni en attendant le reste. Le duc Rodolphe IV, qui, à propos de son mariage avec Catherine de Luxembourg-Bohème, s*était fait conférer par son beaupère Charles IV l'ayouerie impériale en Haute et en Basse- Souabe (1357), reprit même le vieux projet de sa dynastie, de renouveler le titre ducal de ce pays, et lui donna pour la première fois un commencement d'exécution; mais l'intervenlion de l'empereur l'obligea à renonc(^r à sa tentative, et il dut faire briser le sceau où, à côté de ses autres titres, Ggurait celui de duc de Souabe (1360).

Comparées aux accroissements nombreux et en partie considérables dont nous venons de dresser la longue et cependant incomplète liste, les pertes territoriales que la maison de Habsbourg éprouva pendant la première moitié du XIV* siècle dans la Suisse alpestre, par la constitution de la république des trois vieux cantons helvétiques (1309) et par son extension progressive sur Lucerne, Zurich, Zug et Claris (1332 à \'M)'2), furent en réalité fort insignifiantes. Les défaites »]ue les paysans suisses infligèrent, à Morgarten, à Scnipacb cl à Naefels, à la clievaierie souabe, furent humiliantes pour les princes autrichiens, mais ne les afTiiiblirent guère, et c'est à de tout autres causes qu'il faut attribuer Téclipse temporaire de leur puissance à la fin

LA HONARGIIIB AUTRICHIENNE

du xiv" et au commencement du xv" siècle. Une mauvaise administration et principalement la détestable pratique des partages, loi commune d'ailleurs des Etats allemands du temps, voilà les raisons qui expliquent pourquoi, pendant un demi-siëcle, la dynastie habsbourgeoise se trouva presque complètement arrêtée dans la marche progressive de son développement territorial et politique.

Le prudent fondateur de la monarchie autrichienne, le roi Ro(h)lphe V\ avail [uoclamé le priiiripe d'in<livision, que pratiquèrent en effet conscieiicicusoiiienl les lils d'Albert I"; Albert II le Sage, le seul d'entre eux qui ail fait souche, Tinscrivit à son tour dans sa loi domestique de 1355, et ses fds aussi régnèrent d'abord par indivis; mais à la mort de Talné d'entre eux, Rodolphe IV (4365), et, malgré ses prescriptions formelles, Fusage remporta, et, après plusieurs partages temporaires, ses deux frères survivants opérèrent, en 1379, le premier partage formel des possessions héréditaires de la maison. Albert III à la Tresse fondu la branche d'Autriche dans rAulriche au-dessus el au-dessous de l'Enns; tout le reste do riiérilage fut dévolu h son frère cadel, Léopold le Preux, le vaincu de Sempach, qui fut l'aïeul commun de deux autres branches, celle de Styrie, qui régna en Styrie, en Carinthie, en Carniole et en Frioul, et celle de Habsbourg antérieur, dont le lot comprit le Tyrol, la Suisse, TAlsace et la Souabe autrichiennes. La division n'était pas assez définitive cependant pour que les nombreux princes des différentes lignes ne se disputassent pas la haute autorité sur Tensemble des États autrichiens; de là des discordes, des guerres entre les frt'res, les cousins, les oncb»s, les neveux; par suite, la toute-puissance de la noblesse, qui avait son organe légal dans les états provinciaux et sa forme habituelle d'opposition dans les révoltes v[ les brigandages : mal ou pas du tout administrés au dedans, les États autrichiens ne pouvaient guère en imposer au dehors et devaient tenter des voisins ambitieux.

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Dl'S Irois lignes, la troisième ou arUérieure fui la plus malciiconlrouse, et sa mauvaise politique coûta aux Hahsbourii leurs plus anciennes possessions. Son fondateur, Frédéric le Vieux ou à la Poche vide, pour s'être fait le champion du pape Jean XXlil coolre le concile de CoDSlaace, fui à la fois frappé d'excommunication par les pères du concile et mis au ban de Tempire par Fempereur Sigisroond de Luxembouig (1415); aussitôt on lui courut sus de tous les côtés; en première ligne les confédérés helvétiques, qui, dans Tespace de quelques jours, s^emparèrent dû vieux patrimoine des Habsbourg dans rAre:ovie, et livrèrent aux llamnies lo chùleau dont ils portaient le nom. Frédéric, après s'être humilié devant Temjxîreur, obtint la restitution de la majeure partie de ses Étais (1418), niais non relie des pays et villes conquis par les Suisses, Bremgarten, Meilingen, Baden, Brugg^ Lenzbourg, Aarau, Âarbourg, Zofingen, Sursée, Knonau, etc.; Schaffhouse aussi, qui avait profité de l'occasion pour reprendre son immédiateté, ne revint pas à ses anciens maîtres. Un demisiècle plus tard, rhéritage des anciens comtes de Kybourg échappa dans des circonstances analogues au fils de Frédéric, Sigismond : les Suisses, qui déjà avaient usur|)é sur lui Kyboiirg et Ua|q)ersch\vyl, profitèrent de l'exeommunicalion qu'il avait encourue, à propos d'une (ju<Melle avec le cardinal-évèque de Brixeu, pour le dé[)Ouiller de pres(jue toutes ses possessions thurgovîennes (liGO), et, de ^^uerre lasse, il finit par vendre aux Zuricois la ville de W interlhur aussi, qui lui était restée (1467). Les terres alsaciennes, avec leurs annexes des deux côtés du Rhin, manquèrent avoir un sort pareil; Sigismond eut Fimprudence d*engager (1469) le comté de Ferrette, le Sundgau, le Brisgau, la Forêl-Noire autrichienne et les quatre villes forestières de Hheinfelden, Saeckin^'^en, LautVnhourg et Waldshut à Charles le Téméraire, (|in n'était pas homme à se dessaisir volontairement de positions si imporlanles ; et il fallut l'ellroi causé à lous les Élats ,el princes du haul Khin par

LA MOI^ARGUIE AUTiUGUIfiNNfi.

le dangereux voisinage du trop puissant duc de Bourgogae et de son farouche représentant Pierre de llagenbach, pour que, avec leur concours financier et militaire, le prince aulrichien pùl rentrer en possession (1474). En Souabe et dans le Vorarlberg, au contraire, Sigismond ajouta quelques nouveaux domaines à son héritage : il acquit en 1465, des seigneurs de Thengen, le landgraviat de Nelienburg dans le Hégau, c*est-^-dire le pays de Stockach et de Radolfszell, à l'ouest du lac de Constance; en 1451, des comtes de Montfort, la moitié du comté de Bregenz et de la seigneurie de Ilolieneek, à l'extrémité opposée du lac; un peu plus lard, dv la maison de Wurtemberg, qui venait de racheter aux coniles de >\'('rdenberg, la seigneurie de Sonneubcrg dans la vallée de 111 1 vorarlbergeoise. C'est lui aussi qui en 1486 assura définitivement aux Habsbourg Tavouerie impériale en Haute et en Basse-Souabe, laquelle d^ailleurs se trouvait par le fût réduite à Tavouerie d'Altdorf près Ravensburg, et à des droits insignifiants sur quelques villages et abbayes d'empire dans le voisinage de la rive septentrionale du lac de Constance.

La première ligne ou ligne autrichienne, plus tôt éteinte, n'(!n jeta pas moins un éclat beaucoup plus vif, et préluda à la grandeur territoriale future des Habsbourg, grî\ce au mariage d'Albert V le Magnanime, le petit-iils d'Albert III à la Tresse, avec Ëlisabeth de Luxembourg, la fille unique de l'empereur Sigismond (1422). Albert ne put, il est vrai, se mettre en possession du duché de Bavière-Straubing que lui inféoda son beau-père en 1426, et dut j renoncer en 1429; mais à la mort de Sigismond, en qui s*éteignait la maison de Luxembourg (9 décembre 1437), les seigneurs bohémiens et hongrois le reconnurent les uns et les autres comme roi, et les électeurs du sainl-i'uipire le proclamèrent roi de (iermanie (1438). Après un siècle d'interruption, la cour(june impériale revenait ainsi à la maison de Habsbourg, pour lui rester iidële jusqu'à son extinction dans les mâles; mais les deux couronnes royales de Hongrie et de

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