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LES HABSBOURG AU XVII* SIÉCLB

berg, allumé par les coureurs turcs; (juiuzc jours [dus tard, le 2i juillt'l. Ir ^'■rand-vizir établissait son camp eu ïnrv de la capitale autrichienne, et commençait aussitôt à faire jouer la mine; les assauts ne lardèrent pas à succéder aux assauts; plusieurs fois les queues de cheval des pachas turcs furent fixées sur les murs; malgré la défense aussi vaillante qu*habile de son commandant Emest-Rudiger de Slarhemberg, la ville, au commencement de septembre, était en danger d*ètre enlevée de vive force d*un jour à Tautre. Et ainsi, après un laps de temps de plus d'un siècle et demi, tout semblait remis en question : TAutriclie et l'Aliruiaune étaient rouverlrs à l'in- 'vasion musulmane; la Hongrie échappait de nouveau aux Habsbourg. Mais ces appréhensions étaient fort exafié'rées; le deuxième siège de Vienne, bien ditTérent du premier malgré des ressemblances trompeuses, n'était delà part des Turcs qu'un dernier et vain eCfort; pour les Habsbourg il allait marquer le point de départ de succès au-dessus de toute attente.

Deux puissantes armées de secours, d*unc part les troupes de Vempereur et de 1*empîre sous les ordres du duc de Lorraine, des électeurs de Bavière et de Saxe, et de bien d'autres princes allemands, de l'autre les nombreux réirimenls polonais commandés par leur roi Jean Sobieski, qui dès le mois de mars 1683 avait signé une sainte-figue avec Léopold, occupèrent le 1 1 septembre le Kahlenberg, et le lendemain, 42 septembre 1683, fut livrée la grande bataille de Vienne, qui rouvrit à l'empereur les portes de sa capitale et fit fuir Kara-Mustapha jusqu'à Belgrade, oii l'attendait le cordon fiital. Sobieski, qui ne trouva qu'une médiocre reconnaissance pour son héroïque concours, rentra dans ses Etats après ce haut fait, si mal récompensé plus tard par les successeurs de Léopold; les Impériaux commencèrent immédiatement en Hongrie la marche vict(U'ieuse qui, de forteresse eu fftrleresse, et de champ de bataille en champ de bataille, leur livra avant la lin du siècle le royaume presque entier.

Leur premier général, le duc expatrié Charles de Lorraine, l'aïeul des empereurs d'Autriche actuels, s'empara saccessi-

LA MONAUCUIE ALTUICIIIENNE.

▼emeDt de Gran (1683)» de Waitien et de Pesth (4684), de Neuhaeusel (i685), et, par un effort plus considérable, de la ▼îlle royale de Bude ou Ofen (1686). Le siège de cette dernière fnrloresso, que les Turcs appelaient le boulevard de iishiimstuf cl l;i porte de leur empire, fui comme un lointain reflet «les croisades; de nombreux volontaires es[)a^Mî()ls, italiens, anglais, français s'étaient joints aux troupes de l'empereur et aux contingents de i*empire; le grand-vizir accourut de son côté avec une puissante armée; mais ce ne fut que pour voir la grande place d'armes de la Hongrie centride, sur laquelle le croissant était arboré depuis cent quarantecinq ans, enlevée à la baïonnette dans un dernier et décisif assaut (2 septembre 4686). Une des hontes infligées à la chrétienté par Soliman le Grand se trouvait réparée par là; l'aniM-e suivante (KiST), le duc de Lorraine prenait aussi la revanche du désastre de Moliars, en remportant une nouvelle victoire à quehjues lieues du champ de bataille où avait succombé avec Louis II l'autonomie de la Hongrie. Les progrès devinrent alors plus rapides : non seulement Stuhlweisscnburg et Erlau, mais Belgrade et Yidin, même Nissa(Nich) bien loin au sud du Danube, ouvrirent leurs portes (4688. 4689); FEsclavonie fut regagnée tout entière; la Transylvanie, que quelques années auparavant la Porte prétendait changer en un pachalik turc, redevint, en fait comme en droit, une dépendance du royaume.

Au milieu de ces succès, la j.nierre recommencée sur le Rhin par Louis \IV oMi^ea la cour de Vienne de dé«iarnir la Hongrie; le grand-vizir Mustapha Koeprili en profita pour relever les affaires turques, reconquérir la Serbie, Vidin, Belgrade (1090); à Salankemen, près du confluent du Danube et de la Theiss, il enferma dans son camp le successeur du duc de Lorraine, le prince Louis-Guillaume de Bade-Bade (4694). Le général impérial s'en tira à son honneur, en gagnant sur Koeprili, qui y trouva la mort, la plus disputée et la plus sanL'lanle de toutes les batailles de la guerre; mais le seul prix de la victoire fut la prise de Grosswardein sur les con-

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