LA GRANDE LOGE DE FRANCE
n est convenu d’appeler « lune de midi »
les débuts d’une union matrimoniale...
ou même extra-matrimoniale. «Cette expression manquerait de justesse pour caractériser les premiers rapports du Suprême Conseil et de la Grande Loge.
On semble, d’un côté comme de ITautre, se tenir sur ses gardes. JLee ateliers de la Grande Loge Symbolique qui viennent de regagner le giron de l’Eglise Ecossaise apportent avec eux un goût de la liberté que la moindre contrainte indispose. Pis) ils demeurent méfiants.
Quand on nomme le premier Conseil Fédéral, pouvoir directeur de l’obédience nouvelle nommé par les députés des loges,, on en interdit l’accès à tout membre du Suprême Conseil, sous prétexte d’incompatibilité entre les deux fonctions. Des exaltés voudraient même refuser à un conseiller fédéral la faculté d’appartenir aux Hauts Grades et à un membre du Suprême Conseil celle d’être député d’une loge bleue.
On s’élève contre le droit d’enregistrement des ateliers et la délivrance des patentes que s’est réservé le Suprême Conseil. On voit dans ce droit une surveillance déguisée, quii met une restriction à l’autonomie de la Grande Loge. D’autant plus que ce lien, qui semblait ténu, comporte d’autres inconvénients que Ton ne prévoyait pas. Il empêche la Grande Loge de nouer des relations avec les puissances étrangères qui se refusent justement à la considérer comme un corps indépendant.
Des pourparlers nouveaux s'engagent. Ils ne sont pas trop laborieux. Le Suprême Conseil cède d’autant plus facilement, que
LE RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ
cette concession le dégage de toute responsabilité. Il n’en restait pas moins le maître du Rite Ecossais Ancien et Accepté — comme il l’est toujours — puisque la Grande Loge n’existait et n’existe que par une délégation de ses pouvoirs.
Un décret du 26 juillet 1901 consomme la rupture administrative entre les deux obédiences, et pour affirmer son indépendance, cette fois absolue, la Grande Loge de France faisait bientôt imprimer des Rituels où, à l’ancienne formule « Au nom de la Grande Loge de France et sous les auspices du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France et ses dépendances », se trouvait substituée celle-ci: « Au nom et sous les auspices de la Grande Loge de France. »
Ainsi se trouva définitivement arrêtée en France l’organisa-, tion actuelle du Rite Ecossais. Le Suprême Conseil régit tous les ateliers supérieurs du 4 e au 33 e degré et la Grande Loge de France tous les ateliers bleus, c’est-à-dire du 1 er au 3 e degré.