LA PATENTE MORIN
La Grande et Souveraine Grande Loge de Saint Jean de Jérusalem, Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, donne en 1761 à un frère du nom d’Etienne Morin partant en Amérique une patente lui permettant de créer une Loge de Perfection dans le Nouveau Monde. Ici, une parenthèse s’impose. Ne donnons pas à ce mot de « loge de perfection », son sens actuel. Cela ne s’entendait pas alors — comme cela s’entend aujourd’hui — d’un atelier du 4 e au 14 e degré, mais d’un atelier rentrant dans le cadre des Règlements plus haut cités, et, en conséquence, pouvant (si les circonstances le permettaient) s’élever jusqu’au 25 e degré.
Ces degrés étaient les suivants :
1 er . — 2 e . — 3 e . — 4 e . — 5 e . — 6 e . — 7 e . — 8 e . — 9 e . — 10 e . — 11 e . — 12 e . — 13 e . — 14 e . —
Apprenti.
Compagnon.
Maître.
Maître Secret.
Maître Parfait.
Secrétaire Intime.
Intendant des bâtiments.
Prévôt et Juge.
Maître Elu des Neuf.
Maître Elu des Quinze.
Elu Illustre, Chef des 12 Tribus.
Grand Maître architecte.
Royale Arche.
Grand Elu, ancien Maître Parfait.
LE RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ
15°. — Chevalier de l’Epée.
16 e . — Prince de Jérusalem.
17 e . — Chevalier d’Orient et d’Occident.
18 e . — Chevalier Rose-Croix.
19 e . — Grand Pontife, Maître ad vitam.
20 e . — Grand Patriarche.
21 e . Grand Maître de la Clef de la Maçonnerie.
22 e . — Prince du Liban ou Chevalier Royale-Arche.
23 e . Souverain Prince adepte, chef du Grand Consistoire.
24 e . — Illustre Chevalier, Commandant de l’Aigle blanc et noir.
25 e . Très Illustre Souverain Prince de la maçonnerie,
Grand Chevalier, Sublime Commandeur de Royal Secret.
Voici cette patente. Elle occupe dans l’histoire du Rite une place trop importante pour être placée hors texte, d’autant plus que, sans sa lecture immédiate, on comprendrait mal les commentaires dont nous entendons l’éclairer.
Nous donnons ici la version d’Emile Daruty, telle qu’elle lui fut communiquée par le frère Albert Pike, alors Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des Etats-Unis d’Amérique « d’après le livre d’or du frère Jean- Baptiste-Marie Delahogue que possèdent les archives du dit Suprême Conseil ». A noter que cette pièce des archives d’Amérique n’est pas le texte original (disparu), mais la traduction française (certifiée exacte par Delahogue et son gendre, le comte Auguste de Grasse-Tilly) d’un texte anglais contenu dans le registre d’un autre maçon, le frère Hyman Isaac Long. Cette version a été corrigée par nous, pour l’éclaircissement d’une ou deux phrases, d’après le texte qu’en donne aussi Ragon dans son Orthodoxie (1) (pp. 131 à 134) et Leblanc de Marconnay (2).
(2) Leblanc de Marconnay : Rapport sur les différends élevés entre la G Loqe du rite d’York pour l'Etat de la Louisiane et le Suprême Conseil du Rite Ecossais pour le même Etat ainsi que sur les prétentions des divers Suprêmes Conseils existants en Amérique et preuves irrécusables que le Rite Ecossais ancien et accepté en 33 degrés appartenait originairement au G:. O., de France. Pdpis 1852, in-8°