CHAPITRE DEUXIÈME
Qnm^HMi àê là Cwêult par Joies César. — Les Arvernes. les Éduent, \ei Séquanait. — Défaite de« — IVéienlions de suprématie des l^luens ; riTalité des .Séquaoais. — Arioviste et ses ; le«r portrait par Jules César. — Reprise des hostilités. — Double défaite des Ëdueos.— det SéqtnMîs. — Conduite d'ArioTisle; ses exigences. — Réconciliation desEduens et 4c» .Séf«Muif . — Défaite d'Amagétobrie. — Tyrannie d'Arioviste. — Projeta et menées d'Orge- IMU.— ÊAigratioo des llelfètea; leur passage par la Séquanie. — Virtoires de César nr les UcNèlea. — .Stoation de la Séquanie. — Députalion des Gaulois i César ; attitude des dépotés «ii^aaMit.— AnoTiite et Cé«ar. — César k Besancon; état et description de cette ville. — Panique 4e r«mée rocuaine. — César marche contre les Germains.— Défaite d'Arioviste. — Conduite de ea Séquanie après la défaite d'Arioviste. — Soumission des Gaules. — César en Italie. — de« Gaaiea. —Massacre dea Romains. — Yercingétorix, généralissime de l'insorreci. — Soa pUn de campagne. — Retour de César. — Siège et prise d'ATaricam. — Kcbee de Cé%ar devant GergOTÎe. — Enthousiasme des Gaulois. — Situation de César. — Victoire de César. — Stéfe d'Alise. — Soumission de Vercingétorix ; son attitude devant César. — Mort de Vercingé-
Rome Tenait d'envoyer pour cinq ans dans la Gaule un proconsul qui allait en «IK ans clianger les destinées de la Gaule et de Rome : c'était Jules César. Cet boomie, aussi grand écrivain que grand capitaine, nous a laissé sur le pays dont il ikrviti (aire sa conquête, un livre admirable qui s'ouvre par les lignes suivantes : c Toute la Gaule se divise en trois parties. L'une est habitée par les Belges, l'autre pir les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, ft, n latin. Gaulois. Ces peuples différent entre eux par le langage, les institutions, ^ mœurs. La Garonne sépare la Gaule proprcnient dite de l'Aquitaine ; la Seine ft la Vame la séparent des Belges. Les Belges commencent à l'extrémité septenmoule de la Gaule et confinent k la partie inférieure du cours du Rhin. L'Aquiuioe va depuis la Garonne jusi|u'aux Pyrénées, et jusqu'aux rives de l'Océan vers • Eipagne. » Dans cette description , aussi claire que laconique, on reconnaît la "^0 heureuse de l'homme qui faisait avec ces trois mots : Je $uis mm, j'ai vu, ffii rainru, le bulletin'de sa campagne en Asie contre le lils de Mithridale. Si, en ^uniioaot la carte, on s'aperçoit que César n'a pas mentionné la Gaule Narbonnaise ^ i^pays des Allobroges, c'est que ces contrées appartenaient alors aux Romains. l/$ Celtes ou Gaulois étaient partagés en vingt-deux tribus et se réunissaient en ^«frrandf's confédérations, à la tête desquelles venaient les Séquanais, les Ëduens, ^ Ahmies, Les Anemes (Auvergnats) occupaient le vaste plateau compris entre ^ Loire, les Cévennes et la Garonne; leur capitale était Gergovie (Ctermont^ : ils <^|)Uient pour clients les Rutènes (peuple du Rouergue), les Helves (Vivarais), les ^éiaim» 1 Vêlai), les Cabales (Gévaudan), les Cadurces (Querci), les Nitiohriges 'A|»ois). —Les Éduens (Bourguignons) s'étendaient entre le bas Allier, In ^nne Loire et la Saône ; leur capitale était Bibracte (Autun) : ils avaient pour ciietMs les Bitoriges (Berri), les Mandubiens (Auxois en Boun^ogne), les Ambarmi
(Charolais), les Ségusiens (Lyonnais et Forez). — Les Séquanais avaient pour limites, à Touest la Saône, au sud le Rhône, au nord les Vosges, à Test le Rhin et les montagnes du Jura ; leur capitale était Vesuntio (Besançon), et leurs clients étaient les Latobriges (Sundgau), les Tulingiens (haute Alsace), les Rauraques (canton de Râle). Le premier de ces trois peuples, les Arvernes, exerçait depuis longtemps dans la Gaule une prépondérance marquée ; lorsque les Éduens, jaloux de cette prépondérance, projetèrent de la lui ravir. Par Tentremise des Blassaliotes (Marseillais), les Éduens traitèrent avec le peuple romain, reçurent de lui le titre fatal A'amis et frères et rengagèrent à marcher contre les Arvernes leurs ennemis. Le |)euple romain ne demandait pas mieux que de se mêler des aiïaires intérieures des (îaulois : il attaqua donc les Arvernes, dans un combat terrible livré vers le confluent du Rhône et de Tlsère, et les défit complètement. Depuis ce jour, qui porta le coup le plus sensible à la puissance des Arvernes, les Éduens mirent tout en œuvre pour s*arroger la suprématie; mais il y avait un peuple qui gênait leurs prétentions et n'entendait pas leur céder la prééminence sans combattre : c'étaient les Séquanais ; car si les Éduens ne voulaient point souffrir d'égaux, les Séquanais ne voulaient point souffrir de maîtres ; si les premiers, enorgueillis de leur titre d'amis du peuple romain, se croyaient les plus forts, les seconds, alliés aux Arvernes leurs compatriotes, se croyaient les plus indépendants. Rivalités funestes dont une politique ambitieuse devait un jour faire son profit ! Les Éduens, par leur orgueil et leur ty* rannie, poussèrent à bout les Séquanais, et l'on en vint aux mains : une première lutte ayant laissé la victoire indécise, les Séquanais accueillirent les propositions de paix qui leur furent faites de la part de la République romaine. La partie n'élait qu'ajournée : elle aUait être gagnée par les Séquanais, mais au prix le plus fatal. Ceux-ci, voyant contre eux les Romains et les Massaliotes, se cherchèrent des alliés au delà du Rhin et gagnèrent, par l'appât d'une forte solde, le chef le plus renommé des Suèves, le célèbre Arioviste, qui promit de leur amener quinze mille de ses guerriers. « Les Suèves, dit César, sont de beaucoup la plus grande et la plus vaillante des nations germaniques : ils sont divisés en cent cantons, d'où sortent chaque année cent mille hommes pour aller en guerre, tandis que les autres cultivent les champs, et ceux-ci vont en guerre à leur tour l'an d'après. Les terres sont communes entre tous, et l'on n'habite jamais un même terrain plus d'un an. Les Suèves vivent moins de blé que de lait, de viande et de gibier. Ils ne portent d'auti'es vêtements que des peaux de bêtes, qui laissent à découvert la plus grande partie de leur con>s. Ils vendent leur butin aux marchands étrangers, mais ne reçoivent presque rien du dehors, et ne souffrent pas qu'on introduise du vin chez eux, parce que le vin, pensent-ils, efféminé les honunes. Us regardent comme la plus belle gloire de leur nation d'avoir une large solitude et de vastes champs vides d'iiabitants autour de ses frontières : c'est la preuve que beaucoup de peuples n'ont pu soutenir l'eflbrt de leurs armes.... »
Voilà les redoutables auxiliaires que les Séquanais s'étaient choisis. Assurés du concours de ces géants presque nus, ils s'appuyèrent sur un motif plus spécieux que juste pour reprendre les armes : un péage contesté sur la Saône, rivière qui formait la limite entre eux et les Éduens, devint l'objet du litige. Cette quesUoD,
PRAHCHK - COMTÉ INDÉnCNDAMTE. 51
qof PoD eût résolue i Tamiable dans un temps ordinaire, s'envenima par Tintention AQ Ton éuit d'amener une rupture, et la guerre fut déclarée. Les Séquanais, réunis an Anrenies, marchèrent vers la Saône et défirent les Éduens dans une bataille sjDfiiDie ; mais les Éduens, plus irrités qu'humiliés de ce revers, rassemblèrent u^ies leurs forces et se jetèrent sur le territoire des Séquanais. Ceux-ci, qui s'atuvliieet à cette invasion, avaient fait venir Arioviste et ses quinze mille guerriers. Vrîoviste prit le commandement général de Tarmée séquano-suève ; il attaqua les Edness, qui s'étaient laissés attirer dans une position désavantageuse, et remporta «w eu une éclatante victoire, l'an 72 avant l'ère chrétienne : il avait détruit presque eoCâèrement leur noblesse, leur cavalerie, leur sénat. Après ce grand désastre, les Éduens ne durent pas seulement renoncer à leurs prétentions de supré- ■aiie ; il leur Mut satisfaire aux exigences du vainqueur. Ils furent obligés de se rwomiaitre tributaires d'Arioviste et clients des Séquanais, de livrer en otages les fib éts principaux de leur nation, de s'engager par serment à ne jamais redemander cts ot^es, i ne jamais implorer l'assistance de la République romaine. Cette vicîmrt asson la prépondérance des Séquanais dans la Gaule Celtique ; elle leur donna falliiBee de plusieurs tribus, répandit au loin le renom de leurs armes, el Ait aciiKiliie avec un vif mécontentement par le peuple romain, le frère et fami des tùteess. Mais de courte durée devait être la joie des Séquanais : Arioviste était li pour Icsr apprendre ce qu'il en coûte toujours d'appeler l'étranger. Eux qui ne MmUmi pas de nudtres, ils en voyaient surgir un dans leur allié de la veille, et, vaiaqoews, ils allaient se trouver plus malheureux que leurs adversaires vaincus.
ArioTiste, au lieu de repasser le Rhin avec ses guerriers, s*était cantonné chez àes RuDiques, clients des Séquanais; puis, quand on connut, au delà du Rhin, l'a- NwdiBee ei la fertilité de la Gaule, une multitude de Germains abandonnèrent leurs iprts régîoiis pour venir rejoindre les Suèves. Alors Arioviste somma les Séquanais lie M oMer, k titre de solde, le territoire qu'il occupait dans la Rauracie, les menacaai de porter les armes chez eux s'ils lui refusaient sa denunde. Les Séquanais, rottinuots de dissimuler, et reconnaissant trop tard qu'ils avaient attiré dans leur p9TS m ennemi plus redoutable pour leur indépendance que les Romains dont ils cnigiuieBt la protection, se soumirent aux exigences d' Arioviste ; mais, lorsqu'ils rimt le chef barbare demander pour d'autres bandes germaines un tiers de leur propre territoire à eux, ils s'indignèrent : la communauté de misères les rapprocha 4» Édoeas. Les deux peuples oublièrent leur funeste inimitié, se réconcilièrent et ■arekèrent ensemble contre les Suèves : un autre qu'eux de\'ait vaincre Arioviste. Le d^f suève, retranché dans les marais de la Saune, s'y tint pendant plusieurs mofei sa» vouloir engager la partie : il attendait une occasion favorable, et, celle-ci s'étaK présentée, il la saisit habilement, assaillit k l'improviste les forces éduo-séquaittses, les mit en pièces, les écrasa. Cette sanglante défaite eut lieu près d'Amagélobrie (aujourd'hui Broie-les-Pesmes), au confluent de la Sadne et de TOgnon ; elle jeta les deux peuples épuisés sous le joug d' Arioviste, qui dès lors ne connut plus (le limiles li ses exigences : il se flt livrer, avec le tiers des terres séquanaises, les «ses des vaincus ; il prit en otages les enbnts des plus nobles iamilles, imfiosa sa trriMie ï tous et procéda par des supplices au moindre mouvement qui contrariait
ti/i FRANCHE - COMTE ANCIENNE ET MODERNE.
SCS volontés OU SCS ordres. Roi nomade de ces contrées, il promenait ses tentes de la Saône au Jura.
Cependant les succès d'Ariovisle avaient éveillé Fambilion d'un peuple voisin : les Helvètes (Suisses). Ceux-ci, dont le pays était presque inculte, voulurent à leur tour devenir conquérants, et ils résolurent d'abandonner leurs arides montagnes, pour passer dans les plaines occidentales de la Gaule. Ils s'associèrent plusieurs peuplades voisines du Rhin, se choisirent des chers et commencèrent leurs préparatifs de départ. Un incident vint retarder quelque temps l'exécution de ce grand projet. Le chef de l'expédition, Orgétorix, qui le premier avait excité ses compatriotes à quitter leur étroit territoire, conçut la pensée de profiter des circonstances pour usurper l'autorité souveraine, c'est-ù-dire de se faire nommer roi des contrées «lue les siens allaient conquérir. AGn de mieux assurer la réussite de ses vues ambitieuses, Orgétorix noua des intelligences avec deux autres grands personnages de la Gaule, l'Éduen Dumnorix et le Séquanais Castic ; il les mit dans ses intérêts en flattant leurs es|)érances : il promit à Castic, dont le père Catamantalède avait autrefois régné sur la Séquanie, de l'aider à reconquérir ce titre; à Dumnorix, dont l'ambition visait secrètement à la royauté, de l'aider à se faire roi des Éduens, et pour mieux s'attacher ce dernier, il lui donna sa fille en mariage. Lui, Orgétorix, devait être monarque suprême de la Gaule et s'établir dans le territoire des Santons i^la Saintonge). Mais les magistrats de la fédération helvétique eurent des soupçons sur les projets d'Orgétorix ; ils s'emparèrent de sa personne et le mirent en accusation comme aspirant à la royauté. La loi du pays condamnait au supplice du feu celui que l'on reconnaissait coupable d'avoir rêvé l'autorité souveraine. Au jour fixé pour le procès, l'accusé fit comparaître devant le tribunal ses clients, ses serviteurs et ses amis, le tout présentant un chiffre de plus de dix mille personnes, et il parvint avec leur secours à se soustraire au jugement. L'audace de ses amis ne le sauva pas. Les magistrats appelèrent aux armes le reste de la nation, et le coupable Oi^étorix, se sentant le plus faible, se donna la mort. Cet événement ne fit pas abandonner aux Helvètes leur projet d'émigration. Lorsqu'ils eurent achevé leurs préparatifs et rassemblé force chariots, attelages, chevaux, armes, vivres, ils se mirent en marche, au nombre de trois cent soixante-huit mille, dont quatre-vingt-douze mille combattants; puis, pour s'Ater la possibilité du retour, ils détruisirent tout ce qu'ils ne pouvaient emporter, ils enterrèrent les blés, ils livrèrent aux flammes leurs douze villes et leurs quatre cents villages! Tel fut l'adieu qu'ils laissèrent à leur pays. En dos jours de civilisation, un acte comme celui-là serait de la sauvagerie; mais si on le juge d'après les mœurs de ces temps barbares, on se surprend à le trouver presque héroïque à force de témérité : celte résolution de tout un peuple qui se sent l'énergie de se fermer i>ar de semblables moyens le chemin du paVs natal et qui se condamne à n'avoir plus de patrie qu'au prix de la lutte et du sang, une telle résolution porte avec elle un caractère de grandeur étrange qui frappe l'imagination.
Les émigrants n'avaient que deux chemins pour sortir de leurs montagnes : Tun, par le territoire des Séquanais, entre le Rhône et le Jura; c'était le pas de la Cluse, défilé difficile et très-étroit, où l'on pouvait à peine faire passer un chariot. L'autre cbemm, plus court et plus aisé, travers;iit la Province romaine. Les Helvètes se dé«
FRANCHE - GOBITË INDÉPENDANTE. 55
ntlâmt pour ce dernier; mais il s'agissait de passer, eC les Helvètes, arrivés à (kofte, y trourèrent un proconsul qui les surveillait : c*était Jules César. Les principaux chefs de rémigration viennent lui demander la permission de traverser la lYoTiore , lui promettant de s'abstenir de toutes hostilités, de ne commettre aucun «îf^t et de (aire respecter les habitants. César, qui n'avait à ce moment qu'une de w^ léfions auprès de lui, temporise, diffère de répondre d'une manière positive, et ':^ à profit le délai qu'il obtient, pour faire élever à la hâte entre le mont Jura et le i ( Léfnan, et sur une longueur de dix-neuf milles, un mur de seize pieds de haut, "jtiMioé de tours. Quand les députés helvètes reviennent, ils essuient un refus formel, l'nié^ de ce contre-temps, ils rassemblent tout ce qu'ils peuvent réunir tant en na- '*-iles qo*en bateaux, et cherchent à i)asser le Rhône; mais le mur les arrête, mais t-s RomaiDs les repoussent avec des pertes considérables, et les émigrants tournent \*mn vues du côté de h Guse, le seul passage qui leur restât pour pénétrer dans la (.aule. Ce passage, avons-nous dit, appartenait aux Séquanais; on ne pouvait le Taochîr sans leur consentement, et les Helvètes connaissaient le courage de ce ;^niplf . Ils recourent à la voie des négociations. Ils s'adressent à TÉduen Dumnorix, et le prient de s'entremettre en leur faveur auprès des Séquanais, chez lesquels il (ouïssait d'un grand crédit par son rang et ses largesses. Les Séquanais, circonvenus, Utssèreiit passer les Helvètes, quoiqu'ils eussent promis aux Romains de défendre rentrée de leurs montagnes. Arioviste, dont la République romaine avait quelque '«aD|» auparavant recherché l'alliance, demeura neutre de son cdté.
Les Helvètes, après avoir franchi le pas de la Cluse et traversé le pays des Sé- «lunais, arrivent sur la Saône, qu'ils commencent à passer sans éprouver une $miKie ré«is(ance de la part des Édtiens, trop faibles pour arrêter le torrent. L'arnH^farde helvète était encore en deçà de la rivière, lorsque César, à la tête de six t<poos, apparaît comme la foudre, attaque cette arrière-garde, la taille en pièces, fsit ieier un pont sur la Saône et s'élance h la poursuite de l'armée ennemie. Les Hekèies, â>ranlés par ce premier revers, envoient des députés à César pour lui pro- P<^ iroe alliance aux termes de laquelle il leur serait assigné des terres dans la <^iile. An lieu de s'entendre, on s'irrite, on s'humilie de part et d'autre ; et les Hel- ^^, {usant tout i coup volte-face, attaquent l'armée romaine à |)eu de distance ^ Btocte, capitale des Kduens. César avait mis ses trouiH's en bataille dans une r^tioo avantageuse ; les Helvètes avaient placé leurs chariots derrière eux, pour Mitrer qa*ils ne comptaient sur aucune retraite. Le choc fut terrible. César repoussa d'abord l'attaque avec succès ; mais, quand il voulut prendre l'oflTensive et PWRtivre ses adversaires, il se vit chargé en flanc et en queue par la réserve des Hehrftfs. La lutte recommença plus furieuse, et se prolongea longtemps dans les i^Bèbres. Après des efforts surhumains, les légions romaines rompirent enfin une ^^oode fois les rangs des Helvètes, forcèrent le rempart de chariots qui fermait leur ^p et firent des vaincus un époiivanLible carnage. De trois cent soixante-huit ^Imes, les Helvètes se trouvaient réduits à cent trente mille! Les débris de ^irmée avaient profité des dernières heures de la nuit pour battre en retraite : César <tmrut sur leurs traces, les atteignit près d'un lieu ou s'éleva plus tard la ville de IH/od; et ceux-ci, hors d'étal de soutenir un second choc, demandèrent la |uiix. Ils
eurent à subir les conditions du vainqueur, qui se fit livrer toutes les arnoes, garda des otages, puis ordonna au reste des Helvètes de retourner dans leur pays pour y relever les villes et boui^des incendiées : César ne voulait pas que THelvétie, demeurée vide, fût occupée par les Germains. Cette campape, achevée Tan 58 avant Jésus-Christ, eut pour César des résultats d'une portée immense : elle lui ouvrit la vaste carrière où son ambitieux génie aspirait à s'élancer ; elle fut pour lui comme le début de cette prodigieuse épopée qu'il allait écrire avec l'épée sur cette terre des Gaules dont son œil d'aigle entrevoyait l'avenir et la grandeur.
Le désastre des Helvètes porta la terreur du nom de César aux extrémités de la Gaule, mais il fit faire de profondes réflexions aux chefs des Séquanais. Ceux-ci pressentaient, d'un côté, que la nation éduenne, qui s'était placée sous la protection de César, voudrait avec ce redoutable appui reconquérir la prépondérance dans la Gaule Celtique ; d'autre part, ils se voyaient opprbnés par le despotisme d'Arioviste, dont les exigences grandissaient toujours : le chef suève avait maintenant -autour de lui cent vingt mille Germains, et il voulait un second tiers de la Séquanie pour vingtquatre mille Harudes récemment arrivés d'au delà du Rhin. Environnés d'ennemis et hors d'état de rien entreprendre, les Séquanais s'effrayèrent de leur situation. Dans la dure alternative ou de passer sous la domination d'Arioviste, ou de subir la protection de César, ils préféraient se soumettre au joug d'un peuple civilisé plutôt qu'à celui d'un peuple barbare, pourvu que les Éduens s'y soumissent avec eux, et ils résolurent de convoquer l'assemblée générale des Gaules pour aviser aux moyens de faire face aux circonstances. L'assemblée se réunit, elle fut nombreuse : les membres qui s'y trouvaient, craignant l'influence d'Arioviste et redoutant la colère de ce chef vindicatif, s'engagèrent par serment à ne point révéler les questions qui seraient discutées. La situation critique de la Séquanie fut exposée avec chaleur par les représentants de cette province, qui firent le sacrifice de leurs prétentions à la prééminence, et déterminèrent l'assemblée à se mettre sous la protection du peuple romain, pour éviter que la Gaule Celtique ne devint la proie d'Arioviste. H fut unanimement décidé que l'on députerait vers César, à l'effet d'implorer son secours contre les Germains. C'était offrir aux projets de l'ambitieux proconsul une occasion trop belle pour qu'il ne s'empressât de la saisir, car elle servait doublement sa politique : en acceptant le rôle de protecteur, il acquérait le droit de s'opposer aux empiétements des Barbares, qu'il voyait avec inquiétude s'habituer à passer le Rhio, et se jeter en si grand nombre dans la Gaule orientale, « que bientôt elle allait tout entière devenir Germanie, > selon l'expression des Éduens. D'autre part, le proconsul, en accordant son alliance aux peuples qui la réclamaient, y trouvait Favantage de pouvoir s'immiscer dans leurs affaires intérieures, d'entrer sur leur territoire, et de n'en plus sortir avant de s'en être assuré la possession. L'asservissement, voilà ce que coûtait d'ordinaire le patronage du peuple romain.
La députation gauloise vint trouver le proconsul dans son camp. Après l'avoir félicité de ses victoires sur les Helvètes, elle lui demanda de l'entretenir oq particulier de choses d'une haute importance. César accorda l'audience sollicitée, et te druide Divitiac, ancien vergobret des Éduens *, qui s'était précédemment exilé pour
* Cbei lei Ëduens, on nommiit vergobret le président élu par le corps des notables. Le yergobret
jà
nuiicn - COMTÉ indépendante. ss
ne ftts s»oittcrire à rhumiliaol traité de ses compatriotes avec les Séquanais, fut duTfé de porter b parole. U 6t le tableau des dissensions qui avaient partagé les Êdoeiis et les Séquanais, il peignit vivement l'état d'oppression où la Gaule Celtique fe trouvait réduite par suite de la tyrannie d'Arioviste ; il conclut en demandant au procoosai le secours de ses légions pour contraindre les Germains k repasser le lUiui. Les députés des autres provinces appuyèrent le langage de Divitiac et suppii^reat le proconsul de leur accorder sa protection. Les députés des Séquanais gar- 'iutut seub uo DHHiie silence : tristes, abattus, immobiles, ils tenaient leurs regards mutilés vers la terre. Cette aUitude surprit César, qui en demanda la cause. Diviuir reprit la parole : De tous les peuples de la Gaule, dit-il, les Séquanais sont les p4as Biibettreux. Réduits à trembler au seul nom d*Arioviste absent, comme s'il "-lait devant leurs yeux, ils n*osent se plaindre même en secret, ni réclamer un appui. Ao oKMBS, les autres Gaulois ont la liberté de fuir ; mais les Séquanais, qui ont reçu ctei f«x Arioviste, qui lui ont livré leurs villes, sont obligés d'endurer tous les UMmests.
César avait d'abord accueilli les députés avec bienveillance ; lorsqu'il les eut en-
taidiis, il releva leur courage avec un ton de voix qui cachait une joie profonde ; il
knir proaiit d'être leur intermédiaire auprès d'Arioviste, et de les secourir de toute
S) puissance si les négociations étaient iorructueuses. Les Gaulois n'avaient pas à
craindre que César manquât à sa parole, car lui tout le premier souffrait de voir
Xnonsie exercer chez eux et sur eux l'autorité d'un maître : il n'attendait que le
ttoodit où Ton en appellerait h son épée, pour arracher des mains de ce Barbare la
vroie qu'il convoitait, et pour asservir du même coup i sa domination les peuples
1« il venait protéger. Le proconsul ne perdit pas de temps : il envoya près d'Arioviste
HBe députation cliargée de lui laisser le choix d'un endroit intermédiaire pour une
ffitivnie où Ton aurait à traiter des affaires de la République, c Si j'avais besoin
*k César, répondit le farouche Arioviste, j'irais vers lui ; s'il veut de moi quelque
ckose, qu'il vienne vers moi. Du reste, j'ai peine à comprendre quelle affaire je puis
^^oir k démêler avec César, dans cette Gaule conquise par mes armes. » Le pro-
cdAsul lui signifia, par une seconde députation, qu'il eût à ne plus attirer en Gaule
'^Donvelles bandes d'outre-Rhin, à rendre les otages des familles éduennes et se-
^ïttaAiises, à cesser d'inquiéter les Éduens ou de leur faire la guerre ainsi qu'à leurs
^Uiés. La réponse d'Arioviste fut aussi hautaine que h première : c Je suis maître
^ m province gauloise, comme les Romains de la leur. Mon droit vaut autant que
^ des Romains. Si l'on avait envie de me disputer ma conquête par la voie des
^f^ on était libre de l'essayer ; mais on apprendrait à connaître la vaillance d'in-
^nobles Germains qui depuis quatorze ans n'avaient pas couché sous un toit. » Ce
"^Bgïge superbe rendait la lutte inévitable : Arioviste et César s'y préparèrent, l'un
rQ a|»pebnt d'outre-Rbin de nouvelles bandes, l'auure en traversant la Saine pour
<^trtr dans It Séquanie. Après trois jours de marche, César apprit qu' Arioviste avait
'*^u le projet de s'emparer de Besançon, et qu'il s'avançait avec toutes ses forces
'^ire cette place. Le proconsul marcha jour et nuit pour prévenir son adversaire :
^9Êtmtiê dt iktaltir q«i ■• povTiit jamtit lortir d« territoire natûmal; tes foMlioat m éê^
f6 FRANCHE - COMTÉ ANCIENNE ET MODEKNE.
il le gagna de vitesse, fut reçu par les habitants de Besançon comme un allié, comme un libérateur, et fit de leur ville sa place d*armes.
Besançon, la capitale du pays des Séquanais, était déjà vers ce temps un lieu remarquable : elle occupait, après Bibracte, un des premiers rangs parmi les cités de la Gaule orientale. Quant à Torigine du nom de cette ville et à Tépoque où elle fut fondée, on ne sait rien de précis : les éludes et les recherches n'ont pas manqué à la matière cependant; mais, en définitive, le tout se réduit à des conjectures. Besançon a-t-il été construit par une colonie de Troyens, comme le prétend J.-J. Chiflet; Besançon (FVson i/o d'après César, Besantio d'après Ammien-Marcellin, Bissantion d'après les Capitulaires de Charlemagne, Besentio d'après certaines monnaies) vient-il de Vestung^ qui signifie forteresse, ou de Bes-on-con^ c'est-à-dire roc dans une courbure de rivière y ou bien encore de WyS'SunUin^ mots qui signifient lieu sain sur une rivière, dont les habitants sont pleins de valeur ? Ces explications et ces étymologies ont un air trop problématique pour qu'on puisse raisonnablement faire fond sur elles. Quoi qu'il en soit, Besançon était, à l'arrivée de Jiiles César, la plus forte place des Séquanais, oppidum maximum Sequanorum, comme il l'écrit lui-même. César est le premier qui ait parlé de cette ville, et voici ce qu'il en dit dans ses précieux Commentaires : < Abondamment pourvue de munitions de toute espèce, celte place offre, par sa position naturelle, de grands avantages pour soutenir une guerre. Le Doubs, formant autour de son enceinte comme un cercle parfait, l'environne presque entièrement : Tespace que la rivière ne baigne point n'a pas plus de six cents pieds, et cet espace est fermé par une haute montagne, dont le pied touche des deux côtés au Doubs. Un même mur fait de cette montape une citadelle et la joint à la ville. > Cette description, qui date de dix-neuf cents ans, est encore aujourd'hui d'une rigoureuse exactitude*.
César, après avoir laissé reposer quelques jours à Besançon ses légionnaires, se disposait à marcher contre Arioviste, lorsqu'une sourde terreur se répandit dans le camp : elle provenait des récits exagérés que l'on avait faits sur la force et le courage des Germains, sur leur stature colossale, leur air menaçant et farouche. Le mal, dit César, commença par les principaux ofliciers. Plusieurs lui demandèrent la permission de retourner à Rome ; d'autres, retenus par la honte, gardaient le silence, mais laissaient assez voir sur leurs visages le trouble qui les agitait. Ceux-ci faisaient leur testament, ceux-là parlaient de ne pas marcher quand on lèverait les aigles. Les centurions les plus braves, les tribuns eux-mêmes partageaient Teffroi général. César assembla dans 5on prétoire les officiers de tout grade : c Eh quoi ! leur dit-il, ne connaissoz-vous pas les ennemis que nous allons combattre? Ne sonC-ce pas là ces Teutons que nos pères ont vaincus au temps de Marius, et sommes-nous devenus inférieurs à nos pères If Qu'importent les avantages que ces Barbares ont remportés sur les Gaulois, plutôt par adresse et stratagème que par la force des armes ! Ne venons-nous pas de leur donner la juste mesure de ce qu'ils doivent at*
* Le tome 11 des Mémoirei et Documents inédits pour servir à l'histoire de la Franckê^oemié contient une savante Dissertation de dom Berthotl sur les difTérentes positions de l'ancien Besançoa : elle est accompagnée de trois planches gravées, et dont Tune représente Besançon sous les RonaÎM. La physionomie de la ville à cette époque est bien curieuse à étudier.
FaA2«CHE * COMTÉ INDl^l^ENDANTE. .\7
tendre de nous par la débite des Helvètes, de ce peuple qui les a vaincus si souvent ? Du reste, ajoute César, si je suis abandonné de quelques soldats pusillanimes, je suis certain du nooins que la dixième légion ne quittera pas son général, et je marcherai avec elle |K)ur soutenir la gloire du nom romain. » César fut interrompu par les acclamations unanimes : personne n*avait plus peur. Officiers et soldats ne songèrent plus qu'à battre Tennenii.
César partit de Besançon avec toutes ses légions, renforcées de la cavalerie gauloise. A la septième journée de marche, ses coureurs étant venus Tavertir qu'il ne se trouvait plus qu'à six lieues des Germains, il fit faire halte à ses troupes pour leur donner quelques heures de repos, et prit toutes ses dispositions pour frapper un coup décisif. On croit que ce fut dans les environs de Montbéliard ', à cinquante mille pas du Khin, que les légions romaines s'arrêtèrent. Avant d'en venir aux mains. César eut avec le chef suève l'entrevue qu'il lui avait auparavant demandée : les deux généraux, sans descendre de cheval, conférèrent sur une éminence qui s'élevait entre les deux armées ; mais on ne s'entendit pas. Cinq ou six jours se passèrent en vives escarmouches. Ariovisie, évitant avec soin la bataille, s'occupait seulement de cou|)er aux Romains les vi\Tes qui leur venaient de Bibracte par la Séquanie. César apprit de quelques prisonniers pourquoi le chef suève refusait d'engager une aflaire générale : il sut que les devins avaient consulté le sort et défendaient de combattre avant la nouvelle lune. Le général romain résolut de mettre à profit ces craintes superstitieuses, pour attaquer : le lendemain, il rangea ses troupes auxiliaires devant le camp, forma ses légions sur trois lignes, puis marcha droit à l'ennemi. A son approche, Arioviste sortit enfin d'entre ses chariots avec tous ses guerriers, et se mit en bataille à la hâte. Les femmes germaines encourageaient leurs maris à combattre pour leur liberté ; elles les excitaient en leur tendant les bras, en leur montrant leurs enfants.
On chargea des deux parts avec tant de précipitation, que l'on n'eut pas le temps de lancer les javelots ; on les jeta i>our mettre l'épée à la main. Le combat s'engagea de près avec fureur; mais enUrc Arioviste et César, c'était la force brutale aux prises avec la force intelligente. De ces deux hommes, l'un agissait en soldat, l'autre en général ; l'un combattait avec le bras, l'autre avec la tête ; le premier ne connaissait que la fougue désordonnée et sauvage des armées barbares, le second possédait la stratégie froide et savante des années disciplinées. Arioviste, en un mot, n'avait que la folie de la guerre ; César en avait le génie. Cependant le sort de la journée avait un moment paru douteux : le grand nombre et le courage désespéré des Germains tenaient la victoire en suspens, lorsque la cavalerie romaine et gauloise s'ébranla, chargea les Germains avec tant d'impétuosité, qu'elle rompit leurs lignes et les fit pliar de toutes parts. Ce fut alors un immense massacre : tout ce qui ne panint pas à repasser le Rhin périt sous le fer de la cavalerie. Le fier Arioviste, |)erdant à la fois son armée, ses deux femmes et ses filles, ne dut lui-même sou salut
I « i.'i. Chiflet et Schœpflio dési(pieDt la plaine de Uavaos; dom Jourdain, celle de Gnngtn; et M. de Golbéry, le vaste espace qui sépare le village d'Arcey de ceux de Desendans et Aibre. Otte opinion a en u faveur la plus grande vraisemblance. > (Cb. Dcvcr^iot, liv. l«^ col. 1714, des Nota ff R$€îilkatiQnê de Tédition de GoUut, publiée en 1846.)
(iu*à la fuile: César le poursuivit jusqu*au Rhin et put Taperccvoir parmi le petit nombre de ceux qui réussirent à s*éebapper à Taide de nacelles trouvées sur le rivage. Arioviste alla mourir de désespoir en Germanie.
Cette éclatante victoire ne laissa plus à la République romaine d'ennemis sur la rive gauche du Rhin, et César, triomphant, ramena ses légions dans la Séquanie. A Rome, on n'eut qu'un cri d'admiration pour l'homme qui venait d'anéantir en une seule campagne les Helvètes et les Germains. L'enthousiasme ne fut pas moins grand chez les Éduens et les Séquanais que sur les bords du Tibre ; mais ces peuples ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils n'avaient fait que changer de mattre. Les iSéquanais surtout étaient pleins d'inquiétude : ils voyaient César agir en chef suprême dans leur pays, y mettre avant la saison ses soldats en quartier d'hiver, lever des contributions, s'emparer du gouvernement, faire et défaire à son gré les alliances. Disons, en passant, que, durant le quartier -d'hiver de cette année, César envoya son lieutenant Labiénus réparer les bains de Luxeuil ; du moins, c'est ce que semble prouver une inscription trouvée dans cette ville en 17S5 >. César agissait ainsi envers les Séquanais pour les punir de s'être toujours montrés en opposition avec les intérêts de la politique romaine : il abaissa leur puissance en détachant d'eux leurs alliés et clients; il les déposséda de leur crédit en leur enlevant la prééminence qu'ils exerçaient dans la Gaule. C'étaient là pour les Séquanais les premiers bienfaits de cette fatale amitié rou^ame dont ils avaient eu le malheur d'im* plorer l'intervention, c Que nous réserve-t-on? se demandaient-ils avec tristesse. Pouvons-nous espérer de vivre libres, ou n'aurions-nous fait que nous donner un autre maître? > Un événement vint les éclairer sur leur sort. César, qui se cbercbait des points d'appui dans la Gaule, avait gagné par ses menées une des plus puissantes tribus de la Belgique, celle des Rèmes (Reims), et quelques-unes de ses légions s'étaient rapprochées du pays des Rèmes. La nouvelle s'en répand aussitôt parmi les autres tribus belges ; elle éveille leurs alarmes et cause partout une grande fermentation. Résolues unanimement à ne pas tolérer ce redoutable voisinage des Romains, qui menaçait leur indépendance, les tribus belges se liguent et lèvent trois cent mille hommes. César était à ce moment dans la Gaule Cisalpine. Informé de ce qui se passe, il franchit en toute hâte les Alpes, court rejoindre, avec deux nouvelles légions qu'il amène avec lui, son armée cantonnée dans la Séquanie, et se porte en quinze jours du Doubs sut la Marne. Il n'attendait qu'une occasion comme cdMk pour jeter son épée dans la balance, pour commencer ouvertement sa guerre de conquête. Mais avant de quitter la Séquanie, il jeta le masque : s'imposant en mattre aux habitants, il les traita comme des vaincus, et laissa des forces dans leur pays pour assurer la tranquiUité de ses cantonnements.
César entra chez les Belges à la tête de soixante mille hommes : il rencontra les
i Voici celte ÎDscriplion telle qu'elle est rapportée dans le tome I<^% page AG, des MémeireM ef Doeumenti itUditi pour servir à Vhiitoire de la Franche-Comté :
LIXOVII THERM.
REPAR. LABIENUS JUSS. C. JVL. CJES, IMP.