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LE8 HABSBOURG AU XVII* SIÈCLE

second. Par rontro l'arcliidin liô d Autrirhe, où encore dans toute la première moitié de l'année 1620 l'empereur, avec l'approbation formelle du saint-siège, avait ofl'ert liberté du culte entière, fut lui aussî promptemcnt et complètement ramené dans le giron de TÊglise : tout se soumit après la répression à main armée de quelques révoltes de paysans luthériens, et là également les états du pays, qui pendant des siècles avaient traité d*égal à égal avec le souverain, furent réduits à fort peu de chose. Ainsi au bout de quelques années de règne, au sortir d'une tourmente qui avait menacé d'engloutir à jamais tout l'élahlissement monarchique des Habsbourg allemands, Ferdinand II st; trouvait plus maître chez lui qu'aucun de ses prédécesseurs; la révolution politique et religieuse au proGt du catholicisme et de l'absolutisme était h peu près consommée partout, sauf en Hongrie, oh Gabriel Bethlen et ses successeurs continuaient à tenir tète à l'empereur et à élendre leur protection sur les protestants; encore dans les pays hongrois eux-mêmes les efforts des jésuites ramenaient peu à peu à FÉglise romaine les familles les plus influentes.

La tentative de Ferdinand II d'opérer une réaction analo^me dans l'empire, d'abord couronnée d'une appar<'nce de succès, grâce au fameux condottiere Albert de Wallenstein, échoua par suite de l'appui que l'autonomie des princes allemands trouva auprès de la Suède et de la France. La guerre de Trente Ans, si favorable d'abord aux aspirations ambitieuses de la maison de Habsbourg, lui causa dans la suite de profondes humiliations militaires et politiques; bien plus, elle lui coûta quelques-uns de ses territoires patrimoniaux, et dans le nombre la seule de ses possessions primitives qui lui restât encore. L'assassinat eut raison de Wallenstein, qui aspirait <i la couronne de Bohème pour se payer de ses services (10!H);mais pour dissoudre la coalition entre la couronne de Suède et les prioces luthériens, formée par Gustave- Adolphe et maintenue après sa mort par son grand ministre Oxenstiema, il fallut que Ferdinand II, par le traité de

LA MONARCHIE AUTRICHIENNE

rragin' «1»' Hi.'i.'), so r«*sii:n;\t ù abandonner à l'»''locUnir tic Saxe, coninic un i'wf ni<\le de la Boli«*'me, la Haute et la Basse- Lusace, qui lui avaient été seulement engagées par les cou- YentioDS de 1020 et de 1623; el môme à ce prix, TAlsace ne put être sauvée.

Les Suédois avaient commencé à 8*y établir en 1634; Bernard de Saze-Weimar 8*en assura la possession par la prise do Brisach (7 décembre 1638), et quand il mourut sept mois après, à l'Aire de trente-six ans (18 juillet 1639), Richelieu rac(}nit à la France, en achelant l'armée et les places fortes de ce soldat de fortune de race princière. Les traités de Westphalie, acce|»tés de iruerre lasse par Ferdinand III (l(l.']7- 1G57), consommèrent la perte de ce berceau de la race impériale; Tempereur renonça solennellement, à Munster, le 24 octobre 1048, pour lui, pour sa maison et pourTempire, à tous ses droits et prétentions sur Brisach, sur les landgraviats de Haute et Basse-Alsace, sur le comté de Ferrette et sur Tavouerie en Basse-Alsace ou préfecture de Hag'uenau, en faveur de la France, qui s'engagea en retour à pav er trois millions de livres à la branche cadette, issue d'un frère de Ferdinand II, laquelle était apanag^ée des terres antérieures. Par suite de cette cession, les possessions rhénanes de l'Autriche se trouvèrent réduites au Brisgau, qui avait été incorporé à l'Alsace en 1521, et qui alors reprit une existence politique séparée.

Les plénipotentiaires impériaux se montrèrent par contre, à Osnabruck, inflexibles dans le refus qu'ils opposèrent à toutes les réclamations tendant à la restitution dans les États héréditaires de Tordre de choses religieux qui y existait en 1618; ils déclarèrent que leur maître, plul<M que d'y consentir, abandonnerait son sceptre et sa couronne, ses pays et ses sujets, la vie elle-même s il le fallait! En présence de ce parti pris abs(du, il fallut linalenient renoncer à rien oiiltMiir, el le règne exclusif du catholicisme introduit par Ferdinand 11 resta la loi commune des Fiat s héréditaires, parmi lesquels les pays de la couronne de Bohème figuraient désormais éga-

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lement; de toutes les provinces allemandes ou slaves des Habsbourg, la Silésie fut la seule où Texercice public du

protestantisme fut encore toléré, et là aussi on tâcha de le reslrcindre peu à peu, si bien qu'il fallut plus tard hi vij^oureuse intervention de Charles XII pour arrêter les empiétements continuels du clergé catholique.

La Bohème, totalement rendue à la foi catholique et en même temps dépouillée à peu près entièrement de son autonomie politique, ne pouvait plus donner aucun souci à la cour de Vienne. Il n en était pas de même de Tautre couronne royale, que Ferdinand I*** avait acquise au lendemain de Mobacs, mais dont ni lui ni aucun de ses successeurs n'avaient encore eu la pleine jouissance. La Hongrie n*a même jamais été aussi complètement incorporée à la monarchie autrichienne que le royaume voisin; cependant le monienl approcliait où l'expulsion des Turcs et rétablissement d'un pouvoir royal, régulier quoique circonscrit, allaient faire cesser, sur son sol aussi, Tanarchie et la désolation des siècles antérieurs : ce fut l'œuvre des règnes de Léopold I*' et de ses deux fils, Joseph P*^ et Charles VL

Dans l'bistoire générale de l'Ëurope occidentale, Léo* pold I*' (1657-1705) ne figure que comme l'adversaire malbabile et peu beureux de son beau-frère Louis XIY, dont il essaya vainement d'arrêter les empiétements sur la ligne espagnole des Habsbourg, et conln? les entreprises duquel il ne sut faire respecter l'intégrilé ni de l'empire germanique, ni de ses pro[)res possessions. Mais, s'il a eu la honte de recevoir garnison française dans Fribourg-en-Brisgau depuis la paix de Nimègue jusqu'à celle de Ryswyk (1679 à 1697), s*il n'a dû qu'aux puissances maritimes de rentrer en possession de cette ville (même avec Brisach en plus), d*autre part, sur les frontières orientales de ses États, il a, non pas fait luimême, mais laissé foire par ses généraux, la conquête de la Hongrie presque entière, résultat en somme tout autrement important pour le développement postérieur de l'empire autrichien que n'aurait pu Tèlrc lu reprise de l'Alsace T. I. 28

LA MONARCHIE AUTRIGUIENNE

ou (juolque autre acquisition de ce genre du côté de la Franco.

Les louLMies guerres conlre les Turcs, qui remplissent une grande partie de son règne, débutèrent par une victoire signalée, la première que les Chrétiens aient remportée par terre sur les Ottomans; elle fut remportée sur le grand-vizir Achmet Koeprili, par Montecnculi et par les volontaires français que conduisait le comte de Goligny, dans le voisinage du monastère de Saint*Gothard, qui s'élève sur les bords de la Raab supérieure, non loin de Tendroit où, quittant la Styrie, elle eiilri' vu llon^^^rie (i()(U). Mais on ne sut ou ne voulut pas proliter de cr hcau succès; quelques jours seulement apri'S la bataille, une paix honteuse abandonnait Neuliaeusel au sultan ; le gouvernement autrichien aimait mieux employer les troupes allemandes qu'il avait introduites dans le pays à persécuter les protestants et à établir rautorilé absolue, qu'à entreprendre sérieusement l'expulsion des Infidèles. De là un profond mécontentement, des conspirations, des intrigues avec la Transylvanie, la Porte, la Pologne, la France; finalement une prise d*armes de la noblesse madgyare (4670). Elle fut étouffée facilement, et alors on voulut profiler de roccasion pour en finir à la fois avec la vieille constitution hongroise et avec Th» résie : Nadasdy, Zrinyi, Frangepan montèrent sur l'échafaud; les pasteurs protestanis furent exilés ou envoyés aux galères; le régime du sabre succéda au règne de la loi.

Une nouvelle révolte, plus redoutable que la première, éclata en i678 sous la direction d*Émeric Tekely, et grâce aux secours venus du dehors, elle ne cessa de grandir; trop tard Léopold entra en négociation avec la diète; les Ifalconlents refusèrent de déposer les armes, et en ^683 Tekely, que la Porte avait nommé roi des Kouroutzes ou d<* la Hongrie moyenne, guidait vers Vienne une armée de deux cent mille l iircs, que commandait K'ara-Mustapha, le grand-vizir de Mahomet IV. L'empereur sortit de la ville, le 7 juillet au soir, quand déjà brûlait le couvent des camaldules du Kablen-

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