‹ Histoire de la fortune françaiseChapitre 11 sur 39 · LA TERRE AUX PAYSANS. -- LE CENS · texte numérisé non relu

LA TERRE AUX PAYSANS. -- LE CENS

Si la propriété privée du moyen âge comprend plus de choses que la nôtre — des choses qui ne sont plus susceptibles de propriété, comme l'homme; ou qui ne sont plus susceptibles de propriété individuelle comme les fleuves, la mer — elle est d'un autre côté sur ce qu'elle embrasse, beaucoup moins entière que la propriété moderne, grevée de plus de servitudes, plus enchevêtrée, plus entravée dans son exercice. Elle a plus d'étendue et moins de profondeur.

Le droit de propriété n'étant qu'une convention, on peut avoir sur lui des opinions très différentes; sur sa forme par exemple : propriété nationale, provinciale, communale, familiale ou individuelle. Y a-t-il une de ces propriétés qui soit plus légitime qu'une autre, au point de vue du droit « naturel »? Le droit naturel, oserait-on même affirmer en cette matière qu'il existe? Gomment se fait-il alors que l'on ne soit pas d'accord pour déterminer nettement les choses qui peuvent être soumises au droit de propriété?

Nous venons de voir que la personne humaine était jadis sujette à possession; labolition de l'esclavage a été, en son temps, une atteinte à la propriété du maître d'esclaves, mais aussi une violation de la propriété de l'homme libre, qui n'a plus la liberté de disposer de lui-même on s'aliénant pour la vie à son semblable. Nos lois modernes, qui interdisent à l'homme do se vendre, ne lui permettent de se louer que pour

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