‹ Histoire de la fortune françaiseChapitre 22 sur 39 · REVEND DES DIFFÉRENTES NATURES DE SOLS (1200 A · texte numérisé non relu

REVEND DES DIFFÉRENTES NATURES DE SOLS (1200 A

1.280.000 francs-papier actuels, était vendu 2.030.000 francs en 1814 et 2.250.000 francs en 1826; le domaine de Murs, dans le même département, passe de 360.000 francs en 1781 à 815.000 francs en 1845 et à 2.300.000 francs en 1873. On vit des communes du Berry affermer leurs biens, en 1864, à raison de 85 francs actuels (17x5) l'hectare, encore àgrand'peine et à condition de chercher preneur au loin ; douze ans plus tard, en 1876, la location des mêmes terrains ressortait à 400 francs l'hectare

En Bourgogne, au contraire, le domaine de la Rochette était loué 10.000 francs en 1787, 11.250 francs en 1847, 8.800 francs en 1878 et 11.000 francs en 1885. L'hectare de terre à Fontaine (Nord) est vendu 9.330 francs en 1763 et 16.500 francs en 4855; dans le Nord également, l'hectare à Fiers coûte 27.000 francs en 1776, 31 . 000 francs en 1820, 37.500 francs en 1870; à Fives, dans la banlieue de Lille, il est vendu 33.400 francs en 1797 et 49.300 francs en 1844.

La terre patrimoniale des Jumilhac, en Périgord, vendue 1.440.000 francs en 1808, était revendue 2.250.000 francs au financier Ouvrard en 1811, et atteignait, dans des mutations successives, le prix de 3.750.000 francs en 1828 et de 5.000.000 en 1862. Mais les domaines, qui tous contenaient en général une part plus ou moins grande de terre en friche^ ne peuvent servir à comparer les prix réels des fonds en culture aujourd'hui et en 1790. Ce sontles moyennes, tirées d'un grand nombre de prix et de revenus de terre en pleine exploitation, dès la fin de l'ancien régime qu'il faut mettre en regard des moyennes que nous fournissent les statistiques les plus récentes (celles de 1908 à 1912), puisqu'une baisse importante s'était produite de 1880 à 1905.

A la suite de l'enquête 1879-1881, l'administration des Contributions Directes trouvait, pour la propriété non bâtie, une plus-value moyenne de 42 pour 100 par rapport à la période antérieure à 1851 ; cette « augmentation », qui, dans l'Allier,, l'Aude, les Landes, dépassait 100 pour 100, tombait

à 14 pour iOO eu Menithe-et-Moselle, à 6 et demi pour 100 dans les Vosges. Peut-être était-ce là le résultat de la guerre de 1870 et des craintes d'une guerre future; sans doute aussi les contrées qui ont le plus gagné à la transformation des moyens de transport sont celles à qui les débouchés manquaient, et tel n'était point le cas des plaines de TEst.

Mais, pour apprécier sainement les chiffres qui précèdent il faut tenir compte de la puissance d'achat du franc : or s'il est vrai que le franc-or de 1790 vaille le double du franc-or de 1910, il ne l'est pas moins que le franc-or de 1801 à 1850 vaut 1 fr. 50 cent., c'est-à-dire moitié plus, comme pouvoir d'achat, que le franc-or de 1851 à 1900. Par conséquent, si la terre avait augmenté nominalement de 42 p. 100 de 1850 à 1879, elle se trouve, relativement au prix de la vie, être demeurée stationnaire d'une date à l'autre; et, comme elle a positivement baissé de 1880 à 1910, elle se trouvait valoir moins, à la veille de la dernière guerre en 1913, qu'elle ne valait par exemple à la fin du règne de Louis-Philippe.

Traduits uniformément en francs-papier de 1927, les prix de l'hectare labouré ressortent ainsi : à 3.645 francs au début du xviii" siècle, lors de la grande dépression qui accompagne la fin du règne de Louis XIV (1701-1725); à 7.640 francs au moment de la Révolution (1776-1790) — , soit une hausse de plus du double — ; enfin à 11.000 francs vers 1850. C'est à ce même chiffre de 11.000 francs-papier que nous retrouvons l'hectare en 1879-1881 ; (soit 2.200 francs-or de 1880 correspondant à 1.480 francs-or de 1850). Il y avait donc eu une hausse positive de 50 p. 100 de 1790 à 1850, et un nffaintien de 1851 à 1880 du prix de la terre, qui avait monté parallèlement au prix général de la vie.

Au contraire, d'après l'enquête de 1908-1912, la terre labourable n'aurait valu a celle date que 7.500 francs l'hectare (1 500 fia n es-or Xi5); et bien que nous estimions nous-raême à 1.600 francs-or, ou 8.000 francs-papier en 1914, la valeur de la terre, accrue depuis 1908, elle n'en demeure pas moins

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