LES HABSBOURG AU XVII* SIÈCLE
crise élaii inévitable, en Bohême surtout, où deux cents ans d*opposition religieuse et politique avaient jeté dans le sol les racines les plus profondes. Elle éclata par la défenestration de Prague du 23 mai 1648, que suivit immédiatement la révolte ouverte de la Bohème, et un peu plus tard celle de SCS annexes, la Silésie, la Lusace et la Moravie.
Rarement un avènement a eu Heu dans des circonstances aussi difficiles que celles qui marquèreul les premiers mois du rëc;-ne de Ferdinand II, qu'à ce moment même la mort de iMalliias (mars 4619) laissait seul responsable des destinées de l'Autriche. Tout d'abord le comte de ïhurn, le principal des trente directeurs bohémiens, vint Tassiéger dans Vienne (juin 4619) à la tète d'une armée bohémienne et morave, alors que dans la ville les bourgeois étaient mal disposés ou terrifiés, et qu*au chAteau les seigneurs évangéliques de l'Autriche, la menace à la bouche, prétendaient lui imposer des conditions déshonorantes. Ferdinand, soutenu par sa foi ardente, qui lui fit entendre du haut du crucifix des paroles d'espoir de la bouche même du Christ, ne s'abandonna pas lui-même, et fut aussitôt récom|>ensé de son inaltérable confiance : les cuirassiers de Dampierre, introduits dans les murs de la capitale, lui rendirent la liberté de ses mouvements vis-à-vis (1(> sa noblesse; Thurn fut rappelé par ses collègues pour défendre la Bohème, envahie par Bucquoy ; et la presque unanimité du collège électoral réuni à Franc» fort-sur-le-Mein Télut empereur (28 août 4619). Cette éclaircie momentanée fut suivie encore une fois des complications les plus graves. L'électeur palatin Frédéric V, élu roi par les députes de la liolième, de la Moravie, de la Silésie et de la Lusace quelques jours avant sa propre exaltation à l'empire, fut solennellement couronné à Prague le 31 octobre 1019, tandis que le prince de Transylvanie, Gabriel Bcthlen, maître de Presbourg et de la couronne de saint Etienne, joignait ses troupes à celle de Thurn pour assiéger Vienne une seconde fois. Mais bientôt les événements prirent une tournure nouvelle : Ferdinand, que soutenaient avec ardeur, non seule-
LA MONAIICUIE ALTRICUIËNNE.
ment les Espa^riiols vl les membres de la iifjue ralholique (lirij^^ée par son cousin Ma.xiinilien de Bavière, mais m^me une partie des princes luthériens allemands, plus hostiles aux calvinistes qu'aux catholiques, se trouva fort supérieur eo forces à Frédéric, qu*abandonna Rethlea et que Vunion protestante, dont il était le chef, défendit pcti cl mal; une seule bataille, liyrée le 8 novembre 1620, sur la Montagne Blanche, aux portes de Prague, décida en quelques heures de la cou* ronne de Bohème, et du même coup abattit le protestantisme el Farisiocratie, tant dans les pays bohémiens que dans rAutricbe proprement dite.
La (•niitrc-rùfoniialion fut immédiatement commencée el poursuivie avec une log-ique im[>!ai alile ; les vieux droits (h\s états féodaux, et à phis forte raison les usurpations nouvelles de la nohlesse, n'eurent pas un meilleur sort que l'hérésie; et Faulorité absolue du prince sortit de Tanarchie de iVpxpie précédente. La Bohème, centre de la résistance, fut la plus rudement traitée; non seulement la lettre de majesté fut abolie, la couronne déclarée héréditaire, la diète réduite à Tombre d'elle-même, mais l'aristocratie tchèque, qui aux états de 1645 encore avait proscrit Tusagrc de Tallcmand, fiit décimée, ruint'e, proscrite au profil de L'enlilshommes allemands, et une nouvelle immii^ration tudesque rem|)lil les vides faits dans la pf»pulation indigène par les exécutions d par la fuite; quand Thurn et les autres émigrés revinrent en 1631, à la suite des Suédois, ils ne reconnurent plus le pays, tant il avait changé! £n Moravie les choses se passèrent à peu près de même, sauf les exécutions; une contre-réformation sans pitié occasionna une émigration formidable, mais laissa, comme en Bohème, le catholicisme mattre absolu du terrain. Les jésuites eurent les mains moins libres en Silésie, où existaiiMit encore qurhjues dynasties ducales presque autonomes; ils no purent même pas pt'iiélrer dans la Lusace, engagée à l'électeur luthérien de Saxe (1020. pour le j»ayer des
frais de sa coopération; aussi la contre-réformation rcstat-eile incomplète dans le premier des deux pays, nulle dans le